CHAPITRE IL
DE LA MESURE DES TEMPÉRATURES DES PARTIES INTÉRIEURES DES CORPS ORGANISÉS,
§ Ier. Description des appareils.
6‘3p Les expériences qui ont été faites jusqu’ici sur la chaleur des animaux, et en pariculier sur celle des végétaux, sont peu nombreuses et surtout peu concluantes. Les moyens employés ne permettaient pas de réunir un grand nombre d’observations. En effet, le thermomètre, seul instrument dont on puisse disposer, n’est introduit directement que dans quelques parties. Veut-on pénétrer dans l’intérieur des organes, on est forcé de les inciser et par conséquent de les altérer; dès lors le trouble qui en résulte produit des effets calorifiques qu’il est impossible de distinguer de ceux qui sont propres à la vitalité. D’un autre côté, le thermomètre, quelque petit que soit son réservoir, a l’inconvénient de présenter une masse qui absorbe une assex grande quantité de chaleur pour se mettre en équilibre de température avec les parties adjacentes; si ces mêmes parties ne peuvent recouvrer immédiatement la chaleur qu’elles ont perdue, il en résulte nécessairement un abaissement de température. Le thermomètre ne peut non plus accuser des changements brusques, puisqu’il lui faut plusieurs minutes pour se mettre en équilibre de température avec les milieux ambiants. Si l’on place, par exemple, un thermomètre dans la bouche, il s’écoule 10 minutes avant qu’il ait pris sa température; or, si pendant ce temps il se
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DESCRIPTION DES APPAREILS
produit des phénomènes thermo-physiologiques de peu de durée, i! est impossible de les reconnaître. Nous ferons encore remarquer que, lors même qu’on pourrait introduire le thermomètre, à l’aide d’incisions, dans certaines régions, il serait impossible d’opérer sur les organes essentiels à la vie des animaux, tels que le cœur, les poumons, le foie, le cerveau : et c’est cependant là que le physiologiste a le plus d'intérêt de savoir comment la température y est modifiée par le mouvement, le développement des passions, l’application de certains agents, etc. Il est important en outre, pour la physiologie et l’art de guérir, de résoudre toutes les questions relatives à la chaleur animale; de déterminer, par exemple, la différence qui existe entre la température d’un organe à l’état normal et celle du même organe à l’état pathologique.
638. Pour explorer la chaleur animale de manière à atteindre le but proposé, on ne peut qu’introduire une aiguille ou sonde métallique, plus ou moins déliée, semblable a celle dont on se sert pour l’acupuncture, car on ne connaît aucun autre moyen de traverser impunément la plupart des organes des animaux. Il est facile en outre de disposer cette aiguille de manière à obtenir des effets thermo-électriques qui donnent immédiatement, et avec une grande exactitude, la température du milieu ou se trouve, soit la pointe, soit toute autre partie de cette aiguille. Il suffît de composer celle-ci de deux aiguilles de métal différent, soudées par un de leurs bouts, ayant un demi-millimètre de diamètre et même moins et chacune un décimètre de longueur au moins. On remplace quelquefois ces aiguilles par d’autres qui sont soudées par un de leurs bouts dans le sens de leur longueur et séparées partout ailleurs qu’à la pointe par une membrane trèsmince. Les deux autres bouts sont mis en communication chacun avec l’une des extrémités du fil d’un excellent multiplicateur thermo-électrique. L’une des aiguilles est en acier et l’autre en cuivre. Les plus faibles différences de température aux points de jonction donnent