‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 47 sur 314 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

I des résultats semblables. Il résulte de ces diverses ob-

I servations, qu'il ne se dégage jamais d'électricité quand

I l'eau change d'état, si ce n'est dans le cas où elle tient

I des corps qijel conques en dissolution ; l'effet qui est

alors produit est dû à une action chimique, à la décoraposition des corps qui se trouvent dissous dans l'eau, ou à la séparation des molécules de l'eau d'avec celles des éléments des corps qu'elle tient en dissolution. Les bases retiennent l'électricité positive et les acides l'électricité contraire; résultat inverse de celui que donnent les combinaisons.

Il est donc bien prouvé que les effets électriques qui ont lieu dans les décompositions, sont inverses de ceux qui se manifestent dans les combinaisons.

4a. Rien n'est plus simple maintenant que d'expliquer les résultats souvent contradictoires qui ont été obtenus par de Saussure , Lavoisier et Laplace. Le premier ayant pris un grand creuset de fer, le fit rougir, et, après l'avoir isolé, il -projeta dedans successivement diverses petites quantités d'eau ; chaque projection refroidissant de plus en plus le creuset, il arriva à un terme où il n'y avait plus que la chaleur nécessaire pour faire bouil- • lir l'eau; l'électricité prise par celle-ci fut constamment positive. Nous savons maintenant que cette électricité est celle que prend l'hydrogène dans la décomposition de l'eau.

De Saussure trouva qu'en projetant une petite quantité d'eau dans le creuset, à l'instant où il sortait du feu et quand il était encore d'un rouge tirant sur le blanc, il n'y avait ordinairement aucun dégagement d'électrU cité; mais ensuite, il se produisait tantôt une électricité, tantôt l'autre, et par conséquent il devait arriver des cas où il ne se dégageait pas d'électricité. Il opéra ensuite avec une tasse de porcelaine blanche, qu'il avait entourée de sable dans un creuset d'argile. Il la fit chauffer jusqu'au blanc, ayant projeté dedans de l'eau ; il trouva que l'électricité avait été constamment négative. Tous ces effets s'expliquent parfaitement, en

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analysant les réactions chimiques qui x>nt lieu dans ces divers cas.

L'alcool dans un creuset d'argent lui donna de l'électricité négative, ainsi que l'éther. Il fit une autre expérience : ayant pris une grenade émargent, et, après l'avoir fait chauffer fortement , il y injecta de l'eau distillée. À l'instant où il versa les premières gouttes, il sortit par l'ouverture un jet de flammes vives et brillantes; tant que dura la flamme il ne se dégagea pas d'électricité; mais elle se montra aussitôt que la flamme eut cessé. La flamme est la conséquence de la décomposition de l'eau; et il n'est pas étonnant qu'il y ait eu dégagement de l'électricité lorsque l'action chimique est devenue moins vive, parce que la recomposition des délit électricités s'opère moins facilement.

43.Lavoisier et Laplace, dans leurs recherches sur l'électricité que laissent échapper les corps qui se réduisent en vapeur (i), employèrent deux sortes d'appareils, disposés de manière que les corps d'où s'élevaient les vapeurs ou qui se convertissaient en vapeurs, étaient isolés et communiquaient à un électroscope ordinaire, ou à Téleclroscope condensateur de Volta. Ils mirent d'abord dans un bocal à large ouverture de la limaille de fer, et ils «versèrent dessus de l'acide sulfurique étendu d'environ <\e trois parties d'eau. Il y eut une vive effervescence, un dégagement rapide de gaz hydrogène,- et au bout de quelques minutes le condensateur fut chargé assez fortement pour donner une étincelle. L'électricité fut reconnue être négative. Dans cette expérience, il y a encore des phénomènes composés, oxidation du fer aux dépens de l'oxigène de l'eau, dégagement hydrogène, formation de sulfate de fer, trois causes qui donnent lieu à des effets électriques différents. Mais comme le dégagement de gaz hydrogène était considérable, il devait emporter avec lui l'électricité positive, et laisser au vase l'électricité négative.

(i) Mémoires, dé lrAca£ des Sciences, année 1782.

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