‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 4)Chapitre 14 sur 119 · DU GALVANISME · texte numérisé non relu

DU GALVANISME

commotion électrique, en touchant, avec son scalpel, l'un des nerfs de l'animal.

Ces deqx fçits, qui ne se rattachaient à aucune de nos connaissance^ en physiologie, n'attirèrent que faiblement l'attention des physiciens jusqu'en 1790, où le hasard, mais un de ces hasards heureux dont un homme de génie sait seul tirer parti, conduisit Galvani , professeur d'anatomie à Bologne, à la découverte d'un principe général dont les applications sont immenses pour la philosophie naturelle, et qui permit aussi d'expliquer les faits précédents. Je laisse parler Galvani (1) :

« Je disséquai une grenouille etla préparai, comme l'indice que la figure (cette préparation est celle qui est encore en ce usage pour exciter la grenouille), et me proposant d'en c< faire toute autre chose, je la plaçai sur une petite table où « se trouvait une machine électrique ; elle n'était sépa- « rée du conducteur que par un petit intervalle. Une des ce personnes qui m'aidaient ayant approché légèrement, ce par hasard, la ppiflte d'un scalpel des nerfe cruraux ff de cette grenouille, aussitôt tous les muscles se conec Jxactfèrent de telle sorte , qu'on aurait dit qu'ils étaient « ^gitps par les plus fortes convulsions. Une autre perçue sonne qui faisait avec nous des expériences sur l'éleccc tricité, remarqua que le phénomène avait lieu seulece ment lorsqu'on tirait une étincelle du conducteur de ce la machine. Tapdis que j'étais occupé d'autre chose, ce et que jp réfléchissais en moi-même, cette personne, ce étonnée de ce fait, vint aussitôt m'âvertir. Pour cela ce je suis fi'un zèle incroyable; et, brûlant du désir de <4 fppé{$r l'expérience, je voulus mettre au jour la cause « jqçqnpue de ce phénomène. En conséquence, je touchai y moi-même, ftyec la pointe du scalpel, l'un et l'autre « des nerfs erpraux, tandis qu'un fie ceux qui étaient *

(i) De Bonouiensi scientiarum et artium Instituto atque Academia Commentarii, "t. vu.

De viribus electricttatis in motu musculari Gommentarius.

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« présents , tirait une étincelle. Le phénomène se prête senta de la même manière; je vis de fortes contracte tions dans les muscles des membres, comme si l'ani- «mal avait été pris du tétanos, et cela au moment « même où l'on tirait des étincelles. » Si Galvani , qui était un excellent anatomiste, eût connu la théorie de l'électricité, il n'aurait vu, dans ce phénomène , qu'un effet du choc au retour, et nous aurions été privés d'une foule de découvertes qui sont venues depuis enrichir la science; mais les mouvements musculaires dont il avait été témoin, lui parurent si singuliers, qu'il voulut en connaître la cause; en conséquence il varia ses expériences* d'une foule de manières. Il commença par répéter les contractions sur plusieurs animaux, en interceptant le cours du fluide électrique qui agissait sqr l'animal ou sur les corps conducteurs. Il trouva que, sur les animaux vivants, les contractions étaient moins fortes que chez les animaux morts; que parmi les animaux vivants, les plus propres à manifester les mouvements de contractiou, sont ceux dont l'âge est le plus avancé, dont les muscles sont plus blancs, et que la préparation de l'animal influe singulièrement sur la réussite des expériences. Galvani chercha ensuite si l'électricité de la foudre produit également les contractions mijsculaires; tout se passa comme avec l'électricité artificielle; il remarqua, en outre, qu'elles s'accroissent eo raison de la proximité du nuage orageux; mais il n'obtint aucun effet avec les lueurs phosphoriques qui se manifestent quelquefois sans orage dans les belles soirées dete.

La découverte la plus importante de Galvani est celle qui est relative à l'influence des métaux différents, dont il armait les muscles et les nerfs, soit dans l'air libre, soit dans Pair clos, et dont le simple contact suffisait pour produire les contractions. Cette expérience, qui est fondamentale, a servi de point de départ à Volta pour exécuter s?s immortels travaux; mais à Galvani appartient la gloire <Paypir fait la, première découverte. Il commença dès

lors à soupçonner qu'il pourrait bien y avoir une électricité propre au système des animaux , laquelle passait des nerfs aux muscles par une loi analogue à celle de la décharge de l'électricité ordinaire dans la bouteille de Leyde. L'arc métallique n'était, suivant lui, qu'un moyen d'établir la décharge entre les muscles et les nerfs. Il employa successivement des arcs composés d'un seul métal ou de deux métaux différents, et reconnut que le phénomène était plus marqué dans le dernier cas que dans le premier. Il examina les rapports de l'électricité animale avec l'électricité ordinaire, particulièrement les divers degrés de la propriété conductrice des substances employées dans les expériences, et trouva que l'eau remplissait les mêmes fonctions que les arcs métalliques, tandis que l'huile ne produisait aucun effet.

D'après l'opinion de Galvani, tous les animaux jouissent d'une électricité propre, qui est sécrétée dans le cerveau, et qui, réside dans les nerfs, lesquelsla transmettent à toutes les parties du corps. Les réservoirs communs sont les muscles, dont chaque fibre doit être considérée comme ayant deux surfaces sur chacune desquelles se trouve l'une des deux électricités positive ou négative; il compara donc les muscles à une petite bouteille de Leyde, dont les nerfs sont les conducteurs.il croyait que le fluide électrique était attiré de l'intérieur des muscles dans les nerfs, et de ceux-ci sur la surface extérieure des muscles, et qu'il en résultait une décharge électrique à laquelle correspondait une contraction musculaire.

§ IL Théories des phénomènes galvaniques. Premiers

travaux de Volta.

La théorie de Galvani fut le sujet d'une longue controverse entre ses contemporains; le plus redoutable de ses adversaires fut Volta, professeur de physique à Pavie, et déjà célèbre dans la science par la découverte de l'électro-

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phore, du condensateur et de l'end iom être. Il s'appliqua à démontrer qu'il n'existait pas d'électricité particulière propre aux animaux, et que ceux-ci ne servaient seulement que de conducteurs, en raison de l'humidité dont toutes leurs parties étaient imprégnées; il exposa ainsi sa nouvelle doctrine dans le journal de Leipsig, t. xxxiv, art. i4, p. 684 :

« Au commencement de cette année je fus appelé à « l'électricité, à l'occasion des phénomènes vraiment ad- « mirables que le célèbre Galvani , professeur à Bolo- « gne, a découverts et décrits, et par lesquels il paraît c avoir démontré qu'il existe toujours dans les animaux « de chaque espèce une électricité quelconque, excitée c d'elle-même par la force de la vie dans les organes, et c par eux-mêmes, ou plutôt que le fluide électrique, « étant naturellement rompu , ne reste plus dans les c nerfs, mais existe dans quelques mouvements continus « ou dans l'effort qu'il fait pour se jeter sur quelques « parties , suivant qu'il est plus ou moins abondant. J'ai « d'abord répété toutes les expériences de Galvani : « j'en ai ensuite examiné les résultats, ce qui m'a donné « lieu de faire plusieurs découvertes qui ont échappé à « Galvani et aux autres physiciens qui, après lui, ont « couru la même carrière ( i ).

« En traitant les principales questions, on n'a pas «encore établi si, dans les expériences galvaniques, les «contractions très-fortes excitées dans les muscles et les «mouvements des membres, a cause du double contact, «d'abord sur le muscle, ensuite sur le nerf de l'animal a bien préparé et disséqué avec soin , mouvements que «personne ne doute devoir être attribués au fluide élee- « trique, qui se porte d'une partie à l'autre, au moyen « de l'arc conducteur; si, dis-je, les contractions ont lieu « parce que ce fluide se dirige de lui-même ou par la

(1) Vol ta avait consigné deux dissertations dans le journal de Brugnatelli (Giornale physico-médicale) , t. xiv, 1797.

« seule force des organes de l'animal , sur telle ou telle « partie, et qu'on pourrait alors appeler une électricité « véritable et propre à l'animal, ainsi que le prétend Gal- « vani; ou si cela arrive quelquefois, comme je t'ai ce vu dans plusieurs cas, parce que les métaux emmployès dans les expériences, étant immédiatement « appliqués sur les parties des animaux pleins de sucs , * peuvent par eux-mêmes et par leur propre vertu, « remuer , exciter, chasser le fluide électrique qui « était en repos, en sorte qu'alors les organes de ta- « nimal n'agissent que passivement. Un y a pas long- « temps, à la vérité, que par des expériences indu- « bitables , j' ai démontré que les métaux et même les « meilleurs charbons de bois étaient non-seulement « les plus parfaits conducteurs de V électricité , mais « même des excitants par le moyen du simple con-

« tact C'est moi qui ai fait la découverte qu'a-

« vec les mêmes corps, on peut troubler l'équilibre de m la matière électrique et créer une nouvelle électrU « cité. Cest réellement par eux-mêmes et par leur m propre vertu , entant qu ils poussent et forcent le «fluide électrique à entrer dans la superficie qu'ils « touchent, ou à en sortir, que les métaux et les char- « bons excitent cette faible électricité, qu'on ne peut « en aucune manière découvrir par les électromètres « ordinaires , quelque bienfaits qu'ils soient, et qui « est assez puissante pour convulsionner les fibres ner- « veuses quelle rencontre et les muscles, sans aucune «friction ou autres moyens 9 pourvu que les métaux « soient convenablement appliqués h Veau ou à des « corps imbus d'humeur aqueuse, tels que les nerfs et ft les muscles des animaux , soit vivants, soit rêcem- « ment tués. » Telles sont les premières idées de Volta sur la théorie du contact.

Je dois ajouter que cet illustre physicien, dès l'origine de ses recherches, démontra que l'on pouvait produire des secousses dans la grenouille, aussi bien avec un seul métal ,

aC PÉRIODE, CHAPITRE PREMIER. 8^

placé entre deux liquides différents, qu'avec dent métaui mis en contact (i).

Une lutte s'établit entre Galvani et Volta ; plus le premier accumulait de faits pour défendre sa théorie , plife le second cherchait à la renverser, en apportant dé -nouvelles preuves à l'appui de son opinion. On crut un instant Galvani vainqueur quand il prouva, aidé de son neveu Aldini, que l'arc métallique n'était pas nécessaire pour exciter les contractions, puisqu'on les observait encore dans une grenouille nouvellement écorchée, eu mettant en contact les muscles cruraux avec les nerfs lorilbaires. Mais Volta répondit sur-le-champ que ce fait n'était qu'une généralisation de son principe d'après lequel tous les corps suffisamment bons conducteurs se constituaient toujours, par leur contact mutuel, dans dettx états électriques contraires.

Volta ne fut pas le seul adversaire qui lutta avec persévérance contre Galvani ; M. Pfaff , professeur à Kiel, entra aussi un des premiers dans la lice; 11 avança (l) que les contractions s'expliquaient très-bien par la force stimulante de l'électricité dégagée, par influence, sans avoir recours à une électricité animale. Il rejeta donc l'électricité positive et négative qui, suivant Galvani, existait à l'intérieur et à l'extérieur des muscles, attendu que cette supposition ne reposait sur aucun fait constaté. Il fit à cette théorie une objection à laguelle il était difficile de répondre : c'est qu'il se produit des contractions à l'instant où l'on ouvre le circuit , tout aussi bien qu'au moment où on le ferme.

Wells observa qu'un seul métal ne pouvait produire les contractions lorsqu'il était très-pur, mais que lorsqu'il était frotté doucement par un de ses bouts sur de l'êtain, ou sur un corps quelconque, il devenait alors capable de produire seul des contractions. Il en conclut

(i) Bibl. brit., t.xnî , p. 237.

(a)Uber Thieresche und reis barkeit, p. 333.

aussitôt que le principe agissant était le fluide électrique (i).

Crève, professeur à Mayence, chercha une explication du galvanisme dans les irritants chimiques (a). Il avança que, lorsqu'on fait communiquer deux métaux, ou un seul, avec du charbon, l'eau qui entoure le musc.e et le nerf se trouve en partie décomposée; j'oxigène, ayant plus d'affinité avec le charbon ou le niéial qu'avec l'hydrogène , abandonne ce dernier , et c'est à cette décomposition que les contractions doivent être rapportées. La Société de médecine d'Edimbourg couronna ce travail, dans lequel l'électricité animale était remplacée par l'irritation métallique.

Fabroni traita la question de l'action chimique des différents métaux entre eux , et de leur application aux phénomènes galvaniques. Il est le premier qui ait envisagé la queslion sous ce point de vue, et je crois qu'on ne lui a pas rendu assez de justice dans la plupart des ouvrages où l'on a exposé le résultat de ses travaux. Il communiqua ses premières recherches à l'Académie de Florence en 1792, deux ans après la découverte de Galvani. Les faits qu'il signalait attirèrent peu l'aMention, parce qu'ils étaient en avant des idées reçues dans la science. On va juger de leur importance (3).

Fabroni avait remarqué souvent que le mercure coulant conservait long-temps son éclat tant qu'il élail seul, mais que son amalgame avec un autre métal quelconque s'oxidait promptentent; que des effets semblables étaient produits but l'étain fin et des alliages de ce métal. En visitant le musée de Cortone, il avait vu des inscriptions étrusques, gravées sur des lames de plomb pur, qui se trouvaient dans un état parfait de conservation, tandis que, dans la galerie de Florence, des mé-

(i)Philos. Ti'ans., 1795 ; a" partie, p. 5gi.

(2) Mémoires de In Soc. médic. d'émulation, I

(3) Recueil pûrioil. de litléi. médic. étrangère.

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dailles en plomb, dans lesquelles se trouvait de l'étain, ou peut-être un peu d'arsenic, étaient entièrement réduites en poussière blanche, quoiqu'elles fussent enveloppées dans du papier et enfermées dans des tiroirs. Il avait observé aussi en Angleterre que les clous de fer dont on se servait jadis pour assujetti* les feuilles de cuivre employées au doublage des vaisseaux, les rongeaient tellement, par leur contact, que bientôt le trou était dilaté jusqu'à surpasser la tête du clou qui les retenait. H admit aussitôt que les métaux exercent ; dans leur contact mutuel, une action réciproque à laquelle on doit attribuer la cause des phénomènes observés. Suivant lui, tout métal, comme tout réactif chimique, a uue tendance à la combinaison avec un autre métal , dès que leurs molécules viennent à se toucher; ce n'est que la supériorité immense de leur force de cohésion qui s'oppose à la combinaison. Le feu n'est nécessaire que pour détruire la force d'agrégation des molécules : les métaux, en exerçant leur force d'attraction réciproque, doivent diminuer d'autant la force d'agrégation respective, d'où il résulte que bien qu'aucun d'eux ne puisse attirer séparément 1 oxigène de l'atmosphère ou l'arracher à l'eau, ils en acquièrent le pouvoir par leur simple attouchement mécanique, attendu qu'ils passent à des combinaisons nouvelles. Il supposa dès lors qu'au moins quelques-uns des effets produits sur le corps animal par les armatures métalliques appliquées aux nerfs et aux muscles recouverts d'une couche d'humidité , pouvaient être attribués à une opération chimique, au passage de Poxigène d'une combinaison quelconque à une combinaison nouvelle. Relativement aux signes d'électricité que Volta avait recueillis, en séparant deux métaux qui avaient été mis en contact, Fabroni regarda cet effet comme trèsnaturel, puisque les opérations chimiques sont accompagnées de marques sensibles d'électricité. Il avoua donc que la cause des contractions était due à Faction chimique et non à l'électricité qu'elle produit, laouelle, suivant loi , n était qu'un effet secondaire qui , à la vé-

ÇjQ THÉORIES DES PHÉNOMÈNES GALVANIQUES.

rilé , pouvait exercer une certaine influence sur la production des phénomènes. Ayant reconnu dans l'expérience de Sulzer que la sensation était à peine sensible , quand il essuyait la larigue, il regarda ce fait comme venant à l'appui de sa théorie, puisque l'action chimique était alors très-faible. Il attribua donc la sensation produite sur la langue à la formation d'une substance sapide.

Il fit d'autres expériences, pour vérifier cette conjecture, que je ne puis rapporter toutes ici, mais qui sont assez concluantes.

Ayant mis dans des vases remplis d'eau des métaux de différentes espèces en contact, deux à deux, il observa que le métal le plus oxidable s'oxidait visiblement à l'instant même du contact. Un mois après, les deux métaux avaient contracté une adhérence si considérable , c|ue, pour détacher une pièce de cuivre jaune de dessus une plaque d'étain , il fallut employer un effort de deux kilogrammes; non-seulement plusieurs métaux s'étaient chargés d'oxide , mais il s'était aussi formé de petits cristaux de différentes figures; il lui parut évident qu'il y avait eu une action chimique comme dans l'expérience de Sulzer, et que le stimulant pouvait être, ou le calorique qui se dégage, ou l'oxigène qui passe à des combinaisons nouvelles, ou enfin un nouveau sel métallique.

En recouvrant d'une légère couche d'huile l'eau du gobelet où étaient les deux métaux en contact, l'oxidation était très -faible et s'arrêtait à un certain point. Elle était également interrompue si l'on excluait le contact libre de l'atmosphère, au moyen d'une petite cloche renversée sur du mercure. Dans quelques cas, si l'on substituait au contact de l'air libre un oxide métallique bien chargé d'oxigène, on obtenait également la combustion du métal.

Enfin Fabroni conclut de ses recherches expérimentales, que le phénomène de Sulzer et les autres effets galvaniques n'étaient que des opérations chimiques. Certes ,

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on ne peut exposer avec plus de précision les phénomènes chimiques qui ont lieu au contact des métaux , et je crois que c'est justice de regarder Fabroni comme lé premier physicien qui les ait observés et qui ait démon* tré la nécessité d'une action chimique dans les effets galvaniques.

Valli ( i ) présenta à l'Académie des sciences tm Mémoire dont voici les principaux résultats : du plomb de vitrier, pris pour armature, ne produit aucun effet avec un excitateur du même plomb , mais il n'en est pas de même en employant du plomb de diverse qualité. Quand une grenouille a éprouvé des contractions pendant un certain temps, et qu'elles diminuent, il suffit de la laisser reposer quelques instants pour la mettre en état d'en produire de nouvelles. Les secousses sont généralement plus fortes lorsque l'on porte l'excitateur, des muscles à l'armature, plutôt que de l'armature aux muscles.

Le gaz hydrogène qui avait asphyxié une fauvette, ne lui enleva pas la propriété de se contracter; il en fut de même d'un chien tué par l'arsenic.

Il remarqua aussi que les différents métaux employés comme armatures ou comme excitateurs, présentaient des phénomènes particuliers suivant leur nature, que l'or et l'argent, par exemple, ne donnaient que des effets très-faibles. Il essaya de prouver que les mouvements que l'on fait naître par le procédé de Galvani diffèrent de ceux que l'animal produit par sa volonté, et que ces deux espèces de mouvements n'ont pas une origine identique (2). On lui doit une observation importante qui prouve combien l'action chimique influe sur les phénomènes galvaniques ; lorsque l'armature est restée quelque temps en contact avec des nerfs, tout mouvement cesse, mais si l'on change l'armature de place, les effets reparaissent. Quoique la plupart des -'■'■' - -

(1) Médecine éclairée par les sciences physiques, t. iv, p. 66.

(2) Hist. du galvanisme par Sue, t.i , p. 54.

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