CHAPITRE X
ques-unes de leurs propriétés physiques j comme on le croyait jadis.
Si l'on examine encore l'avant -dernier tableau, on trouve que les séries positives et négatives des intervalles moyens ne donnent pas la même différence. Les nombres négatifs sont inférieurs aux nombres positifs ; mais Tordre des réisultats positifs et négatifs n'est pas le même* Ainsi, en comparant les nombres moyens qui représentent pour l'instant la tension isolante, on trouve que dans l'air, l'hydrogène, l'acide carbonique, le gaz oléfiant et l'acide muriatique, la tension s'élève plus quand la plus petite balle est rendue positive que lorsque elle est négative, tandis que dans l'oxigène, l'azote et le gaz de charbon , c'est l'inverse.
Les expériences précédemment décrites (i4o6) montrent que les gaz possèdent tous sensiblement la même capacité inductive. D'un autre côté, les résultats que je viens de faire connaître nous prouvent que ces mêmes gaz n'ont pas le même pouvoir isolant; il faut donc en conclure que ces deux propriétés sont essentiellement distinctes l'une de l'autre.
Quand on passe des diélectriques gazeux aux diélectriques liquides ou solides, tels que l'air, l'essence de térébenthine et la laque, si l'on augmente l'intensité de l'induction jusqu'à ce que la décharge ait lieu, on trouve qu'elle doit être plus élevée dans le liquide que dans le gaz, et plus élevée encore dans un solide que dans un liquide. Ces effets tendent donc à prouver que le pouvoir isolant est en rapport avec le nombre de particules , puisqu'il est d'autant plus grand que les corps sur lesquels on opère renferment plus de particules sous le même volume.
En considérant donc le pouvoir isolant dans les diélectriques non conducteurs jusqu'au point le plus élevé qu'ils puissent atteindre, on trouve que sa dernière limite est une décharge de rupture, laquelle se présente à nous, comme on sait, sous les formes d'étincelle et de lueur«
l/|"a JÈTIJVCÉLLK OtT tUMIÈRE lÉLECTRIQUE.
§ IV. Étincelle ou lumière électrique.
i4î5. M. Faraday considère Fétîncelle comme une décharge ou affaiblissement de Tétat de polarité iiiduc* tive dans lequel les particules d'un diélectrique ont été mises par l'action d'un corps électrisé. Toutes les particules préalablement polarisées retournent à leur premier état normal dans l'ordre inverse de celui dans lequel elles l'avaient quitté. La marche de l'étincelle ou de la décharge dépend évidemment du degré de tension que possèdent les particules dans la ligne de décharge.
L'instant delà décharge est probablement déterminé, suivant lui , par la molécule du diélectrique qui , d'après les circonstances, atteint rapidement lemaximum de tension. Dans les cas où la tension passe d'un conducteur dans un autre, cette molécule est à la surface de l'un d'eux. Il pense aussi que la tension de cette particule ^ui est nécessaire pour produire la décharge, est une quantité ^constante, indépendante de la forme de la partie du couducteur en contact avec elle, que ce soit une balle ou une pointe, et de l'épaisseur ou de la profondeur du diélectrique dans lequel se développe l'induction.
Je me borne à énoncer l'opinion de M. Faraday sur les causes qui déterminent la production de l'étincelle sans chercher à la combattre ni à la défendre, attendu que les faits manquent pour connaître au juste la vérité.
14^6. Les caractères de l'étincelle varient dans différents gaz, peut-être en raison de la chaleur dégagée, et du rapport spécifique des forces inductives propres à leurs particules.
Dans l'air, les étincelles ont cette lumière intense et cette couleur bleue si connue ; elles ont souvent des - ^ parties claires ou obscures dans leur trajet, quand la quantité d'électricité qui passe est peu considérable. Dans l'azote elles sont belles et elles ont la même apparence générale que dans l'air, mais elles ont décidément une couleur bleue ou pourpre, et elles sont accompagnées