‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 160 sur 226 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

ï'j02. Hulme, quia fait beaucoup d’expériences sur la phosphorescence spontanée, a recherché quelles étaient les substances qui éteignaient la matière lumi« neuse; il a trouvé que l’eau de chaux, l’eau chargée d’aeide carbonique, l’eau chargée d’hydrogène sulfuré, éteignaient la phosphorescence.

11 existe, au contraire, des substances qui jouissent de la propriété de retenir la lumière spontanée, quand on les mêle avec les corps qui la possèdent. La matière enlevée de dessus un hareng étant mêlée avec une solution de 6 grammes de sulfate de magnésie, et 4^ grammes d’eau, rend toute la solution lumineuse quand on l’agite. Jouissent de la même propriété : les solutions de carbonate de soude, de tartrate de potasse, le miel, le sucre en solution. Quand la lumière spontanée est éteinte par une substance quelconque, rien n’est plus simple que de la lui rendre. On prend une solution de 2 1 gr. de sulfate de magnésie dans 24 gr. d’eau, dans laquelle la' matière lumineuse du maquereau s’est éteinte,^ et l’on y ajoute six fois autant d’eau : le liquide devient alors parfaitement lumineux. Il conserve cette faculté pendant 4 B heures. On peut répéter l’expérience d’une manière inverse , c’est-à-dire , éteindre une solution lumineuse en y ajoutant du sulfate de magnésie. Cette expérience prouve d’une manière incontestable, que la phosphorescence est due à un arrangement moléculaire, constituant un état d’équilibre instable.

On volt donc que l’on peut éteindre et raviver une solution phosphorique un certain nombre de fois. Dans une série d’expériences, Hulme a obtenu dix extinctions.

Les solutions de sel marin produisent les mêmes effets.

La lumière spontanée est rendue plus vive par le mouvement; de plus, elle n’est pas accompagnée d’un degré sensible de chaleur au tliermomètre, même le plus délicat. Des harengs lumineux placés dans un mélange frigorifique, composé de neige et de sel marin, s’éteignent peu à peu. Au bout de quelque temps, la lumière s’éteint totalement et les poissons sont gelés. En les mettant

3l6 DE LA priospri. dans les sülst. organ. ou, etc.

dans de l’eau froide , pour les faire dégeler graduellement, ils reprennent leur état lumineux.

L’abaissement de température éteint également la pliosphoi'escence du bois pourri; il en est de meme de la lumière du lampyre.

jyo3. Voyons les effets de la chaleur.

Si l’on place devant le feu la moitié d’un hareng lumineux, et qu’on ne l’y laisse que peu de temps, mais de manière qu’il s’échauffe fortement, en le transportant dans l’obscurité, on trouve que le côté qui avait été exposé au feu est devenu sombre, tandis que l’autre reste lumineux. L’eau bouillante éteint aussi la phosphorescence. Il n’en est pas de même du bois faiblement luisant: quand on le met dans de l’eau tiède, sa phosphorescence augmente, et il finit par reluire d’une manière remarquable. En élevant la température jusqu’à l’eau bouillante, la phospborescence s’éteint et finit par disparaître.

Il arrive quelquefois qu’un lampyre mort, qu’on met dans de l’eau à dont on élève la température jusqu’à l’ébullition , devient lumineux.

L’eau bouillante éteint des solutions salines imprégnées de matière lumineuse sur lesquelles on la jette; mais si on les laisse quelque temps en repos, elles acquièrent une plus grande puissance lumineuse par un degré modéré de chaleur.

Lorsqu’on chauffe le fond d’un tube rempli d’un liquide qui est phosphorescent à la partie supérieure, les portions imprégnées de lumière descendent en filets jusqu’au fond et s’éteignent graduellement, en illuminant tout le liquide. Cette expérience réussit bien en opérant avec des solutions de sulfate de magnésie, de sulfate de soude , de sel marin ou de sel ammoniac. Si l’on fait usage des deux premières, la proportion la plus convenable est une partie de sel et huit parties d’eau.

Si l’on mêle le liquide lumineux avec du sérum en décomposition , la matière lumineuse est rejetée en globules et s’attache aux parois du vase.

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