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baryte avait été mise à nu comme le moiré métallique. Les mêmes eaux avaient exercé une action dissolvante sur les fragments de stéaschiste qui étaient empâtés dans le sulfate de baryte. Ces fragments étaient en partie désagrégés, en partie cariés, et quelquefois il nVu restait plus que les grains quartzeux et les lamelles talque Lises.
La conversion du feld-spath et autres roches ignées en hydro-silicates d'alumine, peut encore avoir été provoquée par des dissolvants faibles, tels que des eaux vitrioliques.
§ IV. Décomposition du fer spathique.
Nous avons vu précédemment des roches qui commencent par se désagréger avant de se décomposer; il en est d'autres qui s'allèrent de la surface au centre en conservant leur forme , sans que Ton puisse remarquer des apparences de désagrégation. L'exemple le plus frappant que je puisse citer de ce mode de décomposition est celui du fer carbonate magnésifere cristallisé ou fer spathique. L'altération de ce minerai a lieu assez rapidement non-seulement à son exposition à l'air, mais encore dans l'intérieur des filons, et quelquefois sans qu'il change de forme.
J'ai examiné sur place plusieurs mines de fer spathique, entre autres celles de Vizille et d'Allevard, département de llsère, et j'ai reconnu, surtout dans la première de ces deux localités où il existe des galeries placées les unes au-dessus des autres, que la décomposition est d'autant plus grande que le minerai est plus rapproché du sol, c'est-à-dire, qu'il éprouve davantage l'action de l'air, de l'eau et des agents atmosphériques. Les mineurs savent parfaitement que plus ou s'enfonce dans la terre, moins le minerai est altéré. Cette marche graduelle de son altération est surtout remarquable à la mine du Vent (Vizille), qui est exploitée presque à fleur de terre. La partie supérieure est devenue toufrir
6o6 DÉCOMPOSITION DU FI* SPATHIQUE.
- fait terreuse, et ne paraît renfermer que de llijdroudé de fer.
Dans le Dauphiné, surtout à Allevard, on voit apparaître quelquefois, au-dessus des terrains qui renferment du fer spathique, des flammes qui port eut le non d'essomnents. Ce phénomène a été observé par un lî grand nombre de personnes, que je crois devoir en (aire mention ici en le décrivant tel qu'on me l'a rapporté, sans en garantir autrement l'authenticité. La hauteur de ces flammes est quelquefois considérable. Là où elles se montrent, on aperçoit des fissures, et si le phénomène se produit dans l'hiver, la neige est fondue à l'entour. En pénétrant dans le sol , on reconnaît que le minerai est fortement altéré; aussi les habitants d'Aïlévard regardent-ils la présence de ces flalhmes comme un indice d'un gîte riche en fer spathique. «
Ce phénomène, si toutefois il existe, doit être attribué à la décomposition des masses considérables de fer apathique qui se trouvent dans cette contrée.
Ce minerai, qui renferme toujours des carbonates de manganèse et de magnésie en diverses proportions, est d'un blanc un peu blond; il prend assez promptemen tune teinte jaunâtre ou brune par l'effet d'une décomposition , et se change en un mélange de peroxide et d'hydrate de peroxide. Il paraît, comme Ta avancé le premier M. Berthier, que le fer et le manganèse, en se suroxidant et se changeant pour la plus grande partie en hydrate, abandonnent leur acide carbonique, qui se porte sur le carbonate de magnésie et le transforme en bicarbonate soluble que les eaux entraînent facilement.
Le résultat de la décomposition du fer spathique nous annonce donc une oxidation et une formation d'hydrate, etparconséquent la présence de l'eau; dès lors, ne pour* rait-on pas admettre qu'une portion de cette eau a été décomposée pour oxider le fer, et que l'hydrogène est devenu libre ? Mais, comme ce gaz n'a pu se dégager qu'après avoir acquis une tension suffisante pour vaincre la résistance que lui présentaient les roches adjacentes r il
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a du s'accumuler dans les cavités, d'où il a fait éruption à l'extérieur en brisant ces roches. A l'instant de soû contact avec l'air, il aura pu s'enflammer à la manière des météores qui voltigent quelquefois à la surface de 1$. terre clans certaines localités.
Les gangues ordinaires du fer*pathique sont :le quarts la baryte sulfatée; il est accompagné de fragments de diverses roches, de pyrites de fer et de cuivre, de galène, dé cuivre gris, de fer oxidé magnétique, etc. Toutes ces sub* stances doivent éprouver des effets plus ou moins marqués de la décomposition du fer spathique. Aussi les personnes qui veulent acquérir quelques notions sur les altérations qu'éprouvent, dans la terre, les substances minérales, doivent-elles porter "toute leur attention sur les gisements de ce minerai. Quelques exemples donneront une idée des réactions qui s'y opèrent. M. Ghapert a trouvé dans une mine de fer spathique, abandonnés depuis long-temps, un morceau de bois recouvert dé cuivre carbonate vert soyeux, qui provenait indubita* blement de la décomposition des pyrites cuivreuses. Dans la même localité, il a recueilli des cristaux d'ar* ragonite, qui peuvent avoir été produits par le remaniement du carbonate de chaux qui accompagne quelquefois le fer spathique. Je dois faire remarquer que les galeries de mines de fer spathique sont ttès-fréquem* ment inondées. L'eau renferme du fer tenu en dissolu* tion par l'acide carbonique, lequel se dépose peu à peu sur le sol sous la forme d'ocre. M. Ghapert a fait une observation qui n'est pas sans intérêt pour l'électrochimie. Lorsque certains minerais de fer spathique ont été grillés et qu'on les abandonne aux actions spontanées^ il se forme en quelques jours du sulfate de magnésie, du sulfate de fer et même du carbonate de cuivre. JNous reviendrons plus tard sur les diverses réactions qui s'opèrent alors.
Dans les mines de fer d'Allemont, surtout dans celle qui porte le nom du Grand-Bois et dont le mi complètement décomposé, puisque ow
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poussière, on trouve plusieurs substances qui sont évidemment de nouvelle formation , entre autres du carbonate et du sulfate de plomb, qui ont dû être produits par la décomposition du sulfure de plomb; j'y ai trouvé aussi en abondance du sulfate de chaux cristallisé, du cuivre carbonate vert soyeux sur des morceaux de quartz; du fer hématite concret ionné, recouvert de peroxide de manganèse d'au brillant argentin. Ces deux produits sont évidemment le résultat de la décomposition du fer spathique et du remaniement par les eaux des perox'ides de fer et de manganèse.
J'ai déjà mentionné les altérations de certains sulfures, je Crois devoir y revenir pour signaler quelques faits qu'il est nécessaire de connaître.
On dislingue quatre suites de pyrites: la pyrite commune, qui se trouve dans tous les terrains et dont la décomposition est assez rapide; la pyrite blanche, qui a la même composition, mais non plus la même forme-: quelques-unes se conservent bien à l'air, mais la plupart s'effleu rissent et se transforment en sulfates. Il parait que cet effet vient, suivant M. Berzelius, de ce que ces dernières sont mélangées mécaniquement de protosulfure de fer qui entre promp terne nt eu décomposition. Les pyrites magnétiques sont des combinaisons de proto et de persulfure de fer. Quelques variétés se décomposent à l'air et se changent en hydrate de peroxide sans changer de forme : ce sont particulièrement celles qui renferment de l'or.
Parmi les substances qui résultent de la décomposition des pyrites, on cite particulièrement: i° le sulfate
neutre de fer; a" le sulfate terreux ou pittizile de M. Berzelius, substance jaune brunâtre, resinoîile ou terreux, compacte, mamelonné ou terreux; 3° l'ocre
, matière pulvérulente, d'un jaune brun
i qui provient de la décomposition à l'air du sel neutre; enfin, des sulfates doubles de fer et d'alumine, de manganèse, de chaux , de zinc , etc. Les pyrites cuivreuses donnent également naissance par leur décomposition au sulfate
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de cuivre, à des sous-sulfates ainsi qu'à des doubles sulfates.
Je ne puis entrer ici dans l'examen des transformations qu'éprouvent d'autres sulfures; je les exposerai avec détails en traitant de l'altération des différentes substances minérales.
Je dois dirç cependant que les pyrites se forment quelquefois dans les tuyaux de conduite de certaines eaux minérales, comme M. Lonchamp en a observé à -Chaudes- Aiguës , et moi-même à Aix, en Savoie.
§ V. Des altérations des laves et des produits
qui s'jr)forment.
Si nous portons nos regards sur les roches volcaniques anciennes et modernes, nous voyons que les filons de basalte altèrent ou ont altéré les substances qui les environnent. Dacosta, qui a comparé le calcaire de la chaussée des Géants avec celui qui est en contact avec le basalte, a trouvé des différences notables. Dans le calcaire qui est en contact, la cassure est devenue brillante, sa dureté est un peu plus grande, sa pesanteur spécifique a augmenté sensiblement. Quant à leur composition, il n'a trouvé de différence que dans la silice, qui est nulle dans le calcaire à distance. Il résulte de là que le contact du basalte a modifié simplement le mode d'agrégation du calcaire, sans changer la quantité de leurs parties constituantes, puisque l'un et l'autre- n'ont pas perdu leur eau. Cette différence cependant, dans le mode d'agrégation , n'est pas toujours constante, car M. ferongniart (1) n'en a trouvé aucune à Âubenas (Ardèche) dans un filon de basalte très-compacte traversant des couches également régulières de calcaire compacte.
Le granité se décompose facilement dans le voisinage
(1) Diction, des Scienc. nat. , t. lviii, p. 37a.
$10 DES ALTER. DES $4YE? ET JfcJ$ jf*<W* QUI SY FORM.
£$$ filous de basalte , comme ou eu a des preuves darçs les îles d'Ecosse et. aux environs de Clermont. Les frag- Wents de granité que Ton trouve dans le basalte ont, au contraire, une couleur gris jaunâtre et une cassure brillante.
Le schiste argileux se change en schiste siliceux ( îles d'Ecosse) ou en une masse jaspoïde (siegen Druidenstein, près Heckersdorf ).
Le grès se crevasse, les substances métalliques se s^ bliment, l'argile se fond. Le lignite perd son bitume^ ainsi que la houille, qui se change en anthracite. Tous ces changements ont été produits très-probablfinsnt quand le basalte possédait une température élevée.
Toutes les laves des volcans éteints n'éprouvent pas des décompositions capables de rendre leurs éléments à la végétation. Ces décompositions dépendent plutôt de la na* tare des laves et de leur mode d'agrégation que de leur aj^ çienneté relative, car en Auvergne et dans le Vivarais il existe encore des coulées qui sont aussi intactes que si elles venaient de s'épancher sur le terrain, tandis que des laves du Vésuve, qui ne sont pas d'une origine très ancienne, sont déjà rendues à la culture. Cette différence tient à leur structure, et c'est pour ce motif que les laves vitreuses n'éprouvent que des altérations excessivement lentes.
En Auvergne, les laves pyroxéniques se décomposent visiblement plus vite que les laves labradoriques de Corne, de la Nugère de Pariou. Ce qui prouve que la nature de.s laves a de l'influence.
Les débris de roches qui ont été entraînés par des cours d'eau de nature quelconque et qui se sont mêlés avec des corps organiques de diverses natures, ont donné naissance, suivant la grosseur des fragments, soit à; des roches d'agrégation dont l'origine est bien aqueuse, soit à des dépôts qui ont formé des terrains de sédiment qu'on appelle moja. Ces derniers donnent à l'analyse tous les produits qui constituent les matières organiques et en outre de la silice, de l'argile, du calcaire, du fer et du carbonate de soude.
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Parmi les roches d'agrégatiort formées par afédimerif, on peut citer peut-être la wake, qui paraît être le résultai d'un sédiment boueux; elle renferme ordinairement des veines ou parties cristallines de calcaire, et ses fissures sont quelquefois tapissées de cristaux appartenant à la famille des zéolithes,eten outre des minéraux engagé», qui ont été formés avant sa production; la péperine, qui recouvre les terrains basaltiques et renferme des débris organiques, tels que des ossements d'éléphants (/^Yer^tf). La wake se trouve encore dans d'autres localités, dani des roches de gneiss et de schiste, ou elle forme des filôïrt qui renferment diverses substances métalliques.
En examinant la manière d'être des cristaux qui se trouvent au milieu des roches basaltiques et autres analogues, on est porté à croire qu*ils se sont formés après la consolidation de la masse et un refroidissement suffisant , puisque la plupart d'entre eux qui appartiennent à la famille des zéolithes, sont altérés par Une chaleur incandescente et renferment de l'eau de cristallisation qui peut être enlevée par une température un peu élevée.
M. Brongniart n'admet pas, pour la formation de ces cristaux, l'infiltration de beaucoup postérieure à la consolidation et au refroidissement complet de ces roches souvent si homogènes et si denses, attendu qu'on ne connaît aucun liquide dissolvant susceptible d'amener dans ces cavités peu étendues les quartz, les mésotypes, les sulfates de baryte et de strontiane qu'on y Voit eh cristaux si volumineux et si nets. Il croit qu'en admettant que la masse molle de ces roches était comme imbibée de ces dissolutions, aussi concentrées qu'on voudra le supposer, on peut se figurer que les parties de la ro<che, en cristallisant confusément, en se solidifiant et se rapprochant, ont comme comprimé et .fait suinter daiffc les cavités une partie même de ces dissolutions et y ëtA déposé les composés qui, par leur nature, ne pouvaient cristalliser au milieu de la masse, dont la température était très -élevée, et cela par un procédé analogue à