CHAPITRE IV
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les principaux points. Il est démontré en outre, par les faits précédents , que l’électricité positive s’élève dans l’atmosphère avec les vapeurs aqueuses fournies par le sol, et que son intensité croît avec la hauteur jusqu’à la plus grande élévation oii l’homme soit parvenu. Que devient ensuite cette électricité? Elle doit tendre à se répandre d’autant plus dans l’espace, que la pression de l’air qui s’oppose à sa diffusion est moins grande. Il y a de grandes probabilités à supposer qu’une portion de cette électricité doit se porter dans les régions supérieures de notre atmosphère, où elle forme ces lumières météoriques dont nous parlerons en traitant des aurores boréales.
Quoique nous ignorions de quelle manière le fluide électrique est répandu dans l’atmosphère, tout porte à croire néanmoins qu’il y est disséminé à l’état libre, prêt à se porter, à se rassembler sur les conducteurs qu’on lui présente; de sorte qu’il se trouve en même quantité dans un nuage nouvellement formé , que dans la masse d’air qui a fourni à ce nuage tous les globules vésiculaires.
Il est facile de concevoir comment cette électricité, qui est faible en apparence, peut s’accumuler *au point de produire le tonnerre. Les nuages orageux sont ordinairement denses, isolés et d’une grande étendue; c’est un fait que tout le monde peut constater. Ils se forment ordinairement dans les saisons chaudes par un temps humide; l’air, parvenu au terme d'humidité extrême , comme l’observe M. Gay-Lussac, abandonne, par un abaissement de température de quelques degrés, une quantité d’eau beaucoup plus grande que par un abaissement égal à une température moindre : c’est pour ce motif que la formation des nuages orageux est plus fréquente en été qu’en hiver. Cet abaissement de température peut avoir lieu, comme Hutton l’a avancé, par le mélange de deux airs inégalement échauffés, ou dans une même masse d’air sans aucun mélange par une cause quelconque.
1 1 8 FORMAT. DES NUAGES ÉLEC. POSITIVEM.
Quiconque a observe un orage a pu constater que, dans nos climats, il est toujours accompagné de l’existence de deux courants d’air opposés. Les effets de semblables courants sont encore rendus sensibles par la formation de la neige, qui est ordinairement le mélange d’un vent du nord ou du nord-est avec un vent du sud ou du sud-ouest, et qui est assez fréquemment accompagnée d’un ou de deux coups de tonnerre.
753. Sous les tropiques, les orages sont dus à une cause semblable. M. de Humboldt a observé qu’entre les 4° et io° de latitude nord ils sont plus fréquents, et les pluies plus abondantes au commencement et à la fin des pluies que dans toute autre saison. A la première de ces deux époques, les brises du N. E. succèdent aux vents du S. E. , et à la seconde, c’est le contraire. Plusieurs observations semblables ont été faites dans l’intérieur de l’Afrique.
Bien que le concours de deux vents opposés d’inégale température et chargés d’humidité soit une des causes de la formation des nuages orageux, cependant on peut aussi la concevoir dans le même air, sans qu’il existe des courants opposés. Supposons un temps chaud et calme, et que la terre humide soit échauffée par les rayons solaires, il en résultera un courant ascendant rapide d’air et de vapeurs qui s’élèvera dans les parties élevées de l’atmosphère. Au milieu de la journée, l’air se trouvera à peu près saturé de vapeurs; s’il survient un refroidissement subit dans la masse, il se produira aussitôt un nuage dense et volumineux qui sera fortement électrisé.
Voici comment on peut concevoir cette électrisation: Prenons le nuage à l’instant ou il se forme dans un air tranquille, possédant une certaine quantité d’électricité. Jeli e-ci se réunira en couches très-minces à la surface de chaque globule vésiculaire que l’on peut considérer comme bons conducteurs. Dans le cas où l’électricité est faible et que les globules sont peu rapprochés, elle n’éprouve aucun changement. Le nuage n’est pas alors