‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 91 sur 216 · CHAPITRE V. I2g · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. I2g

mière devra briller successivement, quoiqu’à des instants excessivement rapprochés, entre tous les intervalles qui séparent les molécules aériennes, c’est-à-dire sur tout son trajet. L’ébranlement se produirait donc en même temps (pie l’éclair; mais comme le son se propage beaucoup plus long-temps, puisque sa vitesse n’est que de 34o mètres environ par seconde, il s’ensuit que si un observateur se trouve sur la ligne de S’éclaira celte distance de 34o mètres, il y aura d’abord un éclat de lumière, puis silence absolu pendant une seconde; immédiatement après le bruit commencera à lui parvenir; d’abord celui qui est produit par la vibration excitée dans la couche la plus voisine de lui, et ensuite le bruit des autres couches arrivera successivement sans interruption jusqu’à ce que celui qui provient des dernières couches ébranlées lui soit parvenu.

766. Cette explication paraît assez rationnelle, mais rien ne prouve cependant que l’ébranlement des parties constituantes de l’air suffise pour produire le bruit du tonnerre. M. Pouillet rejette l’explication que nous avons d’abord donnée du refoulement de l’air, comme cause principale du bruit, en se fondant sur ce que le boulet de canon ne produit jamais de détonation dans son passage à travers l’air, mais bien un sifflement. Nous ferons remarquer que les circonstances ne sont pas les mêmes; la vitesse du boulet est appréciable, tandis que celle de l’électricité ne l’est pas. Les effets ne doivent donc pas être semblables dans l’un et l’autre cas. La vitesse de l’électricité étant presque infinie, comparée à celle du boulet , le refoulement de 1 air doit être excessivement plus considérable , et rien ne s’oppose alors à ce que les contractions et dilatations de l’air produisent des détonations avec retentissement.

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