CHAPITRE V. 2 I
enveloppes par l’aurore boréale, au rapport de Berginanii (i)?
En résumé, nous voyons que l’aurore boréale est composée de véritables nuées venant ordinairement du nord, et formées d’éléments extrêmement ténus et lumineux flottant dans les airs; que ces nuées forment souvent des colonnes qui prennent la direction de l’aiguille aimantée. Quelle est la nature de ces éléments ? voilà les données de la question ; voyons comment M. Biot l’a résolue :
« Parmi les substances terreuses, nous ne connaissons a jusqu’à présent que les métaux dont les particules (( soient susceptibles de magnétisme; encore cette pro- (c priété est-elle particulière à quelques-uns d’entre eux. a II est donc vraisemblable qu’ils sont, au moins en grande «partie, composés de particules métalliques réduites à « une ténuité extrême. Mais de là résulte aussitôt une « autre conséquence : on sait que tous les métaux con- « nus sont d’excellents conducteurs de l’électricité; or, « les diverses couches qui composent l’atmosphère sont « habituellement chargées de quantités très-inégales d’é-
« lectricité D’après cela, si des colonnes composées
« en partie d’éléments métalliques se trouvent suspen- « dues verticalement dans l’atmosphère, comme le sont «les colonnes de l’aurore boréale, lorsqu’elles flottent «au-dessus des réglons les plus voisines du pôle, l’élec- « tricité des couches d’air situées au sommet et au bas « de ces colonnes trouvera en elles autant de conducteurs « plus ou moins parfaits; et si la tendance de cette élec- « tricité , pour se répandre uniformément , surpasse la « résistance que l’imperfection des colonnes conductrices «lui oppose, elle s’écoulera le long de ces colonnes en « illuminant sa route, comme nous voyons que cela ar- «rive, en général, avec des conducteurs discontinus.
(i) Toberius Bergmann^ Opuscnla physica et chimica, tonri. v, page 297.
‘1 1 () DES DTVI'RS. TTII^OR. ÎMAGIN. POUR EXPL. , ETC.
(( Quand cet écoulement s’opérera dans les parties trés- « élevées de ratrnospliére, où l’air, par sa rareté, offre peu c( de résistance au mouvement de rélectricité, il se fera « silencieusement avec tous les accidents de lumière que « nous observons dans les tubes vides d’air; mais s’il vient a à se propager jusqu’aux couches d’air inférieures, il « faudra nécessairement qu’il y occasionne ce souffle et « ces pétillements qui paraissent en effet accompagner « l’aurore boréale loi’squ’elle descend jusqu’à la surface t( de la terre. Enfin, le météore ne devenant visible (jue « par cette cause accidentelle, il pourra exister dans l’air « et agir sur l’aiguille aimantée sans être aperçu : il se « pourj’a encore qu’il ne brille qu’en certaines parties et « qu’il reste obscur dans tout le reste; tandis que dans « d’autres cas, la rupture de l’équilibre électricjue étant (c subite et générale, toute la colonnade météorique s’il- « lumine en un moment. Côs phénomènes devront s’affai- « blir à mesure que les nuages météoriques s’avanceront « au-dessus des contrées plus méridionales, non-seule- « ment à cause de l’extension qu’ils pourront y prendre, c( mais surtout parce que jes colonnes conductrices de- « vaut se conformer toujours à la direction de raiguille c( aimantée, deviendront de plus en plus horizontales, c( auront aussi leurs deux extrémités placées dans des
c< couches d’air moins distantes, par conséquent chargées « de quantités d’électricité moins inégales, et auxquelles, «en outre, une humidité habituellement plus grande a donnera plus d’occasion de se décharger. »
Cette explication est certainement très -ingénieuse ; mais il reste à démontrer comment il se fait que des nuages composés de parties métalliques se forment plutôt dans le voisinage des pôles que partout ailleurs, pour se rendre de là dans le reste de l’atmosphèin.
Il faut aussi rendre compte de ces effets, véritables phénomènes d’inflammation , dans ces nuages phospheriques qui se détachent du nuage lumineux principal, et lancent par intervalle des jets de lumière.
Voici comment M. Biot aborde ces deux questions :