‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 46 sur 314 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni

tive, que l'on ne doit pas attribuer entièrement à la combustion. En effet, aussitôt que le fil de platiné a atteint la température rouge, si Ton retire la lampe et que l'on touche ensuite la partie là plus chaude avec une bande de papier humide, ou bien avec un tube de verre suffisamment chaud pour qu'il soit conducteur, l'effet est le même que lorsque le fil touchait à la flammé ou s'en trouvait à peu de distance. D'après cela, d&îijg le cas présent, le dégagement'de l'électricité est dû, en grande partie, à la différence de température" entre les deux bouts. La flamme remplit les fonctions d'un corps conducteur; elle soutire 1 électricité positive du fit; comme l'a fait la bande de papier ou lé tube de verre.1 Ce qui confirme cette explication, c'est que l'effet eil le même, soit que l'on fasse rougir le fil dans la flammé intérieure ou à peu de distance de son enveloppé extéîrieure^Nous n'en admettons pas moins avec Al. Pôuillet, que,. pendant la combustion de l'alcool ou de l'hydrogène, toute la partie de la flamme qui est en contact avec l'oxigène doit prendre l'électricité négative, tandis que l'oxigène et l'acide carbonique s'emparent de l'électricité contraire : ces effets sont la conséquence d?uti principe général ; seulement nous ferons observer que l'emploi des spirales ou des fils de platine que l'on plongé dans les flammes donne des effets composés, contré lesquels on doit se tenir en garde.

§ X. Des effets électriques produits dans les décompositions chimiques.

4ï. M. Pouillet, en^ recherchant les causes d'où émane l'électricité atmosphérique, a été conduit à examiner ce qui arrive pendant l'évaporation de Peau pure, pu renfermant des substances en dissolution, contenue dans des vases de platine ou d'un métal qui peut être attaqué. Cette question avait déjà attiré l'attention de de Saussure, de Lavoisier et de Laplace , comme nous l'avons viî dans la notice. Les résultats auxquels sont parvenus ces illustrés physiciens ne pouvaient lés conduire S lia

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yérité, car ils ignoraient que les moindres changements chimiques donnent lieu à des effets électriques; aussi attribuèrent-ils à des changements dans l'état moléculaire des corps ce qui devait être rapporté à la combinaison de ces mêmes corps avec d'autres éléments.

Pour observer les effets électriques produits dans les décompositions, on se sert de deux procédés. Le premier consiste à placer sur un disque de métal, fixé à l'un des bouts d'une tige horizontale, qui est soudée par l'autre bout au plateau inférieur d'un condensateur, un creuset de platine préalablement chauffé , dans lequel on verse le liquide sur lequel l'on veut opérer. Le second exige 1'çmploi de fortes lentilles avec lesquelles on élève la température. Les substances à décomposer sont placées sur une plaque de platine, qui communique également avec le plateau inférieur du condensateur.

Le creuset de platine étant chauffé au rouge, si Ton jette dedans quelques gouttes d'eau distillée, on n'obtient aucun signe d'électricité lorsque l'évaporation commence; ce résultat est dû à M. Pouillet. Les acides sulfurique, nitrique et acétique se comportent à cet égard comme l'eau. Quand l'eau renferme de la strontiane ou d'autres bases, la capsule se charge d'un fort excès d'électricité positive; la vapeur d'eau prend l'électricité négative. Avec l'ammoniaque étendue d'eau, les effets sont inverses. M. Pouillet a fait observer avec raison que l'ammoniaque se vaporisant plus facilement que l'eau, emporte avec elle l'électricité positive, et laisse à l'eau et par suite à la capsule l'électricité négative. Les sels solubles donnent également de l'électricité négative au creuset. En opérant avec un creuset de fer et de l'eau distillée, le premier prend toujours de l'électricité négative, parce que le fer en s'oxidant s'empare toujours de cette élecr tricité.

Quand l'eau renferme un acide, l'effet est le même; mais son intensité varie en raison de l'énergie avec laquelle s'exerce l'action chimique; nous en verrons plus loin la cause. Des creusets de différents métaux donnent

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