‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 112 sur 226 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

§ Y. Des contractions et des sensations produites dans

les animaux par V effet du courant électricpie,

1642. On connaît les belles recherches de M. Marianini , concernant l’influence qu’exerce un courant électrique quand il parcourt les nerfs d’une grenouille dans le sens de leurs ramifications, ou dans le sens opposé. Dans le premier cas, il y a contraction; dans le second, douleur. M. Matteucci a repris ces recherches en commençant par étudier l’action d’un courant sur un nerf, quand il le traverse suivant sa longueur. Il a commencé par appliquer les deux pôles d’une pile vis-à-vis Fun de l’autre sur un filet nerveux et transversalement. Ce mode d’expérimentation ne lui ayant donné aucun résultat satisfaisant, une grenouille fut préparée comme à l’ordinaire, et il en coupa une moitié, de manière à avoir à sa disposition un morceau de moelle épinière, un nerf crural avec sa cuisse et sa jambe. Ayant lié la patte avec un fil de soie, il suspendit la jambe parce moyen, de manière à faire tomber la presque totalité du nerf dans de l’eau contenue dans une capsule. Le morceau de moelle épinière, par son poids, maintient le nerf dans une position verticale. Deux fils métalliques , recouverts de vernis dans toute leur longueur, excepté à la pointe, furent plongés dans le liquide de la capsule, à la distance l’un de l’autre de 3 à 4 iHillimètres. Le nerf de la grenouille se trouvait à égale distance des deux fils que l’on mit en relation avec une pile de i5 couples, et même d’un plus grand nombre : la grenouille ne fut point contractée , et cela parce que le courant agissait transversalement sur le nerf.

1643. Voyons actuellement quels sont les effets du courant quand il passe au-dessus ou au-dessous de la ligature d’un nerf. On sait que les contractions p'roduites par le courant d’une pile qui passe au-dessus de la ligature sont bien plus faibles c|ue celles qui ont lieu avant la ligature, et qu’elles deviennent encore plus faibles

sSa DKS CONTRACT. ET DES SENS. PROD. DANS , ETC.

lorsqu’on a soin de poser la grenouille sur une lame de verre couvert de vernis.

M. Matteucei , pour étudier ces différents effets, a suspendu par un fil de soie, à un bâton de cire à cacheter, la moitié d’une grenouille, préparée comme il a été dit, après avoir lié son nerf au milieu de la longueur. La ligature fut serrée jusqu’à ce que l’on vît des contractions dans la jambe. Il fit passer ensuite le courant d’une pile de i5 à 6o couples dans la portion du nerf placée au-dessus de la ligature; il n’y eut point de contraction. Il ifen fut pas de meme en faisant passer le courant dans la partie du nerf située au-dessous de la ligature : celle-ci empêche donc l’action directe qui passe au-dessus d’elle, comme elle empêche aussi l’action des stimulants.

1644* Voyons maintenant les observations que M. Matteucci a fliites sur les effets pliysiologiques des alternatives voltaïques. Une grenouille préparée fut placée dans le circuit d’une pile de 3o couples, afin de la l'endre insensible, ainsi qu’au multiplicateur. Lorsqu’on fut arrivé au point que la grenouille ne se contracta plus, on nota la déviation qui avait lieu, lorsque le courant commençait à passer. On renversa ensuite la position de la grenouille, et l’on fît passer de nouveau le courant. Dans un grand nombre de cas, on trouva cjue la grenouille se contractait toujours, tandis que la déviation de l’aiguille était, en général, à peu près la même, ce qui prouve que le courant, dans les deux directions, avait la môme intensité. Le courant secondaire , qui est produit dans les membres d’une grenouille par le passage du courant, n’agissait pas non plus; car, s’il circulait dans le même sens que le courant primitif renversé, on avait une déviation plus considérable. Le phénomène des alternatives voltaïques est donc un phénomène physiologique.

Valli est le premier qui ait observé qu’en soumettant les différentes parties d’un filet nerveux à l’action d’un courant électrique, la première portion du nerf qui

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