CHAPITRE III
bains d’eaux minérales de Louecli Valais, il y a quatre ans , et à Paris, il y a peu de temps, avec le secours de M. Séguin, élève externe de l’Hotel-Dieu , qui a bien voulu se prêter à nos recherches avec un dévouement digne d’éloges. Nous ne nous sommes pas bornés à mettre le bras dans de l’eau ayant une température élevée, nous y avons plongé le corps entier. Les eaux deLouech étaient à centigrades.
La température de l’appareil Sorel marquait 35°5o ; l’une des soudures y fut placée, tandis que l’autre fut introduite dans le muscle biceps de M. Séguin. La déviation de l’aiguille aimantée fut de is® en faveur du muscle, ce qui indiquait une température de 36^']0. M. Séguin ayanl été mis clans le bain à 49*^ , il y resta 20 minutes. La déviation de l’aiguille aimantée varia de 12°, à 13^^, à T 4*^, suivant que l’aiguille était plus ou moins rapprochée de l’eau. La température des muscles avait donc augmenté de 4 à 4 de^degré. Au sortir du bain, la déviation de l’aiguille aimantée revint h i 2*^, comme elle était auparavant. Le pouls de M. Séguin battait 112 pulsations pendant qu’il était dans le bain.
On a obtenu le même résultat sur uu jeune Tyrolien, ouvrier charpentier, vigoureusement constitué. Nous n’avons pas voulu répéter les expériences à une température plus élevée, dans la crainte de compromettre la santé des persotmes qui avaient bien voulu se prêter à nos recherches. Mais nous les avons l'ecommencées à Paris, à une température un peu inférieure à 49^ avec l’aide de M. Séguin et de M. Costille, également élève externe cà riIotel-Dieu. Une des soudures ayant été mise dans la bouche de M. Costille, dont la température était de 3'y^^5o mesurée au thermomètre, l’autre dans le muscle biceps du bras droit de M. Séguin, la déviation de l’aiguille aimantée fut de 2° en faveur de la bouche; ce qui indiquait une tempéi’ature de 37*^10 pour le muscle. M. Séguin fut mis dans un bain à 49”5o, et y resta pendant 20 minutes. La température du muscle ne changea pas, puisque la déviation de l’aiguille aimantée resta la même.
VT. U’ partie.
Celte expérience ayant été répétée sur M. Costille, donna le meme résultat. Nous voyons, par les faits qui viennent d’être rapportés, cjue lorsque le corps de rhoinme est en contact avec de l’eau dont la température varie de o à 49'’, pendant 20 minutes, la température des muscles n’éprouve que de faibles variations. Peut-être n’en seraitil pas de même si le contact était prolongé pendant longtemps, comme les expériences de M. John Davy et d’autres physiciens portent à le croire; mais il est impossible^ de vérifier cette assertion, puisqu’il pourrait en résulter des désordres graves dans l’économie générale, un bain de 49” rubéfiant déjà fortement la peau en portant le sang à la tête.
Nous pouvons conclure aussi des faits observés, que les résultats obtenus par M. Delaroche, qui s’était placé dans une étuve ayant 49^ de température, étaient dus en grande partie aux phénomènes de la respiration, qui modifiaient la température de la bouche.
i547- Nous rapporterons encore une expérience faite à Louecb, et qui n’a pu être répétée à cause des difficultés qu’elle présentait. Cette fois, c’est un chien qui fut mis en expérience; ses muscles indiquaient une température de 38’5o; plongé dans un bain à 49”? l’aiguille ne touchant pas à l’eau, la température du muscle extenseur monta successivement de un demi-degré à C, et 2®, et cela dans l’espace de cinq minutes. Le chien entra dans une telle colère qu’on fut obligé de le retirer de l’eau. Peu de temps api-ès, la température de son muscle redevint ce qu’elle était d’abord.
La soudure fut introduite dans la poitrine; on obtint également un accroissement de température de plusieurs degi'és, quelques instants après l’immersion dans le bain. Ciet accroissement avait principaleirtent lieu lorsque l’animal était violemment agité. J’ignore jusqu’à quel point l’état d’exaspération ou se trouvait l’animal influait sur les effets que nous avons observés. Je rapporterai encore un résultat curieux, qui n’a aucun rapport avec les précédents, mais qui intéressera les physiologistes. Une des