DES DIVERSES PILES
« un pas comparable à celui qu'ont fait faire à ces a sciences, Franklin et Volta, etc., et ce au jugement « de la classe.
« Les étrangers de toutes les nations seront également <c admis au concours.
« Mon but spécial étant d'encourager et de fixer l'at- « tention des physiciens sur cette partie de la physique « qui est, à mon sens, le chemin des grandes décou- « vertes. »
Cette promesse d'encouragement contribua singulièrement à provoquer les recherches auxquelles la pile donnait lieu. L'enthousiasme que Napoléon avait montré pour cet admirable instrument s'accrut encore quand on répéta devant lui les phénomènes de décomposition. 11 fut frappé .d'étonuement en voyant le transport des éléments des sels à leurs pôles respectifs. Après un instant de silence, se retournant du côté de Corvisart, son médecin ^ il lui adressa ces paroles remarquables : « Docteur , voilà l'image de la vie; la colonne vertébrale est la pile; le foie, le pôle négatif, la vessie, le pôle positif.» Je tiens ces détails de Chaptal, témoin oculaire. Quoique cette comparaison ne soit pas exacte , on ne peut s'empêcher de soupçonner que quelque effet semblable peut se produire dans la nature organique.
L'appel qui fut fait aux savants par Napoléon provoqua de toutes parts des recherches sur les applications de la pile. Une société galvanique s'organisa à Paris vers le commencement de Tan xi. Elle était composée de médecins et de physiciens, qui devaient s'occuper spécialement et exclusivement de tout ce qui avait rapport à la découverte de Galvani. Cette société s'organisa, forma des commissions, fit même des expériences; mais il n'en est résulté aucune découverte nouvelle. Il en arrive toujours ainsi dans les réunions composées d'un grand nombre de savants; on discute, puis l'on se sépare. Les découvertes sont ordinairement l'œuvre d'un seul et non de plusieurs.
2e PÉRIODE, CHàPITKE PREMIKR. UK)
MM. Thénard et Hachette, en juin 1801, enflammèrent les métaux par la pile. Un fil métallique, mis en communication avec les deux extrémités dune pile d'une intensité convenable, fut immédiatement en* flammé. Ils considérèrent dans les batteries propres à produire ce phénomène, deux effets, 1 étendue des surfaces et la tension. Ils trouvèrent que la pile à grandes ' plaques fournit, comme une batterie électrique d'une grande étendue, une quantité considérable d'électricité qui, quoiqu'elle n'ait qu'une tension faible, suffit pour enflammer les métaux, résultat qu'on n'obtient pas avec des piles d'une dimension moindre , mais dont le nombre des couples est considérable.
TrommsdorfF expérimenta avec une pile de 180 couples, avec laquelle il produisit plusieurs phénomènes de combustion ( 1 ). Il enflamma une feuille d'or mise en communication avec les extrémités de la pile ,en répandant une vive lumière. Une feuille d'argent brûla avec une flamme bleue; une feuille de cuivre rouge avec une flamme bleud'émeraude.
Van Marum, dans une lettre qu'il adressa à Volta (a), lui annonça le résultat des expériences qu'il fit en novembre 1801, conjointement avec M. Pfaff, en employant une partie de la grande batterie de Tey 1er, composée de 100 verres dont chacun contenait 5 pieds 7 carres d'une surface armée ayant à peu près une ligne d'épaisseur. Van Marum s'assura que le contact du conducteur ne donnait pas plus d'électricité à une batterie que l'action de la machine électrique de Tey 1er, dont le plateau avait 3i pouces de diamètre. 11 fit un certain nombre d'expériences, pour comparer les commotions que donnait la décharge de la batterie, chargée à diverses tensions, par les mêmes contacts du conducteur de la machine électrique , avec celles des charges de la même tension par la colonne. Il eu conclut une identité parfaite du courant de la colonne de Volta et de celui pro- ^■■— — — ■■^•^^— ■» -" — '■■■•"■'«"^■^"-■■■■,~— ^
(1) Von Oeil s chemische. Annalus, 1801, 4e cah-, p. 33j. (1) A«iaU de Ch., n° 1*0, p. 289.