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sensible au condensateur seulement, il est permis de croire que celles qu’ils possédaient provenaient d’une cause semblable à celle qui fournit l’électricité négative aux globules vésiculaires près des chutes d’eau.
757. Qui 11e voit, dans ces effets, la preuve que l’eau, en tombant avec une grande vitesse sur des rochers, s’éparpille en globules vésiculaires qui emportent avec eux, dans l’atmosphère, l’électricité négative qu’ils ont enlevée à ces rochers, et par suite à la terre? Cette électricité ne peut être attribuée à l’évaporation, puisqu’elle est de nature contraire à celle que cette action produit. Les globules remplissent donc seulement les fonctions de conducteur. Ne peut-011 pas en tirer la conséquence que les vapeurs qui se forment à la surface du globe emportent en général avec elles, outre l’électricité positive qui leur est propre, une portion plus ou moins considérable de l’électricité négative que possède habituellement la terre? Dès lors, selon la tension de cette électricité, les vapeurs qui s’élèvent clans l’air sont électrisées positivement, négativement, ou se trouvent à l’état neutre, et les nuages, à la formation desquels elles concourent, participent aux mêmes états électriques. Mais dans quelles circonstances les vapeurs sont-elles négatives? C’est ce que nous ne saurions dire, attendu que la tension de l’électricité de la terre doit varier en raison de la nature de la portion de la surface 011 s’opère l’évaporation. Si le liquide qui fournit les vapeurs repose sur des corps très-conducteurs, l’électricité négative se répand au loin, tandis que s’ils sont mauvais conducteurs, elle reste sur place, et c’est dans ce cas ou elle peut être enlevée par les vapeurs, et concourir h la formation des
nuages négatifs.
Nous montrons bien la possibilité de l’existence de nuages électrisés négativement, mais nous n’expliquons pas cependant comment il se fait que lorsqu’un orage se forme dans une région de l’atmosphère qui se trouvait quelques instants avant dans un calme parfait, il apparaît presque subitement des nuages chargés, les uns
FORMAT. DES WUAGES ELEC. POSITIVEM.
d’électricité positive, les autres d’électricité négative. La formation des nuages positifs, nous l’avons expliquée, ainsi que celle des nuages négatifs dans quelques circonstances: quant à la formation subi te des nuages négatifs, nous allons essayer de le faire, en nous appuyant sur les données que nous fournit la science. On peut admettre qu’un nuage dense et fortement positif exerce une action à distance sur un nuage faiblement électrisé ou nullement électrisé en communication avec la terre, soit par l’intermédiaire des rochers, des arbres ou de vapeurs humides; dans ce cas, 1 électricité positive de ce second nuage est chassée dans la terre, tandis que l’électricité négative est transportée sur la surface qui est la plus voisine du nuage dense. Si alors une cause quelconque vient à rompre la communication avec la terre, on a un nuage électrisé négativement.
•758. Jusqu’ici il n’a pas été question des effets électriques qui sont produits lorsque deux courants d’air n’ayant pas la même température se pénètrent en partie. Tout porte à croire que l’équilibre de leur électricité est troublé de telle manière que la portion d’air qui s’échauffe prend l’électricité positive, et celle qui se refroidit l’électricité contraire ; dès lors, si les deux courants d’air chargés d’électricité ne possèdent pas la même quantité d’électricité enlevée à l’air , il pourra se faire que le nuage, qui est formé aux dépens de la vapeur d’eau précipitée, possède l’une des deux électricités, ou bien se trouve à l’état neutre. Il est probable que des effets de ce genre ont fréquemment lieu dans l’atmosphère, et concourent a la formation des nuages orageux. Nous en appelons à l’expérience pour confirmer la réalité de cette conjecture.
7 5q. Les nuages, qui sont presque toujours plus ou moins électrisés, doivent éprouver divers genres d’action de la part des montagnes qui sont elles-mêmes électrisées différemment; voici ce que nous savons à cet égard. On a remarqué que, la plupart du temps, les nuages se rassemblent autour des pics qui semblent exercer sur eux