‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 193 sur 278 · CHAPITRE X. l4d · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. l4d

qu'en raison de sa présence dans l'air , dont il forme les quatre cinquièmes, le pouvoir qu'il possède ait un rapport particulier avec son usage électrique dans la nature. Nous voyons aussi que dans tous les gaz les diverses décharges de rupture peuvent se rattacher les unes aux autres, de telle manière qu'on les suit graduellement, quand elles passent de l'une à l'autre, depuis l'étincelle jusqu'à la lueur, et même jusqu'à un état plus éloigné encore, qu'on peut appeler décharge obscure dont je par* lerai ci-après ; on reconnaît en même temps que chaque décharge possède un caractère spécifique pendant tout le temps qu'elle prédomine,

§ VI. Différence de décharge aux surfaces conductrices

positii^e et négatii^e,

1434* Il y a une différence très- frappante quand on observe l'aigrette de décharge dans l'air aux surfaces positive et négative : c'est un fait établi depuis longtemps. L'intelligence de cette différence est de la dernière importance, pour la physique électrique, puisqu'elle ne peut manquer de jeter un grand jour touchant l'action moléculaire des diélectriques sur les phénomènes d'induction.

On disait jadis qu'une pointe chargée positivement donnait des aigrettes dans l'air, tandisque la mémepointe^hargée négativement donnait une étoile ou point lumineux; mais si des pointes métalliques s'avancent dans l'air libre, leur lumière positive et négative diffère très-peu en apparence, et l'on ne peut observer entre elles une différence qu'après un examen attentif. L'effet varie beaucoup suivant diverses circonstances. On peut établir ainsi le fait : si l'on se sert d'un fil métallique avec une extrémité arrondie dans Tair libre pour produire l'aigrette de décharge, alors Jes aigrettes obtenues quand le fil est chargé négativement sont très-faibles et très-petites ea comparaison de celles qui sont produites quand la décfaiarge est petite. Si Ton considère une grande balle de ttiétal en

I 5q DIFF. de DÉCH. aux sur?. C0]VD. POSIT. ET NÉG.

rapport avec la ip^chine électrique qui lui fournit de 1 électricité positive, et qu'on en approche graduellement une pointe non isolée, on voit sur celle-ci , quand elle çst à une grande distance, une étoile qui, devenant plus brillante, ne change pas de fornie jusqu'à ce qu'elle 8oit (out près de la balle ; si la balle est chargée négativement, I4 .pointe, à une distance considérable , présente Une étoile ponoïne précédemment; mais quand ou la rapproche jusqu'à la distance de quelques centimètres, il se forma une aigrette qui s'étend , et quand elle est encore plus près, à trois ou quatre millimètres, cette aigrette cesse et il passe des étincelles brillantes. Ces effets présentent toute la série des différences, et ils semblent montrer à la fois que la surface négative tend à conserver , sans changement , son caractère de décharge, tandis que la surface positive , dans de pareilles circonstances, admet de grandes variations.

1435. Quand les aigrettes négative et positiye distinctes sont produites simultanément dans l'air , la première a presque toujours une forme contractée, ayant beaucoup de ressemblance avec la forme que présente l'aigrette positive elle-même, quand elle est influencée par le voisinage latéral des parties positives agissant par induction. Ainsi une aigrette sortant d'une pointe dans l'angle rentrant d'un conducteur positif, a la forme comprimée, fig. 60. Le caractère de l'aigrette négative n'est pas affecté par la nature chimique des substances des conducteurs, mais seulement par leur pouvoir plqs ou moins conducteur.

La raréfaction de Tair ordinaire autour d'.une balle négative ou d'une pointe émoussée facilite le développement de l'aigrette négative , l'effet paraît plus grand que d^ns l'aigrette positive. Dans l'air , la supériorité de l'aigrette positive est bien connue; dans l'î^zote, elle est au$si grandie ^t rnêrçe plus que dans l'air. })fix\s l'hydrogène, l'uigrett^ positive perd uqe partie de^sfi supériorité, ^9* ^0 n est pas aussi marquée que d^ns Tazote et dans ïm >: tftudis qm l'^igçette négative ne pariait pjus af-r

Page 1