CHAPITRE II
lümineuses aux températures suivantes : l’huile de térébenthine, à 60*^ R ; l’huile de pétrole , à 75^ ; l’huile de lin, à 85® ; l’huile de noix et de pavot, à 90"; l’huile de menthe, à i55°; l’huile d’olive, à 180°; riiuile d’amande, à 200®, etc.
On n’observe aucune lueur en distillant ces huiles.
1670. Des expériences ont été faites dans le but de déterminer la température à laquelle se produit la phosphorescence dans un certain nombre de corps.
La lumière du spath- fluor disparaît sous l’eau à 80®, 70®, 60*^, 5o®, selon les échantillons.
Dans le diamant la température ou naît la phosphorescence varie de 90 à 60°. On a vu des diamants devenir lumineux à la température de la main; mais ils devaient être exposés préalablement à l’action solaire ou à celle de la flamme d’une bougie.
La chaux phosphatée de l’Estramadure se soutient jusqu’à 80® R et au delà.
Dans les terres calcaires, à base d’acide carbonique particulièrement , dans les marbres , la température moyenne à laquelle disparaît la phosphorescence est d’environ 200®.
Le quartz rose de Bavière se maintient jusqu’à 196®; le feldspath jusqu’à 220^.
Les terres argileuses luisent très - faiblement sur le mercure jusqu’à 275*^.
Quant aux substances animales , la température où eîl es deviennent lumineuses ne va pas au delà de 200®.
1671. Passons maintenant aux effets de couleurs observées dans la phosphorescence.
Dans les carbonates calcaires les couleurs jaune et bleue se montrent quelquefois; le vert rarement.
Dans les combinaisons d’acide fluorique, le jaune, le bleu, le vert, et le plus souvent ces deux couleurs.
Dans les combinaisons d’acide iluorique, l’acide phosphorique, généi’alement, le vert et le jaune.
Dans les combinaisons d’acide sulfurique, le jaune et le bleu.
hksultats obtenus par i^LACinrs iieinbich.
Dans celles d’acicle arscaiique, le verclalre et le bien.
Avec les silex, 1(ï bien, b' jaune et le v(R't.
Avec les substances argilenscs , le jaune et le blanc , etc.
Quand la température dlinlnue, les couleuis se succèdent dans l’ordre suivant : jaunâtre , blaïicbâtre ou vert foncé, vert émeraude, vert pâle, blanchâtre, violet, bleu foncé, bleu clair, blanc faible ou bleu, vert, jaune clair, blanchâtre.
En général, on a remarcpié plus fréquemment dans les phénomènes de phosphorescence la couleur bleue que la verte.
Le spath-fluor chauffé par degrés luit au commencement d’une couleur blanchâtre, puis jaunâtre, puis verte, bleuâtre et violette. La dernière couleur est très-belle et se soutient. Quand les morceaux sont assez gros, le violet ne paraît pas, et la couleur reste au vert elair. La poudre du spath atteint le blanc resplendissant. Le feldspath produit dans les memes circonstances une lumière faible, puis jaune, verte, bleue, puis un luisant brillant.
Je reviens aux combustibles dont les effets lumineux nous intéressent, en raison du rapprochement que l’on peut faire de la lumière produite dans la combustion avec la lueur pliosphorique.
Les combustibles proprement dits, plaeés sur une plaque de cuivre chauffée, commencent toujours â brûler avant de luire, et cette lumière devient si faible qu’elle est purement phosphorescente, d’autant plus qu’elle se montre dans les gaz qui ne renferment pas d’oxigène.
L’antimoine, le graphite, l’ambre, les os, les coquilles d’huître, le maïs, continuent à luire, meme dans l’acide carbonique, pendant qu’un morceau de bois allumé s’y éteint.
L’huile d’olive placée dans des tubes chauffés à un degré tel qu’elle continue à brûler sans mèche, à peine plongée dans l’acide carbonique, s’éteint, et l’on voit une faible lueur continuer. Les métaux se comportent de meme.
1672. Il est souvent difficile de déterminer les limites
CÎI/VPITRE H.
entre la phosphorescence efc rincaiKlescence ; aussi passe-t» on souvent de hune à l’autre par des nuances insensibles.
De tous ces faits, qui sont très-nombreux, nous ne pouvons en tirer encore aucune conséquence; nous devons donc les considérer seulement comme des vérités que nous enregistrons, en attendant qu’on puisse les enchaîner par une loi.
§ IL Expériences de M. Th. de Saussure sur la phosphorescence de cpielques compo'sés a hase de chaux par la chaleur.
1673. M. Th. de Saussure a fait quelques expériences dans le but de montrer rinfluence qu’exercent sur la phosphorescence des pierres calcaires l’acide étranger qui s’y trouve uni , et diverses bases inorganiques.
Toutes les pierres calcaires douées de la phosphorescence, et qui ont été soumises à l’expérience par ce chi' miste distingué, donnent, lorsqu’elles ont été traitées convenablement avec de l’eau distillée, des signes de la présence des acides sulfurique et hydrochlorique.
Comme ce dernier acide paraît éti’e la cause de la phosphorescence d’un très-grand nombre de pierres calcaires, M. T. de Saussure l’a choisi pour but de ses recherches. Suivant lui , les combinaisons de la chaux avec l’acide hydrochlorique îie donnent jamais de lumière sur un fer rouge, lorsque lès deux suhstaiK^es sont parfaitement pures. îl en est de meme du carbonate de chaux, que l’on obtient à la surface de l’eau de chaux, ou de certains spaths dislande [)arfaitement blancs et transparents.
Cet habile chimiste a fait dissoudre jusqu’à saturaî tion une certaine quantité de calcaire dans de l’acide I hydrochlorique pur. Cette dissolution filtrée a laissé par l’évaporation, dans une capsule de verre, un résidu blanc et friable qui n’était point phosphorescent, non plus que le résidu de la dissolution hydrochlorique faite avec uu