‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 4)Chapitre 15 sur 119 · RAPPORT FAIT A L INSTITUT · texte numérisé non relu

RAPPORT FAIT A L INSTITUT

expériences de Valli fussent favorables à la doctrine électro-chimique, il n'en adopta pas moins l'idée d'une électricité inhérente aux parties animales, avec cette modification que l'intérieur des muscles est négatif, et l'extérieur positif.

Parrot, de l'Académie de St.-Pétersbourg, fut également un des défenseurs de la théorie électro-chimique ; mais il n etaya pas son opinion d'expériences aussi nettes que celles de Fabroni et des autres physiciens dont je viens de parler.

§ III. Rapport de la commission de Vlnstitut de France; travaux physiologiques de M. de Humboldt.

L'École de médecine de Paris prit un vif intérêt au galvanisme. Une commission choisie dans son sein fut chargée de répéter toutes les expiences qui avaient é té faites depuis 1790 pour constater lès effets observés.

L'Institut national de France, ébranlé par le mouvement général, nomma aussi une commission, composée de Coulomb, Sabattier, Pelletan , Charles, Fourcroy, Vauquelin, Guy ton et Halle, pour examiner et vérifier les phénomènes galvaniques. Cette commission désigna pour son rapporteur Halle, qui avait déjà rempli les mêmes fonctions auprès de celle de l'École de médecine (1).

La commission établit une distinction entre le fluide électrique et le fluide galvanique , et crut voir dans l'organisation animale un principe dans lequel réside l'essence des rapports mutuels du système nerveux et du système musculaire. Elle signala particulièrement, dans son rapport, les faits suivants comme des premiers aperçus.

L'arc animal peut être formé, ou par des nerfs et des muscles contigus entre eux, ou par des nerfs seulement; en raison de cela la partie essentielle est le nerf. Cet arc

(1) Recueil de la Société libre de médecine du Louvre, t. iv, p.a84.

Journal de physique, brumaire et frimaire an vu.

2 PÉRIODE, CHAPITRE PREMIER. ç3

n'est point interrompu par la section d'un nerf ou sa ligature, pourvu que les parties liées ou divisées restent contiguës entre elles.

Ce fait seul me semble établir une différence entre les phénomènes galvaniques et ce qui se passe dans l'action musculaire , puisqu'il suffit de couper un nerf dans un animal, ou de le serrer par une ligature, pour faire perdre la faculté de se mouvoir aux muscles auxquels il se distribue.

Les organes musculaires sont toujours ceux où vont, en définitive, se terminer les nerfs compris dans l'arc animal complet; d'où il suit que les muscles affectés sont toujours ceux qui répondent à l'extrémité de l'arc la plus éloignée de l'origine des nerfs qui le composent. Lorsque l'origine de tous les nerfs qui composent l'arc animal est tournée vers une de ses extrémités, les muscles seuls qui répondent à l'autre extrémité éprouvent les convulsions galvaniques.

La disposition de l'arc excitateur la plus favorable aux contractions est celle où il entre trois pièces au moins de différentes natures, prises parmi les métaux, l'eau, les substances humides , charbonneuses ou animales, dénuées d'épiderme. Cet arc paraît être efficace , lors même qu'il n'est formé que d'une seule nature de substance convenable. La moindre différence de nature apportée dans les parties suffit pour lui rendre l'efficacité que lui aurait ôtée l'identité des substances.

L'influence galvanique paraît s'exciter par l'exercice, s'épuiser par la continuité du mouvement et se réparer par le repos. II résulte de là que la multitude des causes qui influent sur le résultat des expériences galvaniques ', doit inspirer beaucoup de réserve sur les conséquences qu'on doit en tirer. 11 est donc nécessaire, pour l'exactitude des expériences et leur appréciation, de s'assurer de l'état de l'animal, de la manière dont il a été conservé et entretenu jusqu'au moment de l'épreuve, ainsi que de l'état de l'atmosphère.

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