CHAPITRE PREMIER
avec M. Delarive, que dans la pile de Volta les deux, électricités réunies aux deux pôles ne sont autres que celles qui proviennent de la réaction chimique du liquide sur les couples extrêmes, lesquelles échappent à la recomposition. Si leur intensité paraît augmenter avec le nombre des couples, cela vient de ce que les couples intermédiaires opposent un obstacle d'autant plus grand à leur recomposition que le nombre est plus considérable.
Vient-on à fermer le circuit avec un fil métallique, les deux électricités extrêmes le parcourent immédiatement , parce qu'ils éprouvent moins de difficulté à se recombiner par son intermédiaire, qu'en suivant l'intérieur de la pile. Dès lors , si l'on parvient à retarder suffisamment par un moyen quelconque la recomposition des électricités produites dans la réaction de l'eau acidulée sur un métal, on aura des effets semblables à ceux d'une pile. Il ne faut pas perdre de vue pour cela que, dans la» réaction chimique de deux corps l'un sur l'autre, en communication avec un troisième, corps solide ou liquide, si l'on veut recueillir le plus d'électricité possible, il faut disposer l'appareil pour que le meilleur conducteur soit le corps qui est destiné à la recevoir. Revenons à l'appareil hydro-électrique simple.
i'® Expérience. Dans un verre MN de quelques centimètres de diamètre (fig. 66), on verse de l'acide nitrique concentré; on plonge dedans un tube AB, fermé à sa partie inférieure avec un bouchon d'argile d'un centimètre d'épaisseur, humecté d'une solution de sel marin et de potasse, et coiffé d'une toile pour empêcher l'argile de tomber; ce tube est rempli d'une solution concentrée de potasse, comme dans les expériences précédentes. On plonge encore dans le verre MN un autre tube CD, de quelques millimètres de diamètre, traversé par un fil de platine , fermé à la lampe dans le haut , et rempli d'acide nitrique. Une lame de platine plongeant dans la solution de potasse est mise en communication avec ce fil. Dès rinstant que cette communication est établie , il se dégage abondamment du gaz oxigène dans le tube
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AB, comme il est dit dans le mémoire ci-dessus relaté. Dans le tube C D , on n'observe aucun dégagement de gaz, mais Tacide nitrique se colore successivement en vert , puis en bleu , en passant successivement par toutes les nuances intermédiaires* Cette expérience démontre évidemment que dans la chaîne hydro-électrique^ Tacide nitrique est décomposé par l'action du courant qui résulte de la réaction chimique de Tacide sur Talcali. Toutes les fois que le fil du tube CD n'est pas immédiatement en contact avec l'acide nitrique, le dégagement de gaz cesse dans le tube AB. Cette condition est remplie quand le tube CD contient de l'acide sulfurique à différents degrés de densité, et est#fermé par en bas avec un bouchon d'argile. *Dans la réaction de l'acide sur l'alcali^ l'acide prend l'électricité positive, l'alcaU l'électricité négative ; dès lors la lame qui se trouve dans la potasse est le pôle positif, et le fil qui est dans l'acide le pôle négatif. L'acide nitrique perd dans cette circonstance peu à peu de son oxigène, et se change en acide uitreux qui se dissout dans l'acide nitrique; selon le degré de concentration de la dissolution^ la couleur de la liqueur passe successivement du jaune au vert et au bleu.
a® Expérience. Si l'on emploie, au lieu d'acide nitrique, de l'acide sulfurique étendu de moins de la moitié de son poids d'eau , il se dégage encore de l'oxigène sur la lame qui se trouve dans la potasse , mais en moins grande quantité que dans l'expérience précédente. Sur la lame négative il y a un dégagemeijt de gaz hydrogène correspondant. Quand l'acide renferme une grande quantité d'eau, le courant électrique n'a plus assez de force pour décomposer l'eau.
3® Expérience. Si dans le tube A B ou en met un autre, également fermé avec un tampon d'argile d'environ un centimètre de longueur, et rempli d'une solution de sulfate de potasse, et qu'on y plonge la lame de platine entourée d'une bande de papier tournesol, cejle-ci ne tarde pas à rougir. On voit par là que l'électricité qui se dégage dans la combinaison de la potasse avec l'acide