CHAPITRE V
tôt à l’est, tantôt à l’ouest de la position diurne moyenne de l’aiguille. 3’ignore de quelle manière M. Dalton a pu vérifier toutes ces assertions.
i633. J’arrive maintenant à la théorie de M. Biot.
Pour s’assurer, dit M. Biot, si le phénomène des aurores existe dans notre atmosphère ou au dehors, il suffit de voir s’il a des relations quelconques avec le mouvement diurne de la terre; or, toutes les observations faites jusqu’ici , et qui ont été constatées aux îles Shetland, prouvent que les arcs et les couronnes ne participent èii rien avec le mouvement apparent des astres d’orient en occident; dès lors le phénomène est purement atmosphérique.
]\î. Biot , comme Cottes et Dalton , pense que les rayons lumineux 5 que ces colonnes plus ou moins brillantes, ne sont point vus clans leur position réelle; il conclut des effets qu’il a observés que tout le phénomène consiste en une infinité de colonnes lumineuses suspendues dans l’air, à une élévation à peu près égale des divers côtés de l’horizon, et parallèle à la direction des forces magnétiques du globe. Ces colonnes étant placées à des distances inégales, doivent se recouvrir les unes les autres par un effet de perspective.
Voyons comment il envisage la hauteur à laquelle ce phénomène est produit au-dessus de la surface de la terre. Pour déterminer cette hauteur, on a d’abord employé la méthode des parallaxes, c(ui consistent, comme on sait, à observer le meme objet, au meme instant, de différents lieux communs, afin d’en déduire la position réelle. Mais la difficulté d’obtenir une identité parfaite de temps et d’observer les memes parties de l’aurore, a dû produire de grandes différences dans les résultats obtenus par divers observateurs ; aussi ont-ils placé le météore à 20, à 3o , à 5(), à i oo lieues et meme plus, au-dessus de la surface de la terre.
Quelle c[ue soit la hauteur à lacjuelle se passe le phénomène, il est certain c[iie cette hauteur doit varier continuellement, comme semble l’indiquer l’agitation vive
2 I 4 DES DIVERS. THÉOR. IMAGTN. POUR EXPL. , ETC.
et continuelle des jets de lumière, le mouvement simultané progressif des arcs, enfin , le transport lent et régulier de flocons de matière phosphorlque cpii se détachent ça et là de la matière lumineuse, comme M. Biot l’a lui -meme observé aux îles Shetland , le 6 septembre
Cette agitation des jets de lumière, ce mouvement des arcs, cette fluctuation continuelle de la matière des aurores, qui se replie sur elle-même, se déplie comme une matière floconneuse agitée par un vent léger, tous ces effets semblent donner de la vraisemblance à l’opinion généralement accréditée dans les régions septentrionales, que les aurores boréales font quelquefois entendre un bruissement plus ou moins fort.
Muscbenbroeck rapporte lui-même que le fait a été observé par des matelots employés à la pêche de la baleine , sur les côtes du Groenland.
Gmeîin , dans son Voyage en Russie ÿ dit que beaucoup de personnes lui ont assuré que l’aurore boréale est accompagnée de bruits, de sifflements et de pétillements pareils à ceux que produiraient les plus grands feux d’artifice.
M. Biot a recueilli également, de la part des habitants des îles Shetland, des témoignages unanimes du fait dont il est ici question. Il faut ajouter cependant que lui-même n’en a pas été témoin.
M.Lottinet les membres de la commission scientifique envoyée dans le Nord ont observé cent quarante-trois aurores boréales , sans qu’aucune fût accompagnée de bruissement, et cependant tous les habitants ont déclaré, comme ceux des îles Shetland et de Sibérie , que souvent ils l’ont entendu distinctement. Ne pourrait-on pas inférer de tous ces témoignages, pris dans des régions trèséloi gnées,que le météore descende quelquefois assez bas pour que le bruit qui l’accompagne soit entendu des observateurs , et même pour répandre une forte odeur de soufre autour d’eux, comme des voyageurs l’ont éprouvé en traversant les montagnes de Norwége, oit ils ont été