CH A PU RE II
naissance à un courant électrique qui, en réagissant sur l’aiguille aimantée, la fait dévier d’un certain nombre de degrés. L’angle de déviation fait connaître la différence entre les températures des deux jonctions. (Nous verrons plus loin comment on détermine la température de l’une d’elles, l’autre étant connue. Nous ferons remarquer qu’en général un appareil destiné h mesurer la température de divers milieux doit être construit de telle sorte que la partie qui plonge dedans ne cède pas, ou du moins ne cède que difficilement au reste de l’appareil la chaleur dont elle s’empare; si cette condition n’est pas remplie, on a toujours à craindre d’avoir une température plus basse que la véritable. C’est donc un motif pour que les aiguilles de métal , destinées à déterminer la température des corps organisés, aient le plus petit diamètre possible. Nous allons entrer dans quelques détails sur la construction et l’emploi des appareils thermophysiologiques.
6 3(). Le multiplicateur qui sert à déterminer l’intensité du courant thermo-électrique , doit avoir une sensibilité suffisante pour qu’en mettant en communication les deux bouts du fil qui forme son circuit avec un fil de fer, une différence de de degré de température centigrade, entre les deux soudures, fasse dévier l’aiguille aimantée d’un degré. Lorsqu’on veut opérer, on prend deux aiguilles du Ier système, semblables; l’une d’elles est introduite par la pointe acier, dans la partie du corps dont on veut déterminer la température, en ayant l’attention de placer la soudure au milieu même de cette partie; l’autre est mise en communication avec la première, par le bout acier, au moyen d’un fil d’acier; puis l’on met en communication les deux bouts libres avec les extrémités des fils du multiplicateur. La soudure acier et cuivre qui est libre, est placée dans de la glace fondante pour que sa température reste constante. L’aiguille aimantée est déviée en raison de la différence qui existe entre la température de la partie explorée et zéro. Mais cette différence étant de 36 degrés au moins
DESCRIPTION DES APPAREILS
dans riiomme, il en résulte que la déviation de l’aiguille aimantée est trop considérable pour que l’on puisse observer de faibles différences dans les températures. On est alors forcé d’avoir recours à un appareil qui donne une température constante pendant la durée de l’expérience, laquelle ne diffère que de i à ü° de celle que l’on cherche. Si l’on place la soudure de l’aiguille libre dans cet appareil, on est certain que la déviation de l’aiguille aimantée n’ira pas au delà de ioou 20 degrés, de sorte que l’on se trouve dans les circonstances les plus favorables pour observer de faibles changements de température.
64o. INous allons donner la description de l’appareil ingénieux, à température constante, qui a été imaginé par M. Sorel, et dont la construction repose sur la dilatation de l’air renfermé en tout ou en partie sous une cloche plongée entièrement dans un liquide (1) dont on élève la température au degré nécessaire. La cloche communique avec un registre qui agit au besoin sur le courant d’air, pour diminuer ou augmenter la combustion.
On fait fonctionner ce régulateur à une température donnée , soit en renfermant une quantité d’air plus ou moins grande sous la cloche, soit en la chargeant plus ou moins de poids disposés convenablement, de sorte qu’elle soit en équilibre dans le liquide lorsque la température est au degré que l’on veut fixer. La cloche étant faite d’une forme régulière et son centre de gravité étant réglé vers la hauteur à laquelle l’eau s’élève dans la cloche, elle n’éprouve que très-peu de frottement; une différence de de degré de température suffit pour vaincre le frottement et faire monter ou descendre la cloche. Le régulateur est d’autant plus sensible, toutes choses égales d’ailleurs, que la quantité d’air qui fait mouvoir la cloche est plus grande. Par exemple, si cette quantité
(1) On emploie de l’eau pour les températures au-dessous de ioo degrés, et de l’huile de lin pour les températures supérieures.