GENERAUX DE LA FOUDRE
§ LL Sigiies pnkurseiirs de l’orale ,
I 598. M. Arago a inséré dans FAnnualre du Bureau des longitudes, pour i 838, un article aussi complet qu’on pouvait le désirer, sur tous les phénomènes de la foudre observés jusqu’ici, et dont les relations se ti’ouvent éparses dans une foule de recueils et d’ouvrages scientifiques. Il en a discuté toutes les conséquences avec cette sagacité et cette finesse de tact que tout le monde lui reconnaît. C’est donc un devoir pour moi de donner ici un précis de ce travail important, afin de présenter au lecteur feiîsemble des principales observations qui ont été faites jusqu’ici sur les phénomènes qui précèdent, qui accompagnent et qui suivent la chute de la foudre, en évitant toutefois de revenir sur les faits que j’ai déjà exposés en traitant de l’électricité atmosphérique ( i ). Les descriptions données par M. Arago sont si claires et si précises que je ne m’en écarterai que le moins qu’il me
(i) Tome IV, de 7^7 à 79“).
Il8 SIGNES PRÉCÜRSFURS DE l’oRAGE.
sera possible fidèle en cela au plan que je me suis tracé en conunençant la publication de cet ouvrage, de rapporter souvent textuellement l’opinion des physiciens dont je déci’is les travaux , en me bornant seulement à les accompagner d’observations qui ne leur otent pas leur cai actère d’originalité. Je n’y substitue mon opinion qu’après avoir exposé la leur avec assez de détails pour que le lecteur puisse la connaître parlkitement , et encore ne le fais-je qu’avec la plus grande réserve. Yoilà, je crois, comment il faut en agir, quand on veut présenter au public le traité complet d’une science, dans le but de lui donner une idée exacte de son état actuel. Au surplus, j’ai toujours présent à la pensée cet ancien adage : Les théories passeiit, et les faits restent.
Voyons quels sont les signes précurseurs d’un orage.
ii)99. Lorsqu’un orage est sur le point de se former, dit Beccaria, les nuages (|ui le recèlent éprouvent une espèce de fermentation dont les autres sont privés. Ces nuages, ordinairement très-denses, s’élèvent assez rapidement de quelques points de l’horizon; ils sont terminés par un grand nombre de contours curvilignes brusquement et nettement terminés, comme les montagnes doiniques nous en offrent un exemple. Ils se gonflent, diminuent de nombre et augmentent de grandeur, tout en restant attachés invariablement à leur première base. Entre eux et l’horizon on aperçoit un gros nuage très-sombre, par l’intermédiaire duquel il semble communiquer avec la terre, et dont la teinte obscure se transmet de proche en proche au premier. On voit, en outre, se former d’autres nuages qui, sous l’apparence de longs rameaux, et sans s’en détacher, couvrent graduellement le ciel. A. l’instant ou ces rameaux, ces lambeaux* de nuages, si je puis m’exprimer ainsi, commencent à paraître, on aperçoit çà et là dans l’atmosphère des nuages légers dont les mouvements sont brusques, incertains et irréguliers. Beccaria leur a donné le nom de ascitizi ou nuages additionnels.
Lorsque le grand nuage obscur et orageux a dépassé