‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 23 sur 226 · CHAPITRE ITJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE ITJ

soudures fui placée dans le biceps d’un jeune homme, l’autre dans le muscle grand supinateur du bras gauche d’un homme de 45 ans. L’aiguille aimantée ne fut pas dé viée sensiblement. On ouvrit la veine, et l’on n’observa aucun changement de température pendant et après la sortie du sang. La soudure avait été placée le plus près possible de la veine. On tirera de ce fait telle conclusion que l’on voudra : mais la seule qui nous paraisse naturelle, c’est qu’ér priori ou devait penser qu’il en serait ainsi, parce que le sang, dont l’ouverture delà veine permettait la sortie , retournait au cœur , et qu’ayant déjà circulé dans les vaisseaux capillaires , il était devenu étranger à la composition des tissus en revenant à l’organe central de la circulation par les branches et les troncs veineux. Il n’aurait donc pu produire un abaissement de température dans le corps animal que par son écoulement abondant au dehors, et en produisant l’affaiblissement du sujet. H convenait doncdefiire l’expérience d’une autre manière. C’est pourquoi ayant pris un chien de moyenne taille, qui avait mangé peu d’heures avant l’expérience , nous avons placé une des soudures dans les muscles de la partie intérieure de la cuisse, tandis que la soudure d’une autre aiguille se trouvait dans la bouche d’un expérimentateur. Une ligature avait d’abord été jetée autour de l’artère fémorale, immédiatement au-dessous de la sortie de l’abdomen. La suspension du cours du sang dans ce vaisseau n’apporta aucun changement dans la température du membre, et à plusieurs reprises on a exercé ou suspendu la compression sur le tronc artériel sans pouvoir observer le moindre mouvement dans l’aiguille du multiplicateur. Fallait-il en conclure que les modifications dans la température des tissus dépendent bien moins de la circulation sanguine que de l’inllux nerveux, ou bien que le l'ésultat de cette dernière expérience lient à ce que, en ne liant que l’artère fémorale, nous n’avions pas intercepté tout abord du sang dans les vaisseaux de la cuisse, les

artères fessières et ischiatiques pouvant suppléer à Tarière fémorale? -

1 54B. Pour avoir une solution positive de cette dlffîeidlé pliysiologique , nous avons embrassé par un double ('ordouuet de soie Tartère iliaque primitive, puis en plaçant un doigt sur le vaisseau dans le point correspondant à Tanse de la ligature , nous avons pu , à volonté, empêcher ou permettre la circulation du sang artériel dans le membre. Alors Taiguille a été engagée dans Tépaisseur des parties charnues de la cuisse, et au bout de 18 minutes nous avons vu la température baisser d’un demi-degré environ. En permettant ensuite au sang de parcourir les vaisseaux artériels fémoraux , bientôt la température se rétablissait dans son état normal ; cette expérience, répétée plusieurs fois, nous a donné le même résultat; quoique Teffet observé soit assez faible, il démontre néanmoins que le sang artériel exerce une influence directe sur la température des tissus. Ce n’est pas cependant au sang qui circule dans les troncs et les branches artériels qu’il faut attribuer celte influence, mais bien àcelui qui parvient dans les vaisseaux capillaires. En effet, entre la suspension du cours du sang dans le membre et la diminution de température, il s’écoulait le plus communément de quinze à dix -huit minutes. Cependant le rétablissement de la température à son degré normal , lorsqu’on permettait au sang de parcourir les artères, était toujours plus rapide que la diminution de température lorsque Ton comprimait le tronc vasculaire principal.

Voilà pour ce qui regarde Tinfluence de la circulation artérielle sur la température des tissus animaux. Il serait important de voir ce que l’expérience apprendra touchant Tinfluence nerveuse, relativement à cette même température des tissus.

Les faits que je viens de rapporter montrent de nouveau le parti que Ton peut tirer des effets thermo-électriques pour évaluer la température des parties iiîtérieures

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