CHAPITRE PREMIER
M. Ampère envisage les attractions et répulsions magnétiques sous un autre point de vue; il les fait dépendre de l’action de courants électriques qu’il suppose exciter autour des molécules des aimants dans une direction déterminée. Nous nous occuperons plus tard de cette question, qui est fondamentale pour la théorie de l’électricité et du magnétisme.
î 58. Les deux moitiés d’un barreau aimanté possèdent ordinairement chacune un magnétisme contraire; mais il arrive quelquefois qu’il y a de chaque côté des alternatives de magnétisme contraire, et par suite plus de deux pôles. Les pôles intermédiaires sont appelés points conséquents.
Pour les découvrir, on présente successivement le même pôle d’une aiguille aimantée, librement suspendue, à tous les points du barreau , maintenu constamment dans une position verticale; chaque fois que l’on passe d’une attraction à une répulsion, on est assuré qu’il se trouve un point conséquent là ou l’action est nulle. On peut encore déterminer ces points en plaçant sur le barreau une feuille de papier et projetant dessus de la limaille; le groupement des parcelles en certains points indique sur-le-champ la position des points conséquents ( fig. 63).
Un barreau de fer doux, qui est aimanté par influence, rentre dans l’état naturel dès l’instant que l’on retire l’aimant ; mais il n’en est plus de même avec des barreaux de fer écroui ou d’acier trempé : dans ce cas, l’action par influence est plus lente à se manifester; mais aussi, une fois qu’elle est développée, elle y persévère pendant long-temps, même lorsque les barreaux 11e sont plus sous l’influence de l’aimant. On dit dans ce cas que le barreau est aimanté. C’est alors un aimant artificiel ; il existe donc dans le fer écroui et dans l’acier une cause quelconque qui s’oppose à la décomposition du magnétisme naturel, et à la recomposition des deux fluides, quand ils sont séparés, laquelle a de l’analogie avec celle qui s’oppose également à la dé-