CHAPITRE PREMIER. /j 3 I
duquel il cherchait à expliquer les affinités et le magnétisme, eut l’heureuse idée d’essayer l’action d’un courant électrique sur une aiguille aimantée , librement suspendue. Cette tentative eut un plein succès et nous valut une découverte du premier ordre, dont les-applications n’ont pas tardé à faire connaître toute l’importance. A M. OErsted appartient la gloire d’avoir posé le premier la base fondamentale de cette partie nouvelle de la science que nous appelons V électro-magri étisme.
Voici le fait fondamental découvert par M. OErsted. Supposons un fil de métal qui joigne les deux pôles d’une pile, si on en approche une aiguille aimantée, suspendue sur un pivot, on voit quelle tourne, s’agite et reçoit une action de la part du fil conducteur.
M, OErsted ne s’en tint pas à cette première indication; il étudia toutes les circonstances du phénomène avec une grande sagacité, et fut conduit par-là à connaître dans le fil, traversé par le courant électrique, une action révolutive. Pour en étudier toutes les circonstances, l’aiguille fut d’abord placée au-dessus du fil tendu horizontalement dans le plan du méridien magnétique. Le pôle nord fut chassé dans un sens, et le pôle sud dans l’autre. Quand l’aiguille était très-rapprochée du fil, et que l’action de la pile était vive, l’aiguille se mettait à angle droit avec le fil ; en plaçant l’aiguille au-dessous, la déviation était inverse; en la mettant à droite ou à gauche, elle s’inclinait dans un sens ou dans un autre. M. OErsted admit sur-le-champ que l’aiguille ne pouvait éprouver une semblable action que de la part d’une force qui agissait d’une manière révolutive autour du fil, comme l’indique la fig. ioi , et à laquelle on a donné le nom de force èlectro- dynamique .
Les beaux travaux que M. Ampère a faits à ce sujet constituent félectro-dynamique, c’est-à-dire la science qui comprend tous les phénomènes relatifs à faction des courants les uns sur les autres, quelles que soient leur direction et leur origine. Les propriétés générales des courants étant bien établies, le reste n’est plus qu’une
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question de dynamique sur laquelle nous nous étendrons peu. Avant d’exposer ces propriétés, nous devons nous entendre sur le sens du courant. On est convenu de prendre pour sa direction celle qu’il affecte quand il va du pôle positif au pôle négatif. Lorsque le courant passe par un conducteur rectiligne, on l’appelle courant rectiligne; s’il traverse un cylindre creux, courant cylindrique ; un fil courbe , courant curviligne, etc.... Si le conducteur forme un circuit complet, on dit que le courant est fermé. Ces définitions sont relatives seulement à la direction du courant et non à son mode d’action sur les conducteurs.
M. Ampère, pour mieux préciser encore la direction du courant, suppose qu’un homme est couché dans le sens de la longueur d’un fil conducteur, les pieds du côté du pôle positif, la tête du côté du pôle négatif, de telle sorte que le courant va des pieds à la tête. Il admet ensuite que la face est tournée vers le milieu de l’aiguille; l’effet est tel alors que l’aiguille a toujours son pôle austral vers la gauche de l’homme.
§ II. De V action à distance du courant sur V aiguille
aimantée.
247. Avant d’exposer l’action des courants les uns sur les autres, nous devons chercher comment le courant agit sur l’aiguille aimantée en raison de la distance , afin de nous faire une idée bien précise de son mode d’action. La découverte de la loi qui régit cette action à distance est due à MM. Biot et Savart.
Pour l’observer, ils prirent une aiguille aimantée AB fig. (10*2), suspendue à un fil de cocon au moyen d’une chape de cuivre, et placée sous une cloche de verre pour éviter les agitations de fair. Pour se débarrasser entièrement de faction du magnétisme terrestre, ils neutralisèrent cette action au moyen d’un barreau A' If placé dans l’axe de l’aiguille, les pôles inverses en regard, et a une distance convenable, pour que les oscillations