‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 4)Chapitre 60 sur 119 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

a° Cette chaleur est constante et excessivement grands dans sou noyau central; à une certaine distance du ceotre, elle commence à diminuer suivant des lois régulières jusqu'à la couche invariahle.

3° Cet équilibre intérieur que nous observons aujourd'hui change avec le temps, et il changera sans cesse jusqu'au moment où la chaleur primitive sera complètement dissipée par sa surface. Mais ces changements s'accomplissent avec une telle lenteur, qu'il faut une longue série de siècles pour qu'ils deviennent sensibles.

4° Ce flux de chaleur venu de l'intérieur, quelque grand qu'il soit, ne peut modifier d'une quantité appréciable ni la température moyenne de la surface elle-même, ni l'ordre des températures qui s'établit suivant les saisons, dans toute Técorce de la terre supérieure à la couche invariable. La chaleur qui provient ces températures provient uniquement de l'action du soleil; elle est accumulée pendant une partie de Tannée et dissipée pendant l'autre, de manière qu'il s'établisse à la fin une exacte compensation.

Les physiciens se sont occupés aussi de la distribution de la chaleur dans l'atmosphère. Ils ont reconnu qu'elle décroît à mesure que l'on s'élève au-dessus de la terre et que ce décroissement ne se fait pas d'une manière régulière, attendu qu'il est dépendant de plusieurs causes locales et atmosphériques.

M. de Humboldt, qui a fait un grand nombre d'observations auprès de l'équateur, dans les Andes de Quito et vers l'extrémité boréale de la zone torride dans les Cordillères du Mexique, a reconnu que, sur les flancs des montagnes, le décroissement de la chaleur n'est pas proportionnel à la hauteur. Il a trouvé qu'il était plus petit entre iooo et 3ooo mètres, ce qui comprend la partie de l'atmosphère où se trouvent ordinairement les nuages, dans les régions équatoriales. Cet effet tient à ce que les vapeurs aqueuses ont un pouvoir absorbant plus grand pour la chaleur que l'air très-pur.

La température des eaux a été aussi l'objet de leurs

investigations. Ils. ont reconnu que celle des eaux thermales éprouve peu de variation dans les diverses saisons de Tannée, et que, dans notre hémisphère, où cette variation ne va pas au-delà de i à a°, elles atteignent leur maximum en septembre et leur minimum eu mars. La chaleur des eaux thermales s'élève quelquefois jusqu'à celle de l'éhullition. On ne sait pas encore au juste sielledoitêtreattribuée à la grande profondeur d'où elles proviennent ou à des causes locales inconnues. Ce qu'il y a de certain , c'est que, dans le voisinage des volcans, il y à fréquemment des eaux thermales, ce qui 'porte, à croire qu'il existe une certaine relation entre eux.

On a cherché aussi à établir les rapports qui peuvent exister entre la température moyenne de l'air et la température des eaux thermales. On a reconnu que, dans la zone torride, elle était en général un peu plus haute que celle des sources et que le contraire avait lieu dans la zone tempérée. M. Boussingault a cherché si la température des eaux thermales était sujette à varier. M. de Humboldt, en 1800, avait trouvé la température de la source de Mariara de 59°,3, MM. Boussingault et Rivero l'ont trouvée, en )8a3, de 64°. A lasStrincheras, dans le plus grand des deux bassins, M. de Humboldt a trouvé go°,/|, et a3 ans plus tard les mêmes observateurs ont trouvé 92°,^ pour la température d'un bassin et 97 pour la température de l'autre. Il semble donc que, depuis iZ ans, la température des sources de Mariara et de las Strincheras s'est accrue de plusieurs degrés. H faut dire aussi que, dans ce laps de temps, un tremblement de terre considérable a bouleversé ces contrées en 181 a. Quant aux eaux qui ne sont pas thermales, leur température dépend des terrains qu'elles traversent. On a la preuve de ce fait depuis que l'on creuse des puits artésiens. La température des eaux qui jaillissent sur le sol paraît être celle des nappes profondes qui les fournissent, puisque leur température, qui est invariable, est d'autant plus grande que le puits est plus profond.

Les navigateurs, chargés de recherches scientifiques,

Page 1