CHAPITRE VIII
« sont du même ordre de grandeur que celles des élé- « ments magnétiques, sans cependant que le rapport des « unes aux autres soit le même dans les aimants de na- « ture différente : cela étant, les attractions et répul- « sions, exercées par ces corps dans les mêmes circon- « stances, seront différentes, comme l’expérience l’a « déjà fait connaître à l’égard du nickel et du fer. Ainsi « nous nous représenterons un corps aimanté, comme « un assemblage de parcelles magnétiques, séparées par « des espaces inaccessibles au magnétisme. Le rapport « de la somme de toutes ces parcelles au volume entier « du corps , qu’on pourrait prendre pour sa densité, <c sous le rapport du magnétisme . sera une fraction « qui approchera plus ou moins de l’unité, dans les « corps de nature diverse, et qui devra être donnée pour « chaque corps en particulier ; les actions extérieures « augmenteront ou diminueront d intensité avec la graucc deur de ce rapport. » 1
On voit dans le mémoire de M. Poisson suivant quelles lois dépendent ces actions; il y indique aussi la possibilité de vérifier la théorie par l’expérience, en faisant varier à volonté le rapport dont on vient de parler, en mélangeant, dans des proportions convenables, de la limaille de fer très-fine avec une autre matière non magnétique, soumettant ensuite ces corps à l’influence de très-forts aimants, et mesurant les attractions et répulsions.
M. Poisson suppose que le pouvoir attractif ou répulsif des deux fluides est le même dans tous les corps aimantés à distance égale et pour des quantités égales de fluides; il regarde cette supposition comme la plus simple que l’on puisse faire à priori .
La quantité qui exprime le rappor de la somme des volumes des éléments magnétiques au volume entier du corps dont ils font partie, et qui se trouve dans ses calculs, peut dépendre de la température des corps; car on conçoit que la chaleur dilate les espaces qui séparent les éléments les uns des autres et comprime
ces éléments, sans changer dans le même rapport le volume total. Dans cette hypothèse, les attractions ou répulsions magnétiques exercées par un même corps devront varier avec son degré de chaleur , ce qui est démontré, comme on Ta vu précédemment.
La plupart des expériences ayant été faites sur des barreaux aimantés, où la force coercitive était loin d’être nulle, les effets observés proviennent et de la variation de cette force, et du changement du rapport dont on
Pour déterminer la variation de ce rapport, il faudrait que les mêmes expériences fussent répétées simultanément sur le fer doux et le nickel pur. Il serait utile d’étendre ce genre d’observations à d’autres métaux, dans lesquels le magnétisme ne s’est pas encore développé, et chercher s’il ne deviendrait pas magnétique à de très-basses températures. L’analogie, ajoute M. Poisson, porte à croire qu’il existe des éléments magnétiques dans tous les corps, mais que le rapport de la somme de leur volume au volume entier de chaque corps, d’où dépend l’intensité des actions magnétiques, est une fraction très-petite dans la plupart des métaux connus; ce rapport variant avec la température, il pourrait se faire qu’en abaissant convenablement celle d’un métal , ce rapport y devint assez grand pour que ce corps fût alors susceptible d’aimantation à un degré sensible.
Le rapport entre la somme des éléments magnétiques et le volume entier du corps aimanté n’est pas la seule donnée relative à ce corps, d’où puisse dépendre l’intensité de ces actions; car la forme des éléments peut aussi influer sur cette intensité, et cette influence a cela de particulier qu’elle n’est pas la même en des sens différents. Supposons que les éléments magnétiques soient des ellipsoïdes, dont les axes aient la même direction dans toute l’étendue d’un même corps, et que ce corps soit une sphère aimantée par influence, dans laquelle la force coercitive soit nulle; les attractions ou répulsions qu’elle exercera au dehors seront différentes dans