CHAPITRE PREMIER. l
plongent dans de l'eau, qui est décomposée par l'action du courant, si Ton interrompt, au bout de quelques instants, la communication, et qu'ayant détaché les lames des extrémités de la pile, on mette les deux bouts libres en relation avec un multiplicateur, tandis que les deux autres restent plongés dans l'eau , on a un courant dirigé en sens inverse du premier. Avec un multiplicateur très -sensible, on obtient les mêmes effets, même lorsque les deux lames de platine ont servi à transmettre dans un liquide un courant électrique provenant de l'action d'un seul couple. La faculté qu'acquièrent les lames dans ce cas, n'appartient seulement qu'aux parties qui ont été immergées dans l'eau , pendant que la pile fonctionnait; car si Ton enlève ces parties, et qu'on plonge dans l'eau celles qui étaient au- dessus, on n'observe aucun effet. L'explication que j'ai donnée, il y a longtemps, de ce phénomène vient d'être sanctionnée en quelque sorte par les expériences de M. Matleucci. Voici cette explication : « Quand deux lames de o platine, plongeant dans une solution saline, font par- <c tie d'un circuit voltaïque, la surface de la lame positive a se recouvre d'éléments acides et d'oxigène, et la sura face de la lame négative d'éléments alcalins et d'hydro- « gène ; ces deux lames se trouvent donc dans le même « état que si la première avait été mise en contact avec « une solution acide et l'autre avec une solution alca- « line; dans les deux cas, les effets sont les mêmes. » .
Quoique l'expérience i;i'eût pas été faite alors avec l'oxigène et l'hydrogène, on pouvait supposer que ces deux gaz, en réagissant l'un sur l'autre par l'intermédiaire du liquide, devaient se comporter comme l'acide à l'égard de l'alcali.
i320. M. Matteucci ayant rempli deux petites cloches de verre, portant des divisions donnant des dixièmes de centimètre cube, de gaz oxigène et de gaz hydrogène purs, il introduisit dans la cloche d'hydrogène des lames de platine qui avaient servi de pôle positif, et sur lesquelles il y avait eu par conséquent un dégagement
ï 4 DES EFFETS ÉLEC. t^ROD. 1>ANS LE CONTACT , ETC.
d^oxigène; des lames négatives furent déposées dans les blocfaes d'oxigène. Le volume du gaz, examiné vingt minutes après Tintroduction des lames, avait sensible* ment diminué. En renversant Texpérience, c'est-à-dire^ en introduisant les lames positives dans le gaz oxigèue et les négatives dans l'hydrogène, il obtint au contraire des augmentations de volume correspondant, en gêné-, rai, aux diminutions qui avaient eu lieu dans l'autre cas. Ces expériences montrent que des couches d'hydrogène et d'oxigène se forment sur les lames décomposantes et y persistent. Pour mettre ce fait hors de doute M. Matteucci a placé des lames dé platine dans Thydrogène et d'auffes lanles dans l'oxigène; il les retira après un certain temps, les mit en relation avec un multiplicateur et les plongea dans de l'eau distillée. Les déviations de l'aiguille aimatotée furent considérables; la direction du courant fut la même que si les lames avaient servi à décomposer l'èau. Il résulte dé là que ces lames, dans l'uii et l'autre cas, avaient acquis la même propriété.
Il faut un temps très-long pour faire disparaître cette propriété : une exposition à l'air, de cinq ou six heures, ne suffit pas; il est nécessaire d'employer la chaleur rouge.
Les lames de platine et d'or sont les plus propres à cette formation. Les courants sont encore les mêmes en employant une lame qui n'a pas été mise en contact avec l'un des gaz, et une autre qui a été plongée pendant quelque temps dans l'uu d'eux; on voit donc que l'hydrogène et l'oxigène, séparés par la pile, en se déposant en couches sur les lames décomposantes, sont la cause de la faculté qu'acquièrent alors les lames de produire un courant secondaire.
iSai. M» Peltier a reconnu, de son côté, que sous l'influence d'un courant électrique une colonne d'eau se charge d'électricité positive du côté du pôle positif, et d'électricité négative de l'autre côté, et que ces deux états électriques diminuent jusqu'au milieu qui esta l'état neu-