‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 81 sur 226 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

aiicmi }3rult. La ineîne nuit, au ineine inslant, la ville (le Genève éprouvait un épouvantable orage. Un fait semblable se trouve consigné dans le recueil d’observations météorologiques deM. Luke-IIoward. Le 3i juillet i8i3’, M. Howard voyait de Tottenham, près de Londres, de faibles éclairs de chaleur tà l’horizon, vers le S.-E.; le ciel était sans nuages. M. Ho^vard apprit bient(k de son frère, qui se trouvait sur la cote S.-E. de l’Angleterre, que ce même jour, 3i juillet, on apercevait de Hastings un grand orage qui embrassait en France l’espace compris entre Dunkerque et Calais. On voit donc que les éclairs dont on apercevait la lueur à TjOndres étalent nés au milieu de nuages à près de cinquante lieues de distance.

Nous devons ajouter que, pour expliquer ces éclairs silencieux engendrés au milieu des nuages, on a supposé’ cjue ces derniers étalent situés a des distances telles de l’observateur, que le bruit des détonations et du roule- ^ment du tonnerre ne pouvait parvenir jusqu’à lui : cette supposition, du reste, ne pourrait pas expliquer l’observation de Deluc, dans laquelle des éclairs, de même intensité et partis des mêmes nuages, étaient suivis, les uns d’étourdlssants roulements, les autres d’un silence absolu. Quant aux tonnerres sans éclairs, dont j’ai parlé précédemment, M. Aragô explique ainsi ce phénomène :

« Concevons deux couches distinctes de nuages super- « posées; supposons que la couche siqiérieure devienne « le siège d’un grand orage; ([u’clle soit sillonnée par de (c brillants éclairs, qu’il en parte de retentissantes déto- « nations. Si les nuages inférieurs sont très-opaques ou « très-épais, la lumière des éclairs, quehjue vive qu’on « la suppose, ne les traversera pas; elle s’y absorbera « presque en totalité; il n’en arrivei’a rien de sensible à « la surface de la terre; et cejiendant, (?omme des corps a non perméables à la terre se laissent facilement traver- (f ser par le son , le même observateur qui ne voit pas « l’éclair entendra parfaitement le son. »

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