CHAPITRE IV
prononcée qu'on Tavait observé à bord de quelques bâ* timents.
1097. 1"^'^^^ ^^^ '^^ principales observations qui ont été faites jusqu'ici sur la comparaison des doublages eii cuivre et en bronze; elles nous indiquent en résumé :
1* Que sur le cutter le Renard y à six reprises différentes, les pertes éprouvées par le cuivre et le bronze, soit à la mer, soit en repos, sont entre elles dans le rapport à peu près de 2, 1 5 à i ; que les dépérissements des feuilles qui s'usent le plus sont dans le rapport de 3 à I ; que l'examen des carènes, sous le rapport de l'attache des coquilles, n'a signalé aucun désavantage pour le bronze; enfin, que le bronze, à égalité de pro* prêté des deux bords, présente sur le cuivre l'avantage d'une surface plus lisse et pUis unie;
2® Que M. Brunel, en Angleterre, sur le paquebot le FroliCy a confirmé les résultats précédents ;
3** Que sur la corvette \ Ariane^ après un séjour de deux ans dans une mer tranquille, le rapport n'a été que de 1,07 à i au lieu de 2,i5 à t; .
4^ Que sur le brick le Bisson^ dans un premier examen , le rapport des pertes a été le même, mais le cuivre a été corrodé au point d'être hors de service, tandis que le bronze n'offrait rien de semblable ;
Que dans des examens subséquents le rapport a d'abord été de 0,52 , puis de \o[\^ et s'est enfin rapproché de celui que l'on avait obtenu sur le Renard;
5® Que les essais tentés sur les bâtiments marchands ont confirmé les premiers résultats que le Renard avait fournis.
On voit donc que, sauf quelques exceptions, l'expérience a démontré que le doublage en bronze avait- un avantage marqué sur le doublage en cuivre.
1098. Nous ne quitterons pas ce sujet important sans ajouter quelques observations à celles que nous avons déjà présentées précédemment, touchant l'infiuence de l'action chimique de l'électricité sur l'altération du cui-
- vre, du bronze, et en général des métaux, par l'influence
Jd RJÉSULT. DES EXPill. GOHPAH. FA.ITES SUR, ETC.
d'agents extérieurs. Toutes les fois qu'une krtie d'un métal oxidable, parfaitement homogène, est exposée à l'influence d'agents capables de l'altérer, toutes les parties sont également attaquées , et l'actioti chimique de l'électricité dégagée dans la réaction ne peut exercer au** eune influence sur elle; mais pour peu qu'il y ait défaut d'homogénéité^ provenant de parties qui n'ont pas toutes la même force de cohésion ou de toute autre cause, il n'en est plus de même ; ces parties deviennent les pôles de couples voltàïques; celles qui sont le plus attaquées sont les pôles positifs, celles qui le sont le moins les pôles négatifs t dès lors l'action chimique éprouve une activité nouvelle- Ces effets doivent se reproduire dans des lames de métal passées au laminoir, attendu que la pression forcée qu'elles éprouvent rompt l'homogénéité en déterminant des déchirements^ des solutions de continuité partiels qui sont surtout sensibles dans les alliages comme le bronze , qui se prêle difficilement au laminage* Dès lors il est presque impossible d'obtenir à^s résultats identiquement les mêmes avec des lames placées dans les mênies circonstances, si leur constitution n'est pdd absolument semblable; aussi voyons-nous que le bronze qui avait servi au doublage du Frolie après plusieurs voyages, avait une surface très-rugueuse, effet que Ton a attribué à ce que les feuilles étaient pailleuses quand on les a appliquées sur le bâtiment. C'est par une cause du même genre que le doublage en cuivre du brick le Bisson a été corrodé dans un nombre si considérable' de points qu'on a été obligé de le remplacer.
Il résulte de là, que si l'on veut obtenir les plus grands effets avec le doublage en bronze, il faut que l'on apporte tous les soins possibles au laminage de^ lames, afin qu'elles soient homogènes dans toutes leurs parties. Si cette condition n'est pas remplie complètement , on sera exposé à voir le bronze se détériorer plus fortement dans certaines parties que dans d'autres. Jusqu'ici on lamine à froid \t bronsse et oit le réunit Ji une.
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température rouge obscure, après trois passages sous le laminoir; s'il était possible de le laminer à chaud, le métal aurait plus d'élasticité, il y aurait moins de déchirements, et Ton aurait rempli les conditions voulues pour assurer l'homogénéité aux lames« Nous devons ajouter aussi que les clous qui servent à fixer les lames de bronze doivent être composés du même alliage et doués, s'il était possible , de la même force de cohésion.
Î099. 11 ne faut pas croire que le bronze puisse être conservé indéfiniment dans l'eau de mer , sans éprouver de décomposition; tout ce que l'on peut désirer, c'est que cet alliage ait un avantage marqué pour sa durée sur le doublage en cuivre.
Les observations suivantes, qui sont dues à M. Robert, prouvent que le bronze finit par se décomposer complètement dans l'eau de mer. Cet ingénieur nous a remis un morceau entièrement décomposé, détaché d'une lame dé brolize qui était restée deux ans dans une eau de mer tranquille. Ce morceau avait l'aspect d'une éponge, les parties n'avaient aucune cohérence et présentaient un volume beaucoup plus grand qiiè celui qu'il avait avant sa décomposition ; il s'en forme également sur les doublages en cuiyre pur, mais ils sont plus difficiles à se procurer, parce qu'ils sonttnoins adhérents.
Ce même ihétal se perce en très-peu de temps aux endroits où il se forme des dépôts de sels, et les ouvertures ainsi formées sont parfois aussi tranchées que si oïl les avait faites avec un emporte-pièce. Dès qu'une petite cristallisation de ce genre s'établit, elle est d'abord imperceptible, puis l'on voit le métal se creuser dessous, à une profondeur proportionnée au développement que la couche a prise. M. Robert nous a transmis aussi quelques renseignements concernant les effets produits sur des cuivres protégés et sur des cuivres non proté» gés. Sur les doublages protégés ce sont des composés connus sous le nom de cendi^s bleues ou vertes. Sur les cuivres non protégés, la couche qui se forme est verte à l'extérieur et d'un rbuge foncé à sa face de con^
7 a ALTERATIOJV Dli PLOMB.
tact avec le cuivre; dans le premier cas, l'oxide est adhérent et ne se détache qu'en poussière ; dans le deuxième, c'est-à-dire quand la couche rouge existe, il suffit d'une chaleur capable de le dessécher pour qu'il se lève en écailles et en plaques.
On a remarqué avec raison que l'altération des métaux qui servaient au doublage des vaisseaux commençait sur les arêtes dans les parties des lames qui avaient été pliées; nous en avons déjà dit la cause, nous la rappellerons de nouveau. Dans ces parties, les molécules ont été mises dans un état forcé, la force de cohésion est moins grande; dès lors elles sont plus accessibles à l'influence des agents extérieurs, et comme les portions environnantes sont moins attaquées, il en résulte une foule de couples voitaïques dont l'action augmente l'énergie des altérations.
I ICO. Dans la marine marchande, on double les vaisseaux en zii)c,à cause de son bas prix. Ce doublage dure, dit-on, autant que celui en cuivre. L'expérience a prouvé que lorsque les lames de zinc sont chevillées et clouées en fer y il n'existe aucune action réciproque de l'un de ces deux métaux sur l'autre^ bien qu'ils soient en contact immédiat ; i| en est encore de même quand les clous sont étamés. Cela vient probablement dé ce que la couche de sous-oxide de zinc s'oppose à l'action voltaïque.'
Nous croyons avoir rapporté tous les documents que l'on a pu recileillir jusqu'ici sur les moyens de perfectionner le doublage métallique des vaisseaux. Nous devons en appeler maintenant à l'expérience pour connaître des faits de détail que la thciorie ne peut indiquer. ,
§ VU. Altération du plomb.
iioi. Lorsque le plomb reste exposé à l'air, sa surface se recouvre d'une couche de sous-oxide de plomb , d'une couleur bleu-grisâtre, dont la teinte devient de plus en plus foncée.
Ce métal s'altère également dans l'eau. L'effet est tel-
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lement sensible que si ron conserve pendant quelque temps de l'eau distillée dans un vase de plomb, elle ne tarde pas à acquérir la propriété d'exercer une faible réaction alcaline sur les papiers à réaclif.
i f oa. GuytonMorveau et Philips Yorke(i), qui ont fait quelques expériences à cet égard, ont observé les effets suivants : lorsque l'on conserve du plomb dans de l'eau distillée aérée, il se forme de l'hydrate de plomb et l'eau dissout , aôoa de son poids de cet hydrate ; de l'hydrocarbonate en très-petits cristaux brillants et de l'oxide anhydre en petits cristaux dodécaèdres en lamelles grisa* ires. Ce dernier produit se sépare par cristallisation de la dissolution aqueuse et se dépose sur les corps étrangers. Toute action cesse si l'eau est parfaitement privée aair.
Quand l'eau tient en dissolution une petite quaiftité de sel, son action est considérablement diminuée et il ne se forme qu'un peu d'oxide.
T i.o3. Le plomb est employé dans une foule de cas , en raison de son prix peu élevé et de la propriété qu'il possède d'être réduit en lames très-minces; c'est pour ce motif qu'on en couvre les toits des édifices, qu'on en fait des réservoirs et des tuyaux. On a remarqué que le plomb laminé, employé à couvrir les bâtiments, éprouve un genre de décomposition assez singulier; il se fendille, s'effeuille, comme si toutes les parties se désunissaient, et finit par s'oxider complètement; aussi évite-t-on de se servir de lames de plomb ainsi préparées, quand il s'agit de les exposer à l'air humide.
Le plomb, comme tous les métaux qui s'altèrent spontanément, jouit de la propriété , en raison des effets électro-chimiques qui en résultent, de décomposer les solutions salines avec lesquelles iiest en contact. A l'instant où il s'oxide^ s'il se trouve dans un lieu humide où il se produit une grande quantité d'acide carbonique, il se
(t) Philosoph. mag.y août id34<