‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 128 sur 278 · CHAPITRE PAEMIER. a I · texte numérisé non relu

CHAPITRE PAEMIER. a I

m'engage à exposer ici les recherches de M. Delarive sur Toxidation du platine dans des circûnstances où ou ne l'a pas encore observée.

M. Delarive a observé que des fils de platine, lavés avec le plus grand soin, soit dans la potasse, soit dans les acides , se recouvre en peu d'instants d'une poudre noire, quand, après les avoir plongés dans une solutionacide très-pure, on s'en sert pour transmettre dans cette solution une. succession rapide de courants instantanés , dirigés alternativement en sens contraires. La poudre noire est du platine parfaitement métallique, dans un grand état de division; l'oxidation et la réduction qui succèdent avec une grande rapidité sur la surface des fils par l'effet des couches d'oxigène et d'hydrogène qui les recouvrent alternativement , finissent par désa^ gréger les particules métalliques.

On a fait passer le courant d'une pile de dix ou douze couples, faiblement chargée, dans de l'eau^ distilée, légèrement acidulée, au moyeu de deux surfaces de platine d'une étendue très-différente : l'une avait un millimètre d'épaisseur et deux à trois millimètres de longueur; l'autre formait un long fil ou bien était un morceau de platine spongieux. Les surfaces étaient trèsnettes, et tout était disposé pour recueillir les gaz dégagés. La grande surface fut mise d'abord en relation avec le pôle négatif, et la petite avec l'autre pôle. On eut alors deux fois autant d'hydrogène que d'oxigène. On changea les pôles , et on trouva qu'il manquait deux à quatre centimètres cubes d'oxigène pour que son volume fût exactement la moitié de celui de l'hydrogène; Si on rétablissait les choses dans l'état où elles étaient dans la première expérience, on ne retrouvait plus la quantité d'hydrogène qui avait été dégagée. Il en était de même si, après avoir lavé et décapé la grande lame, on la laissait sécher dans l'air avant deja plonger dans la solution qui devait être décomposée Ces faits nous montrent que la grande lame $p recouvrait d'une légère cou- . che d'oxide, et que l'hydrogène avîiit été employé à dé-

^a DE LOXIDATION DU PLATIITE.

soxider le platine. Aussi ce gaz ne se dégageait»t-il que quelques instants après.

M. Delarive ayant décomposé de l'eau légèrement acidulée dans l'intérieur d'un eudiomètre au moyen des deux mêmes surfaces , la plus petite communiquant avec k pôle positif, il fit détoner le mélange gazeux. Il obtint un excès d'hydrogène, preuve qu'une portion de l'oxigène avait servi à l'oxidation. Les pôles de la pile ayant été changés, tout eu conservant rhyd.rogène, il fit détoner le produit gazeux , et le résidu disparut presque entièrement : ce qui confirme l'explication précédente.

i3a8. Ces faits et d'autres du même genre, ont porté M. Delarive à admettre que le platine, et probablement les autres métaux de la même classe^ ne doivent plus être rangés dans la classe des métaux non oxidables. Mais ce qui établit entre ces métaux et les autres, c'est-à-dire , les métaux oxidables, une grande différence; c'est que les preiiHers ne se recouvrent dans les mêmes circonstances où les autres soxident complètement, que d'une couche d'oxide tvès-superficielle , sans qu'il y ait pénétration ou cémentation, probablement à cause de leur grande densité; mais si l'oxidation et la réduction ont lieu alternativement, très-fréquemment sur la même surfacct, celle-ci finit par se désagréger. Cette désagrégation peut avoir plusieurs degrés , suivant l'intensité de la force agissante. C'est ce motif pour lequel les fils de platine qui ont servi pendant longtemps à décomposer l'eau par l'action des courants , et dont chacun a ,servi alternativement de pôle positif et de pôle négatif, présentent une apparence rugueuse par suite des parties enlevées par les oxidation^ et réductions successives.

On voit par là avec quelle facilité le platine s'oxide sous l'action d'un courant électrique; mais comme il suffit d'une oxidatipn excessivement faible, qui échappe souvent aux investigations des chimistes, pour produire des. effets électriques apprécji^bles à nos appareils, il peut donc se faire que dans nombre de *€as le platine

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