‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétismeChapitre 183 sur 362 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

sous l’influence terrestre, elle est devenue un aimant, comme si les deux extrémités avaient été placées entre les pôles opposés de deux aimants. Cette expérience 11e réussit complètement qu’autant que la force coercitive est excessivement faible; car si elle était sensible, la décomposition du magnétisme naturel et la recomposition des deux fluides ne seraient pas instantanées.

On doit rapporter à cette cause l’aimantation qu’acquièrent les tiges verticales de fer qui restent élevées pendant long-temps sur les bâtiments. Le fer s’oxidant et restant exposé aux variations de température , s’écrouit et devient apte à conserver le magnétisme que le globe y développe continuellement par influence. Cette cause n’est pas la seule , comme nous le verrons plus loin, qui produise la polarité magnétique dans ces tiges; car l’électricité atmosphérique qui s’écoule fréquemment par leurs pointes concourt au même but.

L’aimantation du fer doux, par la torsion et le choc, s’explique également par l’action du magnétisme terrestre ; en général , toutes les actions mécaniques qui peuvent écrouir le fer, lui permettent de conserver le * magnétisme qui s’y développe par influence.

Dans les aiguilles aimantées qui servent aux observations sur le magnétisme terrestre, on doit éviter les points conséquents; en voici la raison : les points placés du même côté du centre de suspension, qui ont des magnétismes de nature contraire , agissent sur le magnétisme terrestre d’une manière inverse, les uns ayant une tendance a ramener l’une des extrémités de l’aiguille dans une position, les autres dans une position contraire. Il en résulte que la force directrice est généralement plus faible que si la distribution du magnétisme était régulière de chaque côté du point de suspension. On doit donc, sous tous les rapports, préférer les aiguilles dans lesquelles ce mode de distribution est bien constaté.

Page 1