CHAPITRE PREMIER. a
doive son' état électrique k une oxidation non encore appréciée.
M. Delarive fait observer, à cet égard , que dans des expériences où Ton s'occupe de recherches relatives au développement de l'électricité , soit sous la fprme de courant, soit à l'état de tension, en employant du platine, il faut tenir compte, dans les effets observés, de la faculté que possède le platine de pouvoir s'oxider et se désoxider facileinent. Je partage entièrement son opinion sur ce point, et je crois que Ton s'est un peu trop hâté d'annoncer les résultats que l'on avait obtenus, comme des arguments irréfragables en faveur de la théorie du contact.
iSag. Je saisis cette circonstance pour rectifier l'opinion que plusieurs personnes se sont faite de la théorie chimique de l'électricité voltaïque telle que l'a conçue» M. Delarive. Ou lui a attribué cette opinion , que tout développement est dû à une action chin^ique : mais telle n'a jamais été sa pensée. Il a constamment soutenu que le contact de deux substances hétérogènes n'est pas par lui-même une source d'électricité , quoiqu'il puisse être souvent une condition indispensable pour que l'électricité dégagée par d'autres causes puisse devenir sensible. Quant à ses.causes , il admet toutes celles que j'ai déjà fait connaître, c'est-à-dire, la chaleur, la pression , le frottement, l'action chimique, etc.
Cette manière de voir est partagée par toutes les personnes qui ont fait une étude suivie des phénomènes relatifs au dégagement de l'électricité.
§ IV. Observations relatwes à une nowelle théorie du
contact.
i33o. Je ne crois pas trop m'avancer en déclarant que quiconque veut défendre la théorie du contact de Volta, ou en imaginer une autre, sans avoir étudié préalablement les phénomènes électro-chimiques , dont on a fait ^ne>^anien approfondi depuis vingt ans, est dans une fausse
a4 OBSEUV. BELAT. Â UNE KOTJV. THÉOB. DU CONTACT.
route et ne peut que se tromper dans ses investigations. Je ne prétends nullement dire qu'il n'y ait pas dans le coutact des corps une action qui modifie les effets électriques produits dans les réactions chimiques , mais je pense que cette action n'est pas la cause immédiate des effets observés, et qu'il faut la chercher dans les circonstances qui peuvent troubler l'état d'équilibre des molécules des corps.
M. C. J. B. Karstèn nous offre une preuve de ce que je viens d'avancer; dans une lettre adressée à M. de Humboldt (Berlin, ï836) (i), il expose ses vues sur l'électricité de contact. Les conséquences auxquelles il est conduit, ne tendent rien moins qu'à ébranler les théories proposées jusqu'ici pour expliquer les effets de coptact.
Ce savant distingué, sans s'occuper des diverses causes qui président au dégagement de l'électricité et que l'on doit mettre en première ligne dans une question de cette nature, commence par poser en principe que le dégagement de l'électricité est un simple effet de contact.
Les métaux qu'il a soumis à l'expérience sont le platine, l'argent, le cuivre et le zinc, en fils enroulés en hélice à l'une de leurs extrémités, et plongeant successivement dans des dissolutions acides, alcalines ou salines, capables de conduire l'électricité. Les effets produits ont été observés avec un électroscope à feuilles d'or, muni de deux plateaux condensateurs, formés avec deux des quatre 'métaux employés.
Ce mode d'expériipentation introduit dans les résultats des causes d'erreurs qui ne permettent pas d'en tirer des conséquences exactes ; car il est parfaitement démontré aujourd'hui que l'on ne peut compter sur les effets du condensateur qu'autant que les deux plateaux sont en platine, en or, ou en verre doré. .Si ces plateaux sont en zinc, en cuivre ou en argent, le contact du doigt mouillé, avec l'un d'eux, ou la réaction de l'air hu-
(i) Biblib. univ. de Genève, Tom, v, p. \^i.