‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 189 sur 278 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

d*uii son très-remarquable. Bans l*oxîgène les étincelles sont plus blanches que dans l'air ou dans l'azote ^ mais non aussi brillantes. Dans l'hydrogène elles présentent une belle couleur cramoisie, qui n'est pas due à sa faible densité, puisque ce caractère s'efface quand l'atmosphère est raréfiée; le son est faible, ce qui est une conséquence de sa condition physique. Dans le gaz acide carbonique, la couleur est semblable à celle de l'étincelle dans l'air, mais avec un peu de couleur verte, et les étincelles sont plus irrégulières. Dans le gaz hydro-chlorîque sec, l'étincelle est presque toujours blanche sans partie obscure.

Dans l'oxide de carbone, l'étincelle est quelquefois verte, rouge, et tantôt l'une, tantôt l'autre. Quelquefois on aperçoit des parties noires dans la ligne de l'étincelle. Ces variétés de caractère sont dues à un rapport direct des pouvoirs électriques avec les particules du diélectrique à travers lequel a lieu la décharge, et ne doivent pas être considérées comme les simples résultats d'une

ignition acciden telle .-

L'étincelle peut s'obtenir dans divers liquides, comme l'essence de térébenthine, l'huile d'olive, la résine, le verre. On peut l'obtenir également darts le blanc de baleine, l'eau , etc.

14^7. J'ai étudié, avec mon fils Edmond, le développement de l'étincelle, à mesure que la distance entre les boules chargées d'électricité contraire augmente. Voici lé résultat de nos observations :

Quand on examine avec attention l'étincelle produite par la décharge de deux conducteurs chargés d'électricité contraire,, qui leur est fournie continuellement, comme les conducteurs de la machine de Nairne, on observe les effets suivants : lorsque les deux conducteurs sont terminés par deux boules d'égal diamètre, placées à deux ou trois lignes de distance, l'étincelle est ainsi constituée : du côté négatif, un point lumineux bien prononcé ; du côté positif, également un point lumineux, mais moins fort, et entre les deux une partie sombre violacée. Si on

l44 DE L^AICRSTTB iÉLECTRIQUS.

vient à écarter les conducteurs, la partie lumineuse négative se sépare en deux parties , qui s'éloignent de plus en plus à mesure que Ton écarte les deux, boules. L'étincelle est alors composée de trois parties lumineuses et de deux parties sombres violacées. A mesure que Ton écarte les boules, la partie luminetise qui s'est détachée du conducteur négatif se rapproche de la lueur positive, et finît par se joindre à elle. Alors il ne reste plus qu'une trèsfaible lueur du coté négatif, et une très-forte lueur du côté positif. Ijes étincelles acquièrent ensuite une telle intensité qu'il est difficile d'apercevoir aucune différence entre leurs parties»

^ V. De Vaigrette électrique.

i4îî8. Il y a plusieurs moyens d'obtenir ce mode de décharge. Il suffit pour cela de fixer à angle droit sur le conducteur positif d'une machine électrique une tige métallique de quelques lignes de diamètre , et arrondie par le bout extérieur.

La main, ou toute autre grande surface conductrice,

f)eut être approchée vers l'extrémité pour augmenter a force inductive. L'aigrette obtenue avec une puissante tnachine au moyen d'une balle d'environ dix -huit millimètres de diamètre , fixée à Tune des extrémités d'une longue tige de cuivré, a l'apparence de la forme représentée fîg. 56. Une petite partie conique, brillante, paraît au milieu de la balle , laquelle se projette loin d'elle, directement à une petite distance ; elle se brise soudainement en une large aigrette de pâles ramifications, ayant un mouvement tremblé, et étant accompagnée en même temps d'un claquement sourd et faible. L'aigrette paraît continue ; mais M. Wheastone a montré que tout le phénomène consiste eu décharges successives et intermittentes. En faisant usage d'une balle plu^ petite, l'aigrette est plus faible, et le son , quoique moins marqué, est plus continu. En se servant d'un fil à bout arrondi, l'aigreite est encore plus faible, mais séparable. Le son, quoi-

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