‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 25 sur 226 · chapitre IV · texte numérisé non relu

chapitre IV

reconnu, en outre, que le maxiinuin de température a Heu dans cette espèce au soleil levé.

M. de Candolle pense, avec raison, que la chaleur de Faruin , ainsi que celle d’autres plantes, à l’instant de leur floraison, est due à la combinaison de l’oxigène de l’air avec le carbone de la plante. Ce principe étant incontestable, on ne peut douter un seul instant (|ue toutes les plantes ne produisent un effet semblable, mais a un degré plus ou moins marqué.

M. de Saussure qui a fait plusieurs expériences à cet égard, avec un tbermoscope très-sensible, a trouvé que les fleurs mâles du clicurbita-meilopepo donnent, entre sept et huit heures du matin, une élévation de centigr. ; les fleurs femelles en donnent un peu moins; les fleurs de bignonia radicans celles de tubéreuses ^ ^

Dans les recberches relatives â la détermination de la chaleur dans les fleurs et les plantes, en général , il faut avoir égard â la chaleur précédemment acquise, à l’évaporation, et probablement aussi à la couleur des fleurs qui, en raison de cette couleur, ont un pouvoir rayonnant différent.

i55i. On sait qu’il existe des plantes qui supportent un degré élevé de chaleur sans cesser d’exister, ainsi que d’autres qui végètent à des températures élevées. Ainsi Sonnerat a vu dans l’Inde le vitex agnus-castus auprès d’une source maï quant ; et Forster a trouvé le meme arbuste au pied^ d’un volcan de l’ile de Tamna, dont le terrain était à 8o^. Je pourrais citer encore un grand nombre d’autres exemples semblables. Certaines plantes possèdent également la faculté de résister au grand froid. C’est ainsi que le noisetier fleurit quelquefois à une température de 6” au - dessous de o. Sennebier a vu des fleurs de fèves supporter, en automne, un froid de 5'’ sans en paraître souffrir. Ne voit-on pas, d’un autre coté, que le chêne suppoi'te, dans les pays septentrionaux, jusque au-dessous de o, et le bouleau jusqu’à 3^ ?

Quelques physiologistes ont pensé que ces effets ne peuvent être produits qu’autant que les végétaux pos-

COJNSlUÉRATlONS GÉJVÉKALES.

sèderit la faculté, comme les animaux, d’élever ou d’abaisser leur température par l’effet de l’action vitale.

Je ferai d’abord remarquer à cet égard que les diverses actions physiques et chimiques qui s’opèrent continuellement dans un végétal doivent produire, à chaque instant, des phénomènes de chaleur. C’est ainsi que l’évaporation d’une portion de l’eau absorbée et l’exhalaison du gaz oxigène, au soleil, doivent produire du froid, tandis que la fixation du carbone et celle d’une partie de l’eau doivent, au contraire, dégager de la chaleur. L’expérience seule peut faire connaître dans quel sens est la quantité de chaleur absorbée ou dégagée.

i552. Buffon a le premier avancé que, lorsque l’on coupe des arbres en hiver, l’intérieur du tronc paraît chaud, surtout dans la partie centrale, et que cet effet ne peut être attribué à la cognée.

Saussure a remarqué, d’un autre côté, que la neige fond plus promptement au pied des arbres vivants qu’au pied des arbres morts; mais cet effet ne pourrait-il pas provenir d’un phénomène de rayonnement extérieur dont Saussure n’a pas tenu compte ?

J. Hunier, ayant introduit un thermomètre dans un trou oblique de i j pouces de profondeur, pratiqué dans un tronc de noyer de y pieds de circonférence , et ayant mastiqué l’orifice du trou, trouva qu’en automne son instrument marquait 2 ou 3° de chaleur de plus que l’air ambiant.

Schœpff, à New-York, et Bierkander, en Suède, ont avancé que de l’automne au printemps la température de l’arbre est plus élevée que celle de l’air ambiant, et que c’est l’inverse du printemps à l’automne. Ces expériences répétées à Geiiève ont donné les mêmes résultats. Ces mêmes observateurs, ayant placé des thermomètres, les uns dans le tronc d’un gros marronnier, d’autres à diverses profondeurs en terre, reconnurent que les variations du thermomètre correspondaient sensiblement à celles d’un thermomètre situé à 4 pieds en terre, c’està-dire, à la profondeur moyenne des racines de l’arbre.

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