‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 131 sur 278 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

soiU de zinc et de cuivre, le premier, quelle que soit la nature du plateau , donne toujours des indices d'électri* cité négative , et le cuivre des indices d'électricité positive. Ces effets, que j'ai fait connaître il y a longtemps, proviennent de la différence des actions chimiques produites par le liquide sur chacun des deux métaux, différence qui est en faveur du zinc, métal le plus oxidable ; dès lors ce métal doit toujours prendre Télectricité né^gative.

5® Expérience. Dans celte expérience et d'autres qui la suivent, M. Karsten a eu pour but d'étudier l'état électrique de la partie immergée d'un métal, indépen* damment de l'emploi d'un conducteur étranger ou extérieur au liquide. Il cite, comme premier fait, qu'un métal , notamment le zinc, qu'on laisse quelque temps en vase clos dans un liquide coloré par une teinture végétale rougie par un acide , rétablit la couleur bleue de l'infusion , et en même temps subit une oxidation. Ce fait est une conséquence de l'oxidation du zinc, qui met toujours en liberté dans la solution, soit de la soude ou de la potasse, si elle contient un sel alcalin, soit de l'ammoniaque par suite de la réaction de l'hydrogène mis à nu , sur l'azote de l'air contenu dans l'eau.

Jusqu'ici il n'y a rien de nouveau dans les expériences de M. Karsten ; mais il n'en est pas de même dans l'expérience suivante :

Un fil de platine enroulé en spirale, et terminé ea pointe, a été étroitement enveloppé d'une feuille de zinc, sans être cependant avec elle en contact immédiat ; puis la pointe a été mise sur une petite masse de chlorure d'arr gent, substance insoluble dans l'eau. Quelque tempsaprès^ on reconnut sous la pointe des traces 'de réduction , qui cessèrent bientôt d'augmenter. Cet effet n'avait jamais lieu sans la présence du zinc, et à moins que la surfacç fût fraîchement décapée. M. Karsten a conclu de là que le platine a dû soutirer au liquide l'électricité négative, et qu'ainsi lapartie immergée du zinc était positive. Ce fait intéressant s'explique très-bien dans la théorie électro*

a8 OBSERV. KELA.T. A UNE KODV. THÉOR. DU CONTACT.

chimique. L'électricité positive provenant de Toxidation du zinc est soutirée inégalement au liquide par toute la surface de platine, en plus grande quantité par la pointe que par les autres parties, d'où résulte un courant qui rend la pointe négative.

M. Delarive est disposé à croire que ce phénomène est dû simplement à la difficulté qu'éprouve l'électricité positive du liquide à passer dans le platine, vu sa faible tension et la résistance que présenté à sa propagation son passage du liquide dans le platine. Cette difficulté étant moindre vers la pointe, c'est par là que pénètre l'électricité positive, ce qui explique la décomposition du chlorure d'argent.

M. Rarsten suppose, au contraire, que l'électricité du liquide est prise par le fil de platine entier, et qu'elle sort au lieu d'entrer par la pointe; il est donc obligé d'admettre que cette électricité est négative; tandis que, si elle entre par la pointe, comme cela doit être d'après ce que nous venons de voir, elle doit être positive. Le résultat observé par M. Karsten est d'accord avec la loi du dégagement de l'électricité dans les actions chimiques; tandis qu'elle est opposée aux conséquences que l'auteur croit pouvoir en tirer.

18^7. L'auteur s'est appliqué du reste à démontrer l'insuffisance de la théorie de Volta, ainsi que la nécessité de reconnaître que la cause principale de l'activité de la pile existe à la surface de contact du liquide et du métal.

Voici les théorèmes sur lesquels s'appuie ce système.

1® Les métaux, peut-être tous les corps solides, deviennent positifs en étant plongés dans un liquide; celui-ci devient négatif.

a^ Quand le corps n'est pas immergé en entier, les deux parties prennent des états électriques contraires.

3® Les corps diffèrent beaucoup , quant à leur force électromotrice, avec un même liquide, et c'est sur cette différence que repose l'activité électrique, chimique et magnétique de la pile.

CHAPITBE PREMIER. a^

4^ Qiiand deux électromoteurs de force différente sont plongés dans un même liquide, sans y être en contact, le plus faible prend rélectricité opposée à celle du plus fort, et devient par conséquent négative.

5° La partie de lelectromoteur solide la plus faible possède également l'électricité contraire à celle de la partie immergée.

6** L'énergie électromotrice d'un liquide dépend de sa faculté d'acquérir, par la présence de deux électromoteurs solides dissemblables, un état en vertu duquel il cède plus ou moins facilement ses électricités contraires aux mêmes . électromoteurs. Tous les liquides mauvais conducteurs possèdent en général cette faculté; mais elle n'appartient ni aux liquides parfaitement iso* lants , tels que les^huiles grasses, etc., ni aux liquides très-bons conducteurs, tels que le mercure et les métaux liquéfiés. L'énergie électromotrice d'un liquide ne dépend cependant pas uniquement de son pouvoir conducteur, mais en outre, à ce qu'il paraît, de plusieurs autres conditions non encore suffisamment connues.

7** Les effets électromoteurs d^ deux métaux, formant avec un liquide un circuit fermé^ résultent du dégagement et de la recomposition continue des électricités con* trairesdans le liquide. Ces effets sont excités parla relation électromotrice des deux électromoteurs inégaux envers le liquide; ils sont favorisés par la relation électromotrice de l'électromoteur le plus fort envers le plus faible, et sont accélérés par le contact immédiat des deux électromoteurs, eh tant qu'ils sont de bons conducteurs pour l'électricité.

8^ Les changements chimiques dans la pile sont à la vérité liés à la recomposition, au moyen des corps .solides qui la composent , des électricités mises en jeu ; mais il n'existe pas, entre ces phénomènes, de dépendances de causes et d'effets.

9"" Dans une réunion de piles élémentaires ( pile de Volta), les électricités contraires se neutralisent com-

30 OBSEHV. RELAT. À VTXIR ITOUV. THiOR. BU GOVTACT.

plétement par les corps solides de chaque élément, et il n'y a pas de transmission d'électricité d'un élément à l'autre.

Je ne pousserai pas plus loin l'examen de la théorie de M. Karsten, attendu que les détails dans lesquels je suis entré suffisent pour montrer que les bases sur lesquelles elle repose sont inadmissibles dans l'état actuel de la science. Je n'en ai parlé avec détails qu'eu raison de l'importance que quelques personnes ont voulu lui donner, pour défendre la théorie de Yolta.

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