CHAPITRE TROISIÈME
s'occupent de déterminer la température de la mer nonseulement à sa surface, mais encore à diverses profondeurs. Ils ont déjà reconnu que la température de l'air, loin des côtes, éprouve moins de variations que sur les continents; que sur les mers équatoriales, la différence entre le maximum et le minimum de la température du jour ne s'élève pas au-delà de i à a°, tandis qu'elle est de 5 ou 6° sur les continents.
Il en est encore à peu près de même sur mer, dans les régions tempérées entre a5 et 3o°, tandis que sur les continents, la différence va quelquefois jusqu'à ia ou i5°, comme à Paris.
Quant à la température minimum, elle a lieu, comme à terre, à l'instant où le soleil se lève.
Ils ont cherché aussi à comparer la température de l'air à celle de la surface de l'eau ; de leurs observations on peut conclure qu'entre les tropiques, l'air, dans les plus hautes températures, est en général plus chaud que la surface de l'eau. On peut en voir la preuve dans les tableaux, que M. Arago a publiés dans l'Annuaire du Bureau des longitudes pour i8a5.
M. le capitaine Duperrey a été conduit à un résultat inverse en prenant la température de l'air et de l'eau de quatre heures en quatre heures et comparant ensuite * ensemble tou»es ces températures.
Si l'on s'écarte de Féquateur, on trouve que l'air devient moins chaud que la surface de l'eau, et que, dans les régions polaires, il est toujours plus froid.
Ils ne se sont pas bornés à déterminer la température de la mer à sa surface, ils ont voulu aussi savoir comment elle variait à diverses profondeurs. Ils ont d'abord trouvé ces deux faits généraux : entre les tropiques, la température diminue avec la profondeur. Dans les mers polaires, c'est l'inverse. Ce dernier fait est dû aux observations des capitaines Scoresby, Ross, Parry, dans les hautes latitudes.
Dans les mers tempérées qui se trouvent entre 3o°et 700 de latitude, la température est d'autant moins dé-
croissante que la latitude devient plus grande. On commence déjà àla trou ver croissante à peudedistancede 700. Nous n'entreprendrons pas de discuter les causes qui peuvent faire varier la distribution de la chaleur dans la niasse des eaux de la mer, car nous sortirions du but que nous nous sommes proposé dans cette notice. Nous nous bornerons à dire que, sous l'équateur, à 1000 brasses de profondeur, la température est seulement de 6 à 70, tandis que vers les pôles, à 70 brasses de profondeur, elle s'élève à 2 ou 3°.
Voilà à peu près l'état de nos connaissances sur la répartition de la chaleur dans l'intérieur du globe, à sa surface, dans les masses d'eau qui la recouvrent, ainsi que dans l'atmosphère à diverses hauteurs. Nous le répétons, la distribution de la chaleur dans ces diverses parties est indispensable, si l'on veut se rendre compte un jour de l'influence quelle exerce sur les phénomènes de magnétisme terrestre et les actions électro-chimiques, terrestres et atmosphériques.