‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 107 sur 226 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

caniqiies que des matières vitreuses, des silicates, et autres dépourvues de conductibilité. Dès lors, nous ne retrouvons plus, dans les particules de la matière des aurores, la conductibilité électrique nécessaire pour que les colonnes, lorsqu’elles flottent au-dessus des régions septentrionales, puissent servir à opérer la décharge entre les diverses parties de l’atmosphère électrisée à des degrés très-différents, d’où résulte une illumination qui se répand au loin.

Tous les faits observés jusqu’ici montrent bien que les rayons ou colonnes de l’aurore boréale obéissent à l’action du magnétisme terrestre, et doivent être, par conséquent, considérés comme ces jets lumineux produits dans l’expérience de Davy, lorsque l’on fait passer dans le vide , entre deux pointes de charbon , la décharge d’une forte batterie voltaïque ; ce jet lumineux se comporte , en présence d’un barreau aimanté, comme pourrait le faire une portion de circuit mobile parcourue par un courant électrique. Ce jet, suivant que l’on présente un barreau aimanté au-dessus, au-dessous ou de coté, se déforme, s’éloigne ou se rapproche du barreau. Sous ce rapport, il a donc la plus grande ressemblance avec les colonnes lumineuses ([ue nous montrent les aurores boréales.

Au surplus, tout nous prouve que les rayons lumineux de l’aurore sont des traînées de matières gazeuses , parcourues par des courants électriques, et susceptibles de prendre toutes les formes. Quelle est la nature de cette matière gazeuse? Comment sont produits ces courants? Ce sont des questions auxquelles il est impossible de répondre, si l’on ne veut pas se jeter dans les hypothèses.

Il y a tant de moyens de mettre en mouvement l’électricité dans les corps conducteurs, de manière à produire des courants, qu’on ne peut connaître, à priori, celui que la nature emploie. A l’époque où parut la théorie Je M. Biot, il était nécessaire d’avoir de l’électricité pour obtenir un coui’ant; il est donc tout naturel qu’il ait appelé à son aide des décharges électriques pour rendre magnétiques les colonnes lumineuses de l’aurore. Mais

2 20 DES DIVERS. TIIÉOR. ÏMVGIN. POUR EXPE. , ETC.

aujourd’hui , que nous savons que l’on peut faire naître des eouranls éleetriques dans les eorps, en troublant l’équilibre de leurs particules, en les changeant de place, en un mot, en leur faisant perdre, leur statu qiio , il peut très-bien se faire qu’il existe dans l’atmosphère des causes quelconques qui mettent en mouvement la matière des aurores dont nous ignorons la nature et l’origine, et d’oîi résultent des courants électriques. Je n’ai nullement l’intention d’expliquer ici le phénomène, mais bien de présenter au lecteur (fuelques-unes des causes qui concourent à sa production.

J’ajouterai encore que ces courants , en circulant dans la matière gazeuse, a laquelle il faut accorder des qualités conductrices suffisantes , peuvent bien enflammer les matières combustibles qui s’y trouvent répandues, et que de là résultent ces effets d’incendie que l’on observe dans toutes les grandes aurores boréales.

Relativement au rôle que peut jouer l’électricité atmosphérique dans la production du phénomène, je me bornerai à dire que lorsque l’air est calme et serein, il possède un

excès d’électricité positive, et la terre un excès d’électricité contraire ; il y a ensuite une recomposition continuelle des deux électricités par l’intermédiaire des couches d’air qui avoisinent la terre jusqu’à la hauteur de i mètre ou 2. Il doit donc s’opérer des décharges successives entre l’atmosphère et la terre, décharges d’autant plus rapides qu’il y a plus de vapeur humide dans l’air. C’est en raison de cette recomposition que l’expérience montre que l’électricité atmosphérique augmente en tension depuis sa surface jusqu’à la hauteur de quelques centaines de mètres; mais il n’est guère probable que l’on trouve des traces d’électricité terrestre à des hauteurs oîi l’air est extrêmement raréfié, attendu que la terre doit exercer sans cesse, une action par influence sur l’électricité qui s’y trouve à l’état libre. Ainsi, je ne pense pas que l’électricité qui peut se trouver dans les aurores ait une cause terrestre; toutefois je n’émets là qu’une opinion qui peut être controversée.

ClLiPiTr>E V.

En outre , les expériences de divers physiciens , et, entre autres, celles de M. Karris et les miennes, tendent à prouver qu’un corps électrisé placé dans le vide, loin de tout corps capable d’exercer sur lui une action par influence , conserverait indéfiniment sur sa surface son électricité; mais que, si les corps sont placés à une distance telle que l’action par influence puisse avoir lieu, l’électricité franchit l’espace- vide : si donc l’électricité atmosphérique intervient dans le phénomène des aurores boréales , il faut que ces dernières existent dans des parties de l’atmosphère ou l’air n’est pas dans un grand état de raréfaction. Mais alors comment expliquer ces couleurs si variées des rayons lumineux, qui ont tant de ressemblance avec celles des décharges de l’électricité dans de l’air plus ou moins raréfié? Je m’arrête, dans la crainte d’avancer des conjectures qui ne seraient pas appuyées sur des données suffisantes pour leur donner un caractère de vérité.

En terminant, j’indique ci-après quelques-uns des principaux ouvi’ages auxquels le lecteur pourra recourir, s’il veut approfondir tout ce qui concerne les aurores boréales.

Mémoires ci consulter sur les phénomènes de Vaurore boréale.

Cotes , 365 des Transactions philosophiques.

Halley; « 347 id. ici.

Roemer, Mélanges de Berlin, toin. 1^^.

D. Cassini, Journal des Savants, 168 3.

Euler , Mémoires dè Berlin , 1746.

Mairân , Traité de l’aurore boréale.

Van SwENDEN, Mémoires del’Acad.des Scienc.(Sav. étrang. t. 8). Gassendi, tome 2 de scs œuvres, pag. 107. r.-C. Mayer, Mémoires de l’Académie de St-Pétersbourg , t. 4. Cavendish, Transaclions philosoph., 90.

Dalton, Meteorological Observations and Essays.

PTayer , Mémoires de St-Pétersboiirg , 172G.

Bergmann, Opuscula chimica et physica , tom. 4-

222 DES DIVERS. ÏHÉOR. IMAGIN. POUR EXPL. , ETC.

Blagden, Transactions philosopli., 1784.

Messier, Savants étrangers, tom. 6.

Gauthier de la Peyronie, Voyage en Islande, tom. 4. Toaldo, Journal de physique, 1784.

Gioeni, Transactions philosoph., 1782.

Mourgue de Montredon, Mémoires de PAcad. des Scienc., i Th. Barker, Transactions philosoph., 1784.

» Article Iceland de l’Encyclopédie d’Édiinhourg Pvoberjot, Journal de physique, 1784.

%^VVV% WV^X.X\\,\\ VVVXVX vv\%\%. \\ wwwv^ v%. W%^-\.V'V%^V\VVV^V%WX\V'\X VV%.\-%. Î,%V\XXVX vx^\xv\\vxvxxxxxxxv^

Page 1