CHAPITRE Vm
DIVERSES APPLlCATlOxXS ELECTRO-CHISlIQtES,
§ T". Procédé pour obtenir des copies en relief et en
creux.
i5g6. M. Jacobi, dans sa lettre à M. Faraday, dont j’ai fait mention précédemment, lui a annoncé cju’il était parvenu, au moyen de Taction voltaïque, à obtenir des copies en relief et en creux d’une planche de cuivre gravée, avec une exactitude telle que les lignes les plus délicates sont reproduites avec une rare perfection. L’appareil destiné à opérer ces effets se compose de deux parties : d’un vase divisé, à la manière des
couples voltaïques , en deux compartiments, que l’on remplit d’une solution saturée de sulfate de cuivre; dans l’un d’eux plonge la planche de cuivre gravée, dans l’autre une lame du même métal; 2" d’un couple voltaïque ordinaire mis en rapport avec la première partie de ^l’appareil, de telle sorte que la planche gravée est en relation avec le pôle négatif, et la lame avec le pôle positif. Un multiplicateur h fil court est introduit dans le circuit, afin de connaître à chaque instant sa force et pouvoir la régler de manière à avoir des effets constants. Pour régler la force du courant , on éloigne plus ou moins les lames métalliques; l’on modifie la longueur du fd de jonction ou bien le pouvoir
YI. partie. 8
Il4 PROCÉDÉ POUR OBT. DES COP. m RELIEF, ETC.
conducteur du liquide en contact avec le zinc. Le succès de l’opération exige que la solution de cuivr'e employée soit toujours saturée. L’action de l’appareil doit être telle qu’en vingt-quatre lieurès^l y ait environ de trois à quatre grammes de cuivre réduit pour un carré de 2 0 millim. de coté.
D’après cet arrangement, la lame de cuivre s’oxide, tandis que la planche gravée se couvre de cuivre réduit à l’état métallique. Il résulte de laïque la solution reste concentrée. On devait s’attendre, dit M. Tacobi, à trouver exactement la même quantité de cuivre oxidé d’un côté qu’il y en a de réduit de l’autre ; mais l’expérience prouve qu’il existe toujours une différence plus ou moins grande, et qui paraît à peu près constante, puisqu’elle n’augmente pas après un certain temps si l’on prolonge l’expérience.
Quand on se borne à employer une solution concen=trée de sulfate de cuivre, celle-ci n’est pas décomposée, même en employant plusieurs couples; l’aiguille aimantée du multiplicateur est fortement affectée à l’instant ou l’on ferme le circuit; mais elle ne tarde pas à revenir à zéro : il n’en est pas de même quand on ajoute à la solution une petite quantité d’eau chargée de quelques gouttes d’acide sulfurique; dans ce cas, le courant devient très-énergique et constant, et la planche gravée se recouvre de cuivre métallique. En remplaçant la solution de sulfate par une solution aqueuse d’acide sulfurique, l’eau est rapidement décomposée, même avec un seul couple voltaïque; cet effet était connu, puisque l’on peut décomposer l’eau avec un seul couple, toutes les fois que l’électrode positif est formé d’un métal oxidable. Dans ce cas, la réduction du cuivre dissous n’a pas lieu immédiatement ; elle ne commence que lorsque le liquide a acquis une couleur bleue; mais le métal réduit est sans cohésion , et ne peut servir par conséquent à former les reliefs que l’on a en vue. Cette expérience a été continuée pendant trois jours, jusqu’à ce que l’électrode positif fût à peu près dissous ; la couleur du liquide a