‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 4)Chapitre 58 sur 119 · CHAPITRE TROISIÈME. 4&I · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. 4&I

On les a distingués en climats constants i c'est-àdire dont la température est peu différente dans les diverses époques de l'année; en climats variables et en climats excessifs, qui comprennent ceux dont les différences de température sont très-grandes. Ces éléments n'étaient pas encore suffisants pour la détermination de l'état calorifique d'un pays, on a pris encore en considération l'époque et la durée des grandes chaleurs et des grands froids, qui exercent une influence sur les productions de tout gerire. Tout ce qui précède n'est relatif qu'à la température de l'atmosphère à la surface du sol; car si l'on pénètre au-dessous, on observe d'autres phénomènes. On a été conduit par-là à déterminer la température de la terre à diverses profondeurs; l'examen de cette question est d'une grande importance pour le magnétisme terrestre et les réactions chimiques qui peuvent s'opérer dans l'intérieur du globe.

Cassini avait déjà remarqué dès 1671 que la température des caves de l'Observatoire de Paris n'éprouvait pas de variations sensibles dans le cours de l'année. En 1771, M. Cassini (i), membre actuel de l'Académie des sciences de l'Institut se livra à une suite d'expériences pour étudierce phénomène et, en juillet 178 S, il établit, de concert avec Lavoisier,dans les mêines caves, un thermomètre très-sensible qui sert toujours aux observations. Depuis cette époque, la température s'est maintenue constamment à 1 i°,8a. De ce résultat on a tiré la conséquence que, dans tous les lieux de la terre, il doit exister, à une certaine profondeur au-dessous du sol, une couche dont la température est constante et ne participe en rien des variations qui ,ont lieu à la surface du globe.

En général , il paraît que la température de la couche . invariable d'un point quelconque du globe diffère trèspeu de la température moyenne de ce point à la surface.

(1) Mémoires de l'Acjul. des Scienc, 1776, p. 41,

45a DE LA CHALEUR TERRESTRE.

A Paris, la différence de celle-ci à l'autre dépasse cependant un degré.

La courbure de la couche invariable est difficile à déterminer, attendu que plusieurs causes locales faisant varier sa distance à la surface, on serait forcé de faire un trop grand nombre d'expériences.

D'un autre côté, on s'occupe maintenant de déterminer les variations de la chaleur au-dessus de cette' couche. Déjà quelques observations ont été faites à Zurich, à Edimbourg et à Strasbourg (i), desquelles on a déduit quelques conséquences générales.

M. Ara go s'occupe de cette question depuis quelques années; il a fait placer dans le jardin de l'Observatoire des thermomètres à des profondeurs successivement croissantes et dont il peut facilement observer les indications. Un de ces thermomètres descend jusqu'à a a pieds. Les observations qu'il a déjà recueillies ainsi que leur discussion ne pourront manquer d'intéresser vivement la science.

Nous devons encore dire que la température du sol, dans l'épaisseur de quelques lignes, n'est pas la même jue celle de l'air ambiant, en raison du pouvoir conducteur et rayonnant des substances qui le composent. On a reconnu depuis long-temps que la surface du sol prenait ordinairement pendant le jour des températures plus élevées que celle de l'air et que pendaut la nuit le contraire avait lieu.

Une question d'un ordre plus élevé a occupé les physiciens et les géomètres; c'est celle de l'accroissement de la température au-dessous de la couche invariable à mesure que l'on s'enfonce dans la terre. On avait remarqué depuis long-temps cet accroissement, mais on en ignorait au juste la cause. Boyle croyait qu'il était dû à la décomposition des pyrites; d autres , qu'il prouvait l'existence d'un feu central. Pour s'assurer de ce fait,

(i) Éléments de Physique, t. n, ae partie, p. 654. Pouiliet.

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