‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 76 sur 216 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

portant pour que nous ne rapportions pas avec quel» ques détails une des expériences où il l’a mis en évidence.

Le 20 mai 1790, Fair était humide, et électrisé négativement; à 10 heures, l’électricité devint assez intense pour donner des étincelles. Eu une demi-heure il y eut quatre changements dans le signe de l’électricité; la tige extérieure resta négative pendant deux heures. Trois heures après midi, l’électricité changea et resta trois heures positive : alors un nuage noir et bas laissa tomber quelques gouttes de pluie mêlées de grêle; la tige fut alors fortement chargée d’électricité positive. La cloche dont nous avons parlé (721 ), qui communiquait avec la terre, sonnait vivement et possédait un excès d’électricité négative, opposée par conséquent à celle de la partie isolée de l’appareil. En même temps Fair de la chambre, les ferrures de la fenêtre, les briques de la muraille étaient, électrisés négativement. On ne peut douter un seul instant que cette électricité ne fût celle que possédait la terre.

742. M. Pellier, dans ces derniers temps, a constaté également, à plusieurs reprises, l’électricité terrestre qui , en raison de la nature de celle qui se trouve dans Fair, pendant les temps sereins, est toujours négative. Pour connaître l’état électrique du sol et ne pas y mêler des éléments étrangers h l’effet local, ce physicien place l’un des bouts dirfii conducteur en platine de son multiplicateur dans le lieu humide qu’il veut interroger, et l’autre dans une portion sèche du terrain ou du batiment construit en ce lieu. La conductibilité du fil métallique l’emportant de beaucoup sur celle du sol ou du bâtiment, l’équilibre électrique s’établit par son intermédiaire, don résulte une action sur l’aiguille aimantée. C’est par ce moyen qu’il s’est assuré que le sol est constamment négatif, à des tensions très-différentes, suivant l’état hygrométrique et la température de l’air. Quand l’un des bouts du multiplicateur est libre dans l’air, Fappareil n accuse pas toujours le courant négatif ascendant; parce que sa

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DES CAUSES GENERALES

mauvaise conductibilité s’oppose à ce qu’il enlève assez rapidement l’électricité à cette extrémité, pour produire un courant continu. L’aiguille n’est déviée que dans les grandes tensions, ou lorsque l’air est suffisamment humide. Nous citerons deux exemples à l’appui de ce que nous venons d’avancer. La journée du [\ septembre dernier avait été belle et chaude; l’appareil accusait constamment un faible courant négatif ascendant. Vers 5 heures du soir, le ciel devint légèrement nébuleux, sans aucun nuage à l’horizon, et il n’y avait aucune apparence d’orage. De grosses gouttes de pluie tombèrent alors en petite quantité; il y eut aussitôt un renversement violent dans la direction du courant, dont l’intensité fut telle que le magnétisme des aiguilles en fut altéré. On obtint en même temps un jet continu d’étincelles pendant vingt minutes. 'La pluie étant devenue plus abondante, les étincelles cessèrent, l’aiguille du multiplicateur revint à zéro, puis le courant négatif ascendant reprit la supériorité. Cette observation, qui est importante, montre que l’on ne peut pas toujours démontrer l’état négatif de l’atmosphère, même lorsqu’il est énergique, quand la terre et les zones inférieures de l’air possèdent un excès d’électricité négative égal en tension à celui des couches supérieures, attendu que les appareils accusant deux effets contraires doivent se taire. Mais aussitôt que des appareils reçoivent de l’atmosphère une plus forte dose d’electricité positive, comme dans le cas oii il est tombé des gouttes de pluie, il n’en est plus de même; ils accusent alors un excès d’électricité positive.

Le if novembre de la même année, le thermomètre à 26 mètres au-dessus du sol indiquait — 1°; les électromètres n’avaient rien indiqué de particulier. Vers les 1 1 heu res du matin, il tomba du grésil; aussitôt un fort courant négatif ascendant eut lieu, et l’aiguille fut deviée de yo° pendant tout le temps, et revint ensuite à zéro; pendant le passage des nuages orageux, les indications électriques changeaient à chaque instant.

En général, quand un nuage est très-rapproché de

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