‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 74 sur 278 · CHAPITRE PREMIER. 31 î · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. 31 î

decottiposait aussi un poids de prûto-chlorure d'étain qui contenait 3,2 grains de métal. Il en a conclu dès lors cette proportion : 0,4974^ • ^i^ •• 9 équivalent de l'eau : 67,9 équivalent de l'étain ; résultat qui est sensiblement le même qu^ celui que l'on obtient par les procédés ordinaires de la chimie. C'est en suivant une marche semblable que M. Faraday est parvenu à trouver leséquivalenls électro-chimiques d'un certain nombre de corps, qui coïncident parfaitement avec les équivalents chimi* ques ordinaires.

Le procédé employé par M. Faraday indique bien les

moyens de déterminer les équivalents des corps, mais

nullement l'intensité delà force qui agit à chaque instant.

* C'est cette lacune que nous avons essayé de remplir an

moyen des appareils décrits précédemment.

laSS. Quelques développements sur les rapports qui lient les affinités aux forces électriques sont indispensables

On a remarqué depuis longtemps que les éléments qui sont combinés avec le plus d'énergie, sont aussi ceux qui sont décomposés avec le plus de force par le courant, et que les éléments qui sont combinés en vertu de faibles affinités, font ceux qui obéissent le moins à l'action décomposante de l'électricité en mouvement. Il paraît résulter de là que tous les corps composés se séparent sous Tinfluence d'un courant électrique, en raison de la force de l'affinité qui unit leurs éléments. M. Faraday a prouvé en outre, par des expériences décisives, qu'un courant qui traverse l'eau en décompose une portion qui est exactement proportionnelle à la quantité d'électricité que l'on fait passer , en supposant, bien entendu, que la source d'électricité soit la même.

Quand cette électricité traverse une solution , elle rend aux éléments qui sont combinés les états électriques qu'ils possédaient avant la combinaisou, et qui sont précisément ceux qui se sont manifestés quand la combinaison s'est opérée. Or, comme tout porte à croire que les états électriques sont dépendai^ts de$ affinités, i{

%%S CONSIDÉR. Stm MS HilPP. QUI LIKKT LES AFF., ETC.

s'ensuit que^ lorsque deux corps réagissent l'un sur Tau* tre, si Ton pouvait recueillir toute réiectricité qui devient libre 9 cette électricité servirait à mesurer les afBnités, puisque la tension parait en rapport avec des affinités.

D'un autre côté, il est bien établi par les expériences de M. Faraday, i** que les pouvoirs électriques sont définis comme l'action chimique de l'électricité; a® qu'une quantité considérable d électricité, sous forme de courant, ne décompose que peu d'éléments; qu'un grain d'eau acidulée exige, par exemple, pour sa décomposition, un courant électrique continu^ fonctionnant pendant 3 mi-, nutes 4^'^ lequel est suffisant pour maintenir à la chaleur rouge dans l'air, pendant le même temps, un fil de platine de 7-5^^ de pouce de diamètre; '6^ que l'agent électrique est employé seulement à vaincre les pouvoirs électro-chimiques ; d'où l'on peut tirer la conséquence que la quantité qui passe est au moins égale à celle que possèdent les molécules séparées, c'est-à-dire, que si le pouvoir électrique qui tient combinés les éléments d'un grain d'eau pouvait devenir un courant, il seraiC égal au courant nécessaire pour séparer les éléments du grain d'eau; 4^ qu'il existe un accord parfait entre la théorie des proportions définies et celle de l'affinité électro-chimique; d'oïl il résulte que l'on peut considérer les parties équivalentes des corps, comme des volumes qui contiennent d'égales quantités d'électricité, ou qui ont des pouvoirs électriques égaux. Les atomes des corps qui sont équivalents l'un à l'autre dans leur action chimique ordinaire, possèdent donc des quantités égales d'électricité unies à eux.

M. Faraday mesure l'électricité qui passe dans une solution , au moyen de l'action chimique qu^elle produite 11 emploie à cet effet un appareil qui , placé sur la route du courant, peut servir à volonté d'étalon comparatif ou de inesureur absolu de l'électricité. Cet appareil lui a servi à faire voir que l'action chimique décomposante d'un courant est constante pour une même quantité d'électricité, malgré les variations qui peuvent avoir

lieu danft son intensité , dan» les dimensions 4f $ @U ou plaqués employés f et la nature des corps Oonducteurs att travers desc|uels elle paï^se.

La forme des appareils décomposants varie suivant la nature des esipérienccs que Ton a en vue« S^agit«il de* recueillir des substances gazeuses? il se sert de tubes droits gradués . contenant chacun une lame d^ platine et un fil de même métal soudé avec de l'or el fixé par la fusion à Textrémité fermée du tube^ Ces tubea sont remplis d'une solution quelconque, par exemple^ d'une solution d acide sulfurtque dans l'eau; après ed avoir rempli ces tubes ^ on le^ renverse dan» on vas« renfermant le même liquide. Quand il veut comiâîtrs l'influence qu'exercent les dimensions de^ plaqoe»^ il met tous ces appareils en communication les tiiia avea les autres et avec l'appareil valtaique, afin ^ne tout lai système soit traversé en même tempd par le eoorant électrique (Tes! en opérant de cette manière ^u^ik a trouvé que la quantité de gaz était sensiblement la mém^^ quelles que fussent les dimensions des* plaquna el Ui Ratore ded liquidea cootemis^dans 1^ dilKére^s^ afKjxM reils.

M. Faraday a disposé' aussi ti^ois appareils de matfièrtt ^iic le eoiirautf aptes avoir traversé Tan ^eux , se divi« sait en deux antres qui se réunissaient ensuite. It ^ trouvé dans ce cas qpe b son^me des ^omposiridn>s dans lei deux derniers appareils était toojoiu^s égale k Ia dé^oïKM fkosition dans le premier*

Il résulte c^rïfin de toutes les expérielices de M. Faraf* day, qaun courant qui traverse Feau en décompose une portion qui est exactement proporfiounelke'à la q^aamtité d'élestricité qui est passés, indépendamme»! rfes fioni^ breuses différences de variation que cette éfectricité épreuve, pourvu cependant que la source ne cha-n-gé p^as. Ainsi donc, en se garantissai<rt de certains efTets secondaires, tels que des dissolutions ou reeombinai«otiS de gaz^ ^ians le» liquides , tes prottnits âe la décompolitîo«i peuvent servii' » iwesurer l'éleetricité employée,

aa8 coNsiD^R. sur les raï^p. QuiLiEïrr les aff., etc.

1 2 59. On voit parfaitement que, dans les expériences de M. Faraday, il est inutile d'avoir un courant constant, puisque tous les appareils décomposants se trouvant liés ensemble, éprouvent tous en même temps les effets des variations du courant; dès lors les résultats sont les mêmes que si ce courant primitif avait une intensité invariable. Néanmoins il n'est pas sans intérêt pour la science d'établir les rapports qui peuvent exister entre les effets produits et l'intensité de la force mise en mouvement par l'appareil à courant constant. La solution de cette question, si l'on veut remonter jusqu'à la force strictement nécessaire pour vaincre les affinités , présente des difficultés; mais nous ne la croyons pas impossible. Voici le résultat des premières recherches que nous avons faites à ce sujet, en faisant toujours marcher de front la balance électro-magnétique et le multiplicateur à fil court:

- Lorsque l'on fait passer un courant invairiable dans deux solutions de nibt*ate de cuivre à différents degrés de saturation et communiquant entre elles , d'une part avec un fil de cuivre, de l'autre avec deux fils de même métal en relation avec l'appareil décomposjinl, la quantité de sel décomposée est absolument la même dans les deux. On a pris a^''',8 de nitrate de cuivre sec que l'on a fait dissoudre dans io^''',3 d'^au; moitié de la solution a été augmentée de son volume d eau distillée. I^s deux fils de cuivre qui plongeaient dans les deux branches négatives pesaient chacun o^''-,3385. Après 48 heures d'expérience, ces fils pesaient chacun o^'-,36; ils avaient donc gagné en poids o^%02i5. L'intensité du courant exprimée en poids était représentée par o^%oo5.

La déviation de l'aiguille aimantée était égale à 66^1 rintensité du courant ayant été diminuée de moitié, la déviation n'a plus été que de 45°. La quantité de cuivre réduite dans l'espace de 48 heures a été trouvée égale à o*'*,6i, c'est-à-dire, moitié de ce qu'elle était dans l'expérience précédente. *

On a soumis le même fil et les mêmes solutions à l'action 4'un courant faisant équilibre à o8'*,oo3 pendant

Page 1