‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 58 sur 278 · CHAPITRE Tt. t^y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Tt. t^y

lîiaS. M* Fournet a étudié, pendant son séjour à Pontgibaud, la formation du kaolin dans les filons, dans les parties inférieures des basaltes et à la surface du sol. Ce kaolin provient bien des granités, gneiss et basaltes décomposés superficiellement dans leur place originaire. En suivant Taltération de ces roches, depuis la surface du sol jusqu'à irtie certaine profondeur, il a trouvé : i° une zone supérieure de couleur jaune ou rouge, due à la suroxidation du fer; a® urie zone mitoyenne de couleur verte très-prononcée ; 3° une zone inférieure offrant tous les caractères d'un granité jntact, ' mais qui se désagrège complètement au moindre choc. Il a trouvé enfin au-dessous, en liaison intime avec la précédente zone, le granité solide et non altéré. On voit donc que la décomposition de ces roches a été successive et a commencé par la'partie la plus voisine du sol ; dès lors elle est due aux influences atmosphériques.

Nous avons eu occasion de faire des observations semblables dans le Limousin. *

laaô. Dans les Vosges, on a remarqué que le granité est profondément désagrégé, sur les pentes horizontales seulement, près de leur contact avec les for- .mations secondaires. Il est probable que cet effet est dû en partie à ce que le contact du granité et des roches secondaires est accompagné de solutions de continuité plus ou moins sensibles, qui favorisent les infiltrations des eaux et par suite l'action des agents atmosphériques, suivie de réactions électro-chimiques.

M. Fournet a cherché aussi à se rendre compte de la manière dont s'opère la décomposition des granités, il part pour cela du principe que leur masse a été successivement désagrégée par suite d'un effet de dimorphisme qui a changé leur texture cristalline. Il faut donc admettre que les parties constituantes de ces roches , lors de leur formation, se trouvaient dans un état d'équilibre instable qu'elles ont perdu peu à peu par des influences atmosphériques ou autres. Cette supposition est trèsadmissible, puisque nous avons déjà cité plusieurs

lf& DES DiCOMPPSITIONfl PBS GRA^ITITES.

substaaces qui jouisâent de cette propriété (1062).

On est assez porté, en outre, à partager cette opinioa, quand on examine ce qui se passe dans les basaltes et le& phonolilhes* On voit d'abord une série de petites taches grUes, plus ou moins rapprochées et rayonnantes,qui résultent d'une division extrême des parties et ne peuvent provenir que des effets de contraction et de dilatation, lesquels divisent ordinairen^nt la masse sans la porphyriser* L'altération continuant toujours , la masse se divise eu une multitude de fissures, dirigées ordinaire* ment suivant trois plans rectangulaires qui déterminent une désagrégation totale cuboîde, ou plutôt sphérique, par rémoussement des angles. L'exfoUation , par couches concentriques, survient après par suite du gonflement de la masse. L'état de désagrégation des diverses parties qui se détachent est tel que les agents chimiques , qui se trouvent dans l'air ou à la surface de la terre, les atta*» quent facilement et les convertissent en un corps argiloïde coloré par le fer.

Au $urplus, il n'est pas invraisemblable que les molécules des roches d'origine ignée prennent, à l'instant de leur Solidification, un état d'équilibre instable qui se perd peu à peu pour faire place à un autre plus stable qui change la structure même des corps, puisque M. Gustave Rose a trouvé liik dimovphisine dans les py* roxènes et les amphiboles , selon que l'on soumet ces substances à un refroidissement brusque ou à un refroi* dissement lent, et dans l'acide arsenieux viti*eut récemment sublimé, qui éprouve aveo le temps el peu à peu une opacité complète en perdant de sa densité et acquérant plus de S8lui3ilité dans Teau.

D'un autre coté^ ne saii^on pas que les pyrites cristaUiseat sons Aeu\ formes, l'une cubique « l'autre pris» oaatique. La forme priscnatique na serail^Ue pas une forme imitable, attendu qu'eÛe est sujette à l^efiAores-» «enee , tandis que la. pcemiàve aérait la forme stable^ pttî^ qu'elle résiste mieux à Ita décomposition? En Auverg»ne^ WBk Sk i«8ftco«£ré fk« masses d'aorragcMOÎte qui sa dMigi^-»

CB[AÎ>iTRE IL ï^^

gent spontànëment sans décomposition tiltérîeure. Lé grenat et i'idocrase, dont la composition chimique est la même, cristallisent sous deux formes différentes. Le grenat paraît être la forme instable, puisqu'il se décompose dans quelques localités; l'idocrase, au contraire, n'éprouvant jamais de décomposition , est la forme stable.

La désagrégation une fois effectuée, le fer s'oxîde ' graduellement en passant à l'état de protoxide incolore, d'oxide vert intermédiaire et de peroxide hydraté.

Nous rappellerons, à ce sujet, les observations déjà rapportées (io36) , savoir, que lorsque l'attraction moléculaire est détruite, il y a déjà commencement de décomposition. Ainsi, en admettant la désagrégation, supposition très-admissible, les particules des corps recouvrent momentanément leurs facultés électriques propres, qill lés rendent plus aptes à réagir sur lés substances tenues en dissolution dans l'eau qui les mouille.

Ne perdons jamais de vue que lorsque les état^ électriques des particules des corps changent, ces particule^ se trouvent dans l'état le plus favorable pour réagir sut* les corps environnants, attendu qu'il se formé une infinité de petits couples voltaïques, qui produisent des décompositions électro-chimiques.

î 227. Nous ferons remarquer, d'un autre côté, tjue Ton a observé depuis longtemps que lorsque le petunzé commence à s'altérer , sa surface prend une teinte légè» rement rosée et acquiert en même temp^ une faible sateur saline qui ne se manifeste plus quand l'altératiott est plus avancée. Mais comment l'alcali est-il mis erl liberté? 11 faut nécessairement qu'un acide plus puissant que la silice le déplacé de sat combinaison avec cette terre. L'acide carbonique se présente naturellemeht à l'esprit pour opérer cette réaction, attendu qu'il existe dans l'atmosphère et dans l'eau, et qu'il est absorbé et condensé facilement par elle et les Cofps poreux , ce qtii lui permet d'agir avec plus d'efficacité encore. 0^, puisque te petùnié perd un silicate de potassé. îl faut que la sfficfe stoit mise eft liberté à nti ét^t gélatinéte qvA \xn

l8o DES B^GOMPOSItlONS DES CRAlTIt&S.

permet de se dissoudre en certaine quantité dans les eaux et dans les carbonates alcalins. Cette silice, entraînée par ces dissolutions, donne naissance à des cristaux de quartz hyalin, à des fiorites, des agates, des opales, des concrétions de calcédoine, l\ des silicates de nouvelle formation, tels que des mësotypes, des chabasies.

1228. Voici plusieurs exemples qui prouvent que Tacide carbonique, en dissolution dans les eaux, est capable d'exercer des réactions énergiques dont on ne se fait pas toujours une idée nette, quand on ne s'occupe pas des actions lentes:

Dans la vallée de Châtel- Guyon, en Auvergne, les nombreuses sources d'eaiix minérales, chargées de gaz acide carbonique , qui s'échappent de toutes les fissures du granité, exercent une action dissolvante telle qu'elles creusent cette roche et y forment de petits bassins irréguliers qu'elles remplissent de fer hydraté.

Dans un des filons de Pontgibaud, comme nous l'avons déjà vu , une explosion de poudre fit sortir un jet d'eau très-violent, chargé de gaz acide carbonique fortement condensé. L'eau, dans les premiers moments, était surchargée d'une matière argileuse blanche, tenue en suspension. Cette eau avait traversé une masse de baryte sulfatée qui était altérée sur une certaine épaisseur à un tel point que la forme cristalline de la baryte était mise à nu comme dans le moiré métallique.- Ces mêmes eaux avaient attaqué aussi des fragments de stéachiste empâtés dans le feldspath. L'ai tératiou. était si complète qu'il ne restait plus que les grains quartzeux et les lamelles talqueuses.

Les eaux vitrioliques, en agissant sur le feldspath et autres roches ignées , peuvent aussi donner naissance à des hydro-silicates d'alumine.

laag. Enfin, pour mettre dans tout son jour l'influence que peuvent exercer des eaux chargées d'acide carbonique sur les silicates, de manière à amener leur décomposition, nous rappellerons l'expérience déjà citée ( ] 168) qui nous parait assez décisive. Si l'on met dans uneéprouvette du silicate de cuivre nouvellement préparé^

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