‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 212 sur 278 · CHAPITRE II. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. l

du plus léger contact avec un métal pour faire naître une vive effervescence. M. Faraday pense que, dans cette circonstance, le mercure agit en amenant la surface dans une condition uniforme, qui détruit l'action de ces petits jpouples voltaïques. Toute la surface du zinc étant recouverte, on conçoit qu'une partie ne puisse agir comme déchargeur vis-à-vis d'une autre; il en résulte que tout le pouvoir chimique de l'eau, à la surface, est dans cette condition d'égalité qui , quoique tendant à produire un courant électrique à travers le liquide sur une autre plaque de métal, ne présente pas d'irrégularités au moyen desquelles une partie ayant des affinités plus faibles pour Foxigène , puisse agir comme déchargeur vis-à-vis d'une 2|utre.

Deux conséquences importantes résultent de l'amalgamation du zinc ! la première est que l'équivalent complet d'électricité s'obtient par l'oxidation d'une certaine quantité de zinc; la seconde, qu'une batterie construite avec du zinc ainsi prépare, et chargée avec une dissolution d'acide sulfurique, n*est pas altérée, du moins }a zinc, tant que les électrodes ne sont pas unis.

Avec une batterie composée comme il vient d'être dît , l'action sur le zinc amalgamé est en proportion avec la décomposition dans la cellule expérimentale. Quand le courant est retardé, il est aussi retardé dans la batterie; il résulte de là que l'acide des cellules reste actif pendant plus de temps que d'habitude; de là une action consftante qu'on ne peut obtenir avec le zinc ordinaire, en opérant comme on le fait ordinairement.

On conçoit qUe l'action ne soit pas régulière dans les couples ordinaires, attendu que la perturbation apportée dans le liquide par le gaz, amène à chaque instant sur la surface du zinc des quantités inégales d'acide qui ne décapent pas de la même manière les surfaces. On aurait pu croire que le zinc amalgamé était très-inférieurpour la force au zinc commun, à cause du mercure qui, recouvrant toute la surface, ne permet pas un contact aussi immédiat entre le zinc et l'acide; mais il n'en est

l84 TENT. FAITES POtTR EXPL. l'iNACT. DU ZINC AMA.L,

pas ainsi. En effet, lorsque Ton soumet à l'expérience, dans les mêmes circonstances, deux couples égaux de zinc et de platine, et qui ne difïèrent l'un de l'autre qu'en ce qu'une des lames de zinc est amalgamée et l'autre ne l'est pas, on reconnaît que le courant de zinc amalgamé est très-puissant', relativement à Tautre.

Pour rendre compte de cette différence, qui est en faveur du zinc amalgamé, on peut dire que le zinc non préparé agit directement et seul sur le liquide, ce que ne fait pas 'le zinc amalgamé; le premier, par l'oxide qu'il produit, neutralise rapidement l'acide en contact avec sa surface, de manière à retarder les progrès de l'oxidation; tandis qu'à la surface du zinc amalgamé, l'oxide formé est à l'instant enlevé par le nouvel acide, et la surface polie du métal est toujours prête à agir sur l'eau, avec d'autant plus de force que le courant électrique a plus d'énergie.

§ II. Tentatives faites pour explique?^ rinactisfité du

zinc amalgame.

1 455. M. Grovea fait quelques expériences sur l'inaction du zinc amalgamé dans l'eau acidulée, dans le but d'expliquer aussi cette singulière propriété ; les résultats auxquels il est parvenu ne sont pas sans intérêt pour le lecteur.

Lorsqu'on décompose, au moyen delà pile, de l'eau acidulée, si l'on met quelques globules de mercure au fond du vase oîi se trouvent les électrodes de platine , on remarque que lorsque l'électrode négatif touche le mercure, il est toujours amalgamé; si l'on touche l'électrode négatif avec l'électrode positif, celui-ci est de même aussitôt amalgamé.

De même, le mercure qui a fonctionné dans l'eau acidulée comme électrode négatif 'd'un appareil voltaîque, jouit de la propriété d'amalgamer le platine et le fer ; des lames de ces deux métaux qui ont servi d'électrodes négatifs, peuvent aussi s'amalgamer par simple contact avec le mercure.

M. Grove, -qui a étudié ces effets avec soin , a reconnu

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