DESCRIPTION ET USAGE DE LA MACHINE ÉLECTRO- MAGNÉTIQUE DE M, CLARKE
i585. Parmi tontes les machines éleetro-magnëtiques mises en usage jusqn’ici, on doit distinguer, en raison de sa simplicité et de l’intensité de ses effets , celle qui a été composée pai- M. Clarke. Je vais en donner une description succincte, en indiquant en même temps son usage pour donner la commotion , opérer les décompositions chimiques, produire des phénomènes d’incandescence , de fusion , etc.
Voici les diverses parties qui composent cette machine : A (tig. 8) représente une série de six barreaux d’acier aimanté, recourbés en fer à cheval, disposés verticalement et reposant sur quatre vis fixées à la planche d’appui B, dont deux se voient en M N (fig. g).
iJne barre épaisse de cuivre c est percée, en son milieu, d’une ouverture dans laquelle passe un pêne avec une vis tournante destinée à maintenir l’aimant contre la planche B. On peut, par ce moyen, enlever facilement l’aimant sans déranger le reste de l’appareil. D représente l’armature d’un double cylindre de fer doux, G F, laquelle est fixée dans un mandrin de cuivre placé enti'e les pôles de la batterie A.
Cette piè(;e est mise en mouvement de la manière indiquée dans la fig. 9, au moyen de la roue E, d’un axe de rotation et d’un fil sans fin. Sur chaque cylindre est enroulé en hélice un fil fin de cuivre entouré de
96 DESCRIP. ET USAGE DELA MACH. ÉLECT.-M AGN., ETC.
soie, d’une longueur de -jSo mètres. L’un des bouts de chaque hélice est soudé à l’ai'mature du milieu, à laquelle est fixée en D, perpendlculaii*ement à sa surface, une tige de cuivre munie de deux pièces de rupture H.
K représente un cylindre creux’ de cuivre auquel est soudé Tun des bouts libres des hélices, et qui est séj)aré de la tige au moyen d’un morceau de bois dur qui repose dessus; l’autre bout des hélices communique avec la tige.
O est un ressort en fd de fer destiné à exercer une pression contre le cylindre creux K, avec lecjuel il est en contact métallique, au moyen d’une vis fixée dans la plaque de cuivre M.
P représente une tige de cuivre verticale, carrée, s’adaptant à la plaque de cuivre N.
Q est un l'essort de métal exerçant une faible pression sur la pièce de rupture H. Elle est tenue en contact métallique au moyen d’une vis à tête.
T est un fd de cuivre destine à établir la communication entre les deux plaques de cuivre M, N.
Au moyen de cette disposition , ces diverses parties D, H, Q, P, N, sont en communication avec un des bouts , et R et M avec les deux autres bouts.
On conçoit très-bien que le ressort Q, pressant doucement sur la pièce de rupture H , les effets sont réguliers.
Les faces des cylindres de fer F, G, autour desquels sont enroulées les hélices, sont parallèles autant que possible avec celles du fer à cheval A, et en contact avec lui. Quand ce contact n’est pas établi, on dévisse l’écrou de la roue E, et on l’enlève de son axe au moyen des quatre vis dont il a été parlé ci-dessus, et de la vis de la plaque G; on ajuste alors la batterie avec la plus grande facilité.
Il faut encore que la pièce de rupture soit disposée de manière que le ressort Q se sépare en même temps que les cylindres de fer de l’armature quittent les pôles de l’aimant. Quant au ressort en fil de fer O, il presse
Cil A PIT RE V I. 9 y
toujours, et doucement, contre le cvlindre creux de cuivre R.
1 585. Au moyen de ces dispositions, on se passe d’un l)ain de mercure, (}ui présente toujours des inconvénients. Lorsque Ton veut donner la commotion avec cette machine, on prend dans les deux mains, humectées aveé line dissolution d’eau salée, les deux conducteurs de cuivre R, S , dont Tun est en communication avec la plaque M, et l’autre avec la plaque N, de la manière indiquée sur la figure; puis M, N sont réunis aiï moyen de la tige T. La commotion que l’on reçoit avec cet appareil, dès l’instant que l’on tourne la roue, est très-violente. Si l’on veut avoir un courant toujours dirigé dans le meme sens, on ne met qu’une seule pièce de rupture. Dans ce cas, le circuit est interrompu ([uand le courant cliange, c’està-dire, lorsque chaque hélice quitte une hranche de l’ai-
mant.
A l’instant oii l’on reçoit le choc, les muscles des bras se contractent avec violence, de manière à forcer les mains à serrer fortement les conducteurs, en leur ôtant tout pouvoir de s’en détacher’.
En plaçant les deux fils de communication R, S, entre M, IN, le choc n’est pas aussi puissant.
U et Y sont des tiges en rapport avec les fils conducteurs, et munies de morceaux d’éponge dont on fait usage dans les applications de l’électricité à la médecine. Ces éponges sont humectées de solutions acides ou salées. On peut, avec leiir secours, donner une succession de chocs les plus puissants là oii il est nécessaire.
Quand on fait fonctionner cet appareil, si l’on reaarde entre la face de l’armature de rotation et l’aimant en fer à cheval , on aperçoit une vive lueur qui va de l’une à l’autre. On aperçoit encore cette lumière aux pointes de rupture. On la voit aussi quelquefois briller entre les hélices F, G.
T 586. Pour décomposer l’eau, M. Clarke fait usage de l’appareil fig. lo, disposé de la manière suivante : A est un vase de verre muni d’un couvercle de cuivre ,
VL partie.
98 DESCIIIP. ET USAGE DE LA M ACH. ÉLEC.-M AGN., ETC.
ayant un fond de bois dur, à travers lequel passent deux fils de cuivre auxquels sont soudés des fils de platine, et que Ton inet en communication avec M et N. Deux tubes, A et B, sont remplis d’eau, puis on les pose sur les fils de platine, où ils sont maintenus par le liège G. Les deux plaques de platine (] et D, que l’on met en communication au moyen de fils de cuivre avec M, N, sont destinées à montrer les effets des décompositions électro-cbimiques. On place pour cela entre ces plaques un morceau de papier tournesol ou de curcuma, préalablement humecté avec une solution de sel neutre.
iSHy. M. Clarke emploie, au lieu des deux hélices précédentes et de leurs accessoires, qu’il appelle cuDiature (V iniensité J parce que le courant qui en résulte provient d’une électricité à forKî tension, une armature de quantité, qui est formée de cylindres moins forts, et d’un fil de cuivre recouvert de soie de [\o mètres seulement, et dont le diamètre est plus gros.
La fig. I I représente l’appareil muni de cette nouvelle armature. A est l’aimant en fer à cheval, D l’armature, F et G les deux hélices. Il faut encore avoir l’attention que le ressort quitte la pièce de rupture à l’instant où la pièce est verticale, attendu que c’est le moment où elle se trouve dans une position neutre relativement aux pôles de l’aimant.
i588. Pour brûler le fil de fer avec une vive scintillation, on met en communication ce fil par un bout avec la tige P , et l’on presse doucement l’autre bout sur la surface de l’armature rotatoire D.
Rien n’est plus simple que d’obtenir l’incandescence du fil de platine et l’aimantation d’un fil de fer doux.
I 589. Si l’on veut obtenir des étincelles de diverses couleurs par l’emploi de différents métaux, on enlève (fig. 19.) la pièce de rupture, et l’on y substitue le morceau de cuivre B. Dans la partie ouverte qui s’y ti'ouve, on introduit un bout de fil d’un métal quelconque, d’or, par exemple; l’extrémité du ressort Q est aussi d’or. On obtient alors, en faisant fonctionner l’appareil, des étincelles d’une coideur pourpre.
CHAriTRK VI.
1 590. L’appareil fîg. i3 est destiné à produire les phénomènes de rotation. A est un aimant en fer à cheval, reposant sur un trépied B ; C, une coupe de mercure ; DD, les conducteurs mobiles, terminés par deux petites coupes au sommet, dans lesquelles on met une goutte de mercure; E, une tige recourbée de communication. En ne faisant usage que d’une pièce de rupture X,,el disposant les fils de communication comme on le voit dans la figure , on obtient la rotation continue.
ibgr. La combustion du charbon s’obtient avec la disposition indiquée fîg. î4* Les conducteurs employés sont ceux dont j’ai déjà parlé; on remplace les éponges par des morceaux de charbon terminés en pointe.
Toutes les pièces destinées à faire les expériences que je viens de décrire se trouvent dans la caisse qui renferme également l’appareil.
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