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CHAPITRE III

ces fils ont atteint un certain degré de ténuité, la torsion d’un petit angle dérange assez l’état d’agrégation des molécules pour que celles-ci ne reprennent plus leur position primitive d’équilibre. Il en résulte que les oscillations d’un petit pendule horizontal suspendu à l’extrémité de ce fil ne sont plus isochrones; on doit donc le rejeter.

L un des corps est placé entre les deux plans en cuivre, et poli sur l une de ses faces, s’il est minéral, et quand il en est susceptible ; et l’autre, que l’on prend ordinairement de liège ou de moelle de sureau dans les expériences comparatives, a la forme d’un petit disque de très-peu d’épaisseur et de meme diamètre que le disque de clinquant de la balance. Il suit de là que lorsque ces deux disques, après avoir été ramenés tous les deux au zéro de l’échelle, sont en contact, il y a partage égal d’électricité: la répulsion a lieu aussitôt, et on en mesure l’effet au moyen d’une circonférence de cercle divisée, tracée sur la planchette horizontale. La forme plus ou moins cylindrique de la cage ne peut donc altérer en rien la valeur des degrés. On détermine exactement la position du bras de levier qui porte le disque de clinquant au moyen d’une règle verticale, posée sur un support circulaire, que l’on promène le long de la circonférence du cercle, et dont le centre correspond au prolongement du fil de torsion. Voyons maintenant où conduit le partage égal d’électricité entre les deux disques. On sait que la force totale de la répulsion varie, pour chaque distance, dans le meme rapport que les quantités d’électricité qui contribuent à cette répulsion; il est donc nécessaire que l’expression de son énergie, qu’on appelle réaction électrique, soit proportionnelle au produit de ces deux quantités. Représentons para: l’excès d’electricité acquis par le disque de liège ou de moelle de sureau, au sortir de la compression : aussitôt après Je contact avec le disque de clinquant, l’un et l’autre posséderont un excès d’électricité ~ x , la réaction électrique sera donc exprimée par j x2 ; mais cette même

îo4 DÉGAG. DE l’ÉLEC. DAR PRESSION.

réaction est donnée directement par l’expérience, puisque l’arc de cercle qui mesure l’écart des deux disques lui* est proportionnel, en tant que cet arc peut être pris pour sa corde; ce qui peut toujours se faire en tordant convenablement le fil de suspension. Soit e cet arc, on

aura e — -j x1 ; d’où x - — \ 2 \/ e. Telle est la valeur de la quantité d’électricité acquise par le disque de moelle de sureau après une pression IJ. Pour une autre pression

Pr on aura x' = 2 Vé ; mais si l’on ramène par la torsion, dans les deux expériences, les deux disques à la même distauce, les valeurs de x et oc deviendront comparables, et on en déduira le rapport des intensités électriques dû à des pressions différentes.

Cette manière de déterminer la quantité d’électricité produite par une pression quelconque peut être employée toutes les fois que la répulsion du disque de clinquant, après le partage d’électricité, est mesurée par un arc d’un certain nombre de degrés; mais souvent le dégagement de l’électricité est si faible, que la réaction électrique devient inappréciable, malgré la grande sensibilité de torsion du fil de platine. li faut donc avoir recours à un autre expédient. Il suffit pour cela de donner au disque de clinquant une quantité d’électricité dont on peut déterminer à chaque instant l’intensité; alors tous les résultats deviennent comparables. On place dans la cage de la balance un second disque de clinquant de même diamètre que le premier , et isolé de la même manière; on l’électrise au moyen d’un fil de laiton qui traverse la cage; puis 011 met en contact les deux disques de clinquant, en tournant convenablement le tambour qui porte le micromètre; il y a de suite partage égal d’électricité, puis répulsion. On tourne de nouveau le micromètre pour ramener les deux disques à une distance mesurée par un petit arc de dix degrés, qui peut être pris pour sa corde. Soit a le nombre de degrés dont on a

tordu le fil, 1/ io°-f -a représentera la quantité d’élec** tricité possédée par chaque disque de clinquant» Les choses

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