CHAPITRE IX. a8 I
pôle positif. Même embarras avec les flammes: on ignore en outre à quelle partie de la flamme appartient le phénomène unipolaire. Voici, au surplus, ce que dit M. Ohm relativement à l'explication de l'unipolarité des flammes à gaz d'hydrogène : si l'on met les deux fils polaires de la pile dans la partie lumineuse d'une flamme, la vapeur d'eau formée entre ces fils suffit pour mettre la pile en action et produire par conséquent des décompositions. Autour du fil. positif, il se dégage de Toxigène qui oxide le métal s'il est de nature oxidabFe; autour du fil négatif il se dégage du gaz hydrogène qui forme une couche non conductrice, laquelle j)roduit des phénomènes unipolaires positifs. Si cette expHcation est exacte, comme j'ai tout lieu de le croire , les effets ne doivent pas être les mêmes en opérant avec* les fils d'un métal non oxidable.
iSay. L'acide sulfurique concentré présente une action remarquable sous le rapport unipolaire. Pour la mettre en évidence , on interpose de l'acide sulfurique dans le circuit de la pile, au moyen de deux fils de laiton en rapport avec les deux pôles; quand on touche L'acide ou le fil négatif avec le doigt , ou n'importe quelle portion d'acide sulfurique, le pôle négatif perd son électricité, tandis que l'autre acquiert sa plus forte tension. En touchant, au contraire-, le fil positif, le pôle correspondant se décharge , et l'autre atteint son maximum de tension. L'acide sulfurique est donc un corps unipolaire négatif, et qui plus est,. un corps unipokire très-puissant, comme l'expérience le montre; mais sa faculté unipolaire diminue et disparaît bientôt tout à fait en ajoutant peu à peu de l'eau. En unissant le fil négatif et l'acide par un conducteur liquide, les deux électromètres tombent en même temps comme Ife saivon ; le courant passe alors avec facilité. Il est probable que dans ce cas l'action décomposante du courant est trop faible pour déposer sur le fil positif des matières isolantes en quantité suffisante pour mettre obstacle au courant. L'acide sulfurique cependant se distingue du savon par cette circons-
aSa DES CAUSES qui DIÉTER. l'uWIP. DANS CERT. COND.
tance particulière , qu'on peut prendre aussi j au lieu du conducteur humide, certains métaux, sans nuire pour cela à la force du courant. Si du fil de laiton communiquant au pôle positif, on conduit dans Tacide un àrc d'or du de platitie , le courant qui était d'abord arrêté se montre av^c une grande forcé, et toute tension ali pôle disparait. L'ét^in et le plomb produisent des effets semblables, mais non pas tout à fait au même degré que l'or et lé platitie.
i5a8. Au lieu des fils de laiton, on peut prendre des fils de einc^ et même de cuivre et d'argent : les effets sont les mêmes.
On voit donc qu'il y a des métaux^ tels que le laiton, lezinCj le cuivre et l'argent, qui donnent à l'acide sulfurique des qualités unipolaires; et d'autres, tels que l'or, le platine , le plomb et l'étain , qui ne jouissent pas de cette propriété. Les premiers se recouvrent, par l'action des courants, décomposés non conducteurs, qui ne se dissoUent pas ou se dissolvent difficilement dans Tacide, tandis que les autres ne donnent lieu à aucun effet de ce genre.
i5'i9. M. Ohm. a fait une série de rechei^ches poulanalyser les phénomènes produits avec de l'acide sulfurique, en employant une pile de a5 couples et un multiplicateur dont lie fil fok-mait 8a circonvolutions*
Les expériences ont été faites de la manière suivante: l'un des bouts du fîl du multiplicateur a été soudé à la plaque inférieure de la pile, et à sa plaque supérieure a été soudé un gros fil recourbé, en communication initnédiate avec une plaque de cuivre horizontale. A coté de -cette plaqué on a mis le vase de verre destihé à recevoir l'acide sulfarique, et de l'autre côté une plaque de cuivre semblable à la précédente et soudée à l'autre bout du multiplicateur. t)es arcs de platine*, d'or, d'argent, de cuivie, db laiton, etc., étaient préparés pour les expériences. La cottlniutiication entre les deux plaques et l'acide a toujours été établie avec deux arcs de même métal; puis la déviation de l'aiguille aimantée notée de deux minutes en