CHAPITRE IV
loni , la pile revêtue de noir de fumée atteste seulement rexistence des portions de la radiation qui produisent sur elle l’impression calorifique; et s’il existait des rayons non calorifiques , quoique doués de propriétés différentes , il se pouri ait qu’ils fussent insensibles pour elle et qu’elle ne les annonçât point.
1692, Pour savoir si la radiation phosphorogénique se propageait seulement en ligne droite, a travers l’air, nous avons couvert la capsule qui contenait la matière impressionnable avec un papier opaque percé d’un petit trou rond d’environ i millimètre de diamètre, que nous avons fait répondre au centre de la surface de la matière. Le papier enlevé subitement après la décharge a laissé voir à ce centre un tout petit cercle lumineux d’un éclat trèsvif, le reste de la matière demeurant obscur. Mais peu â peu le reste s’est aussi ému , et la phosphorescence a fini par se propager à toute la surface de la matière , puis l’effet s’est affaibli graduellement, et après quelques instants il s’est éteint.
1693. Nous avons essayé la transmission à travers une feuille de papier glace extrêmement mince; elle y a été faible, mais sensible. D’après les expériences de M. Melîoni, la gélatine dont ce papier est fait est une des substances les moins diathermanes ; mais , comme toute autre, elle le devient davantage quand elle est plus amincie.
Néanmoins l’effet obtenu ici nous semblait plus fort que nous ne l’aurions attendu d’après nos précédentes observations! Notre surprise augmenta en voyant que la lame de verre de S"’*" précédemment essayée, devenait actuellement efficace, et que même une autre phujue de verre, épaisse de 22 millimètres, donnait aussi des effets marqués. Nous comprîmes alors que la matière contenue dans la capsule était devenue plus Impressionnable par la répétition de l’excitation que nous lui avions fait subir. Nous recommençâmes donc nos expériences avec les écrans mixtes précédemment employés. Dans ce nouvel état de la substance, la phosphorescence fut très-
agS SUR LA NAT. DE LA RAD. ÉMAN. DE l’ÉTIN. :ÉLEC., ETC.
visible sous la lame de verre ; mais aussi elle se montra tellement vive sous la plaque de cristal de roche et sous la plaque de chaux sulfatée limpide, que la lueur paraissait complètement blanche sous toutes leurs projections, dont les contours se trouvaient encore parfaitement définis par leur excès de lumière. Ces deux plaques manifestaient donc ainsi encore leur excès d’efficacité précédemment reconnu. Conséquemment ces nouvelles épreuves ne faisaient que rendre les premières encore plus certaines, en montrant que si la phosphorescence ne s’était pas alors opérée sous la lame de verre , c’était par le trop peu de sensibilité de la substance qui recevait la radiation, et non parce que cette radiation ne lui parvenait point. Maintenant donc cette substance devenue plus impressionnable acquérait la propriété phospliorique par l’influence de certaines portions de la radiation transmise qui, précédemment, ne l’excitait pas, ou du moins ne l’excitait pas assez pour qu’elle émît une radiation lumineuse sensible à nos yeux.
1694. Nous avons étudié ensuite la transmission de la radiation pbosphorogénique à travers des plaques de cristal de roche enfumé. Voici quel était notre but.
M. Melloni a prouvé que les radiations calorifiques émanées dé la lampe Locatelli, du platine incandescent et du cuivre chauffé à j 00°, se transmettent aussi bien et à très-peu près aussi abondamment à travers le cristal de roche enfumé qu’à travers le cristal de roche limpide, taillé perpendiculairement à l’axe de sa cristallisation, malgré la grande différence de diaphanéité que ces deux variétés présentent pour l’œil. Cette identité presque exacte de transmission a été confirmée par le calcul jusqu’à l’épaisseur de 86 millimètres. Nous avons voulu voir si elle subsisterait pour la radiation phosphorogénique.
Nous avons essayé d’abord une plaque perpendiculaire à l’axe, dont l’épaisseur était de
Elle nous avait été obligeamment prêtée par M. Babinet; sa structure interne, étudiée par la polarisation, était