CHAPITRE PREMIER
au plateau du condensateur cette faible charge. Il ré* suite évidemment de là que la loi donnée par Davy, pour établir les Relations entre les affinités chimiques et les effets électriques de contact, n'est pas exacte. Je dis plus, celte loi n'a pas là généralité qu'il lui supposait: en effet, dans le contact suivi de frottement du cuivre avec la chaux, le cuivre prend l'électricité négative et la chaux l'électricité positive , comme Davy l'avait reconnu; mais avec d'autres bases, telles que l'alumine et la magnésie, les effets sont inverses. Après la calcination , le dégagement de l'électricité est bien marqué. L'oxide de zinc, très-sec, se comporte de même par rapport au cuivre. Ces exemples, qui seraient des anomalies dans la loi de Davy, suffisent pour infirmer cette loi. Davy, comme on le voit, a été induit en erreur sur la véritable cause du phénomène.
i3i4* Examinons maintenant le point principal de la discussion , les effets électriques produits quand deux corps conducteurs sont mis en contact, indépendamment de toute réaction chimique des deux corps l'un sur l'autre, ou de la part d'un agent extérieur sur l'un d'eux ; mais, auparavant, je commencerai par rappeler les idéçs singulières et originales de M. Peltier, sur les effets électriques de contact, attendu qu'elles reposent sur des expériences assez importantes pour que j'en fasse mention ici. M. Peltier ayant pris pour plateaux condensateurs, un plateau d'or et un autre de platine, et les ayant fait communiquer ensemble au moyen d'un fil de platine, le premier s'empara d'un excès d'électricité positive, le second d'un excès d'électricité négative. Ce résultat , quoique en apparence favorable à la doctrine de Volta, peut être interprété d'une autre manière , comme on le verra ci-après. Le même physicien ayant préparé ensuite, avec soin, quatre plateaux de verre, en recouvrant le premier de feuilles de platine, le second de feuilles d'or , le troisième de feuilles d'argent, le quatrième de feuilles d'étaiu, comme je l'ai fait dans mes premières expériences sur le contact, ces plateaux furent successivement vissés à un excellent
DES l'.FPETS ELECTillQUES DE CONTACT.
^lectposcope à feuilles d'or, et les trois autres servirent alternalivement de plateau supérieur ou de condeusateur. Uu appareil à source delecEiicité constante ayant été préparc, chacun de ses pôles fut mis en communication avec l'un des plateaux, et chaque fois, l'ordre interverti; M. Peltier reconnut alois que tous les métaux ne possèdent pas, au même degré, la faculté de condenser chacune des deux électricités. Voici l'ordre des métaux pour ta puissance de condenser l'électricité négative : platine, argent, or, élaiu. Ayaut formé ensuite un couple avec deux plateaux, t'un de platine, l'autre d'or, ce plateau fut placé entre le collecteur en argent et le condcusateur eu étain, et l'on fit communiquer ensuite ensemble, d'une part, le collecteur et le condensateur au moyen d'un arc en platine isolé, de l'autre, le couple platine et or avec ta terre , par l'intermédiaire d'un fil de platine. Les effets varièrent selon que l'un des deux métaux du couple interposé était placé en baUt ou en bas. Quand le disque d'or était tourne du coté du collecteur, la charge négative était notable sur ce dernier; si le contraire avait lieu, il n'y avait aucun effet produit, ou bien un effet Ircs-faible. D'autres couples interposés, communiquant également avec le globe, donnèrent lieu à des résultats analogues ; de sorte qu'on a toujours obtenu une différence d'état dans les plateaux eu contact, selon la nature du métal de la face du couple qui regardait chaque plateau.
]3i5. M. Peltier a cru devoir conclure de ces expériences et d'autres, que je ne rapporte pas ici, que les métaux, dans leur état d'équilibre natuicl, possèdent des quantités différentes d'électricité, soit positive, soit négative, suivpnt leur nature, qu'aucun corps ne saurait leur enlever, lesquelles sont inhérentes à leur nature, et que c'est en vertu de cette électricité propre, que les deux plateaux du condensateur reçoivent des charges différentes, quand on les fait communiquer ensemble, après avoir interposé entre eux un couple de deux métaux, non isolé, suivant que l'un de ces deux mél