‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 50 sur 278 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

ACTIONS CHIMI^Ulâ BIVERSES QUI DOIVENT ÊTlUi PRISES EN COlfSlDâfUTION DANS LES PHENOBlikNES GÉOIjOGIQUES.

•§ Vé De faction simultanée des matières sucrées et mucilagineuses sur les oœides métalliques par r intermédiaire des alcalis et des terres^

1186. Nous sommes naturellement conduit., puisque nous traitoos des actions lentes , à examiner l'action si« multanée des matières subrées et mucilagineuses sur les oxidea- métalliques^ ainsi quf^les sels qu'ils forment aye<; différents acides^ puisque les eaux minérales renferment fréquemment des matières organiques qui peuvent réagir Hir lès compoi>és métalliques des roches qu'elles traverseat.

Yoguel (r) a fait voir que beaucoup de sels métalliqUiCft pe.uvept être décomposés par un grand nombre de substances du règne organique. Suivant ce chimiste. Je principe sucré se trouve au premier rang. Ayant traité plusieurs de ces sels à la température de l'eau bouillante, il a ob|enu ks résultats suivants : La dissolution de l'i^étate de ciuivre est décomposée par le sucre; l'a* cide acétique se dégage j il se précipite du protoxide de cuivre, et la liqueur surnageante est un proto-acétate de cuivre. Les autres espèces de sucres partagent jusqu'à

(i) Journal de Pharmacie, t. i, p, ft4i<

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La gomme est loin de produire un effet semblable, comme nous allons le voir. I,.es alcalis et les terres ne précipitent pas la dissolution de gomme dans l'eau, mais si l'orf ajoute du deutoxide de cuivre à 1 état d'hj-drate, il se forme aussitôt un pi-écipité floconneux blanc de gomme et d'oxide de cuivre. Si l'en ajoute suffisamment d'oxide, on peut précipiter par ce moyen toute la gomme : c'est sous l'influence de la potasse que cet effet se produit. Quand la dissolution renferme en outre une pelite quantité de matière sucrée, celle-ci réagit aussitôt sur l'excès d'oxide de cuivre, le dissout et colore en bleu la dissolution. Cette propriété de la gomme, qui diffère essentiellement de celle du sucre , dans les mêmes circonstances, nous fournit un moyen très-simple de reconnaître la présence de l'une et de l'autre dans une dissolution composée de produits organiques. On commence par dissoudre dans le liquide uu excès de potasse, puis on ajoute du deutoxide de cuivre également en excès , qui précipite toute la gomme : dans le cas où il y a une matière sucrée, la dissolution se colore aussitôt en bleu; par exemple, le mucilage que l'on obtient par une décoction de farine de graine de lin , donne , par la potasse et l'bydrate de cuivre, un précipité analogue à celui de la gomme et de l'hydrate de cuivre , et la dissolution.se colore légèrement en bleu, comme si elle renfermait un peu de matière sucrée. Ct'tte dernière réaction est-elle due au mucilage que renferme la graine de lia? nous ne le pensAns pas; car ce mucilage, quand il est isolé des autres substances contenues dans la graine , ne jouit jpas de la propriété de dissoudre l'oxide de cuivre par l'intermédiaire de la potasse. Il paraîtrait d'après cela que la décoction de graine de lin r Une petite quantité de matière sucrée. M. Vai dans l'analyse qu'il a faite de la graine de lin , n'a mention de matière sucrée; mais cette substance s'j peut-être en quantité si minime qu'il fallait une i trèâ-sensible pour en constater la présence. Le que nous venons d'indiquer, en raison de sa se

ï38 DE l'aCT. SIMULT. DBS MAT. SUCRÉES, ETC.

et de la facilité avec laquelle on le met en pratique, pourra être dé quelque utilité aux botanistes et aux chimistes. Les résultats que nous venons dVxposer s'obtiennent à la température ordinaire; mais si Ton soumet les dissolutions à l'action de la chaleur>,les efFets changent.

Prenons une dissolution de sucre de canne ; de pcH tasse et de deutoxide dans l'eau, dans des proportions telles que le sucre et la potasse soient quatre ou cinq fois plus considérables en poids que le detftoxide : la couleur bleue change aussitôt que l'ébullition commence; elle devient verte, vert-jaune, jaune-rouge, puis rouge; tout le deutoxide est alors changé en protoxide qui n'éprouve plus ensuite aucun changement, quelle que soit la durée de rébuliition. Si l'on ajoute successivement de l'oxide de cuivre jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de protoxide , on parvient à décomposer entièrement tout le sucre , et il ne reste plus dans la dissolution que du carbonate de potasse et une petite quantité d'acétate de la même base ^ comme on pouvait le prévoir en raison des observations électro-chimiques exposées précédemment. On reconnaît la présence de l'acide acétique en. versant de l'acide sulfurique sur le 'résidu de la dissolution évaporée à siccité^ Le sucre de lait se -comporte à fit)id comme le sucre ordinaire à l'égard du cuivre et de la potasse; mais si l'on traite la dissolution par la chaleur, l'oxide de cuivre passe à l'état de protoxide, puis est réduit à l'état métallique; effet que l'on n'obtient jamais avec le isucre de canne : outre les différences entre les propriétés chimiques qui existent entre les deux substances, celle que nous venons d'indiquer peut servir à les distinguer l'une de l'autre.

- Les oxides d'or, d'argent et de platine, soumis aux même^ expériences que l'oxide de cuivre, sont réduits à l'état métallique , comme par le procédé de Voguela Les oxides de fer, de zinc, de cobalt, de nickel, n'épfou* vent aucun changement, quand on les traite par la pc^ tasse et le sucre de lait. Si l'on traite par la ebaleur

OHiPITRE VIII. iSg

3 grammes de deutoxide de mercure, avec 7 grammes de sucre de lait, 9 de potasse et 10 d*eau, le mercure est réduit à l'ëtat métallique, soùs forme de pâte : le métal se trouve alors dans un grand état de division , en raison de l'eau interposée entre ses parties. On peut se servir de cette pâte pour fixer le mercure sur lé verre sans l'intermédiaire de l'étain ; il suffit pour ôela de l'étendre en couches très-minces^ et de chauffer légèrement le verre; la chaleur chasse une partie de l'eau, et l'autre partie sert d'intermédiaire entre le verre et le mercure , pour faire adhérer ce dernier. L'adhérence est assez forte pour empêcher qu*un choc un peu fort imprimé au verre n'en détache le métal. Nous croyons qu'une des causes de Padhérence doit être attribuée atissi à la présence d'une petite quantité d'oxide de mercure dans le métal; car l'on sait, d'après les expériences de M. Dulong, que le mercure peut adhérer au verre en raison de l'oxide qu'il renferme. On parvient, par le même procédé, à fixer sur le verre les amalgames d'or et d'argent : nous n'en faisons mention ici que parce qu'il se pourrait faire qu'on eût besoin de semblables surfaces métalliques, dans des expériences sur la lumière ou la chaleur.

I^a chaux , et par suite la baryte , et la strontiane ne se comportent pas comme les alcalis à l'aide de la cha* leur, par rapport à l'oxide de cuivre et aux matières sucrées. Nous avons vu que les alcalis foiit passer l'oxide, suivant la nature de la matière sucrée , à l'état de pro- , toxide ou bien à l'état métallique : la chaux , qui dissoul facilement cet oxide par l'intermédiaire des mêmes matières, ne jouit pas de la propriété d'opérer une de ces deux réductions à l'aide de la chaleur; elle détermine un précipité jaune- orangé, formé de protoxide , de cuivre et de chaux, dont on connaît aisément la nature en le traitant par l'ammoniaque. La baryte et la strontiane donnent lieu également à la formation d'un protocupraté de baryte et de strontiane ; l'action spon*^ tiinëe produit les mêmes effets , eC l'on peut même s'ea

]4o DE LA CRISTAL. DE QUELQ. OXID. METAL., ETC.

servir pour accélérer la formation des cristaux de carbonate hydraté de chaux , car le deutoxide de cuivre , eu passant à Fétat de protoxide, cède une partie de son oxigène au carbone ; l'acide, carbonique se combine alors avec la chaux, et il se précipite sur les parois du vase un protocuprate de chaux orangé.

On peut obtenir également du protocuprate de potasse et de soude.

§ II. De la cristallisation de quelques oxides métalliques par t intermédiaire du peroxide de potassium.

1 1 88. Puisque nous cherchons tous les moyens que la nature a pu employer pour former les substances qui se trouvent dans les diverses formations de la terre, nous ne devons omettre aucun de ceux dont les sciences physiques et chimiques peuvent disposer pour faire cristaU liser divers composés, entre autres les oxide^ métalliques dont plusieurs n'ont pu être obtenus eu cristaux réguliers par aucun des moyens dont disposent la chimie et ielectro-chimie.

Nous avons eu l'idée de prendre pour dissolvant le peroxide de potassium, qui, eu raison de son degré d'oxigénation , ne doit pas posséder la faculté de former avec eux des combinaisons aussi stables que la potasse, qui est une base plus énergique.

On sait que lorsqu'on chauffe de la potasse dans un creuset d'argent découvert, elle fond, perd une partie de son eau et prend à l'air, en échange, de l'oxigène

f)our se transformer en peroxide de potassium. Quand e creuset est refroidi , vient-on à jeter de l'eau sur le peroxide, il y a dégagement d'oxigène. Cela posé, si l'ou met dans un semblable creuset un demi-gramme de deutoxide de cuivre, avec a ou 3 grammes de potasse à l'alcool, et que l'on porte la température, pendant quelques minutes, jusqu'au rouge naissant, le deutoxide s'y dissout complètement. La dissolution étant refroidie, si

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