‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 5)Chapitre 119 sur 231 · CHAPITRE PBEMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PBEMIER

sont de zltic et (te cuivre, le premier, quelle que soit la nature du plateau, donne toujours des indices d'élcctiîcîté négative, et le cuivre des indices d'électricité positive. Ces effets, que j'ai fait connaître il y a longtemps, proviennent de la différence des actions chimiques produites par le liquide sur cliacuii des deux métaux, différence qui est en faveur du zinc , métal le plus oxidable } dès lors ce métal doit toujours prendre l'électricité négative.

5° Expérience. Dans cette expérience et d'autres qui la suivent, M. Karsten a eu pour but d'étudier l'état cliictrique de la paille immergée d'un métal, indépendamment de l'emploi d'un conducteur étranger ou extérieur au liquide. Il cite, comme premier fait, qu'un métal, notamment le zinc, qu'on laisse quelque temps en vase clos dans un liquide coloré par une teinture végétale rougie par un acide, rétablit la couleur bleue de rinfusion, et en même temps subit une o\idation. Ce fait est une conséquence de l'oxidatlon du ^iuc, qui met toujours en liberté dans la solution, soit de la soude ou de la potasse, si elle contient un sel alcalin, soit de l'ammoniaque par suite de la réaction de l'Iiydrogèue mis à nu, sur l'azote de l'air contenu dans l'eau.

Jusqu'ici il n'y a rien de nouveau dans les expériences do M. Karsten; mais il n'en est pas de même dans l'expérience suivante :

Un fil de platine enroulé eu spirale, et terminé en pointe, a été otroitcmenl enveloppé d'une feuille de zinc, sans être cependant avec elle en contact immédiat ; puis la pointe a été mise sur une petite masse de chlorure d'argent, substance insoluble dans l'eau. Quelque tempsaprès, on reconnut sous la pointe des traces de réduction , qui cessèrent bientôt d'augmenter. Cet effet n'avait jamais lieu sans la présence du zinc, et à moins que la surface fût fraîchement décapée. M. Rarsten a conclu de là que le platine a dû soutirer au liquide l'électricité négative, et qu'ainsi lapartie immergée du zinc était positive. Ce fait intéressant s'explique très-bien dans la théorie électro-

a8 OBSERV. RILAT. à UNE HOtIV. TKÉOB. DD COKTÀCT,

chimifjue. LVIectrictlé positive provenant de l'oxidatloa du zinc est soutirée inégalemcitt an liquide par loute la surface de platine, en plus grande quantité par la pointe que par les autres parties, d'où rcsuiti: un courant qui rend la pointe négative.

M. Delarive est disposé à croire que ce phénomène est dû simplement à la difficulté qu'éprouve Iclre- Iricité positive du liquide à passer dans le platine, vq sa faible tension et la résistance que présente ù a propagation son passage du liquide dans le plaline. Cette difficullé étant moindre vers la pointe, c'est par là que pénètre l'électricité positive, ce qui explique la décomposition du chlorure d'argent.

M. Karsten suppose, au contraire, que l'éleclricilc du liquide est prise par le fil de platine entier, et qu'élis sort au lieu d'entrer par la pointe; il est doue oblige d'adniPllrc que cette électiicilé est négalive; tandis qoe, si elle entre par la pointe, connue cela doit êlw d'après ce que nous venons de voir, elle doit être positive. Le résultat observé par M. Karsten est d'accord avec la loi du dégagement de l'électricité dans les aciiofli cbimiques; taudis qu'elle est opposée aux conséquence que l'auteur croit pouvoir en tirer.

13^7- L'auteur s'est appliqué du reste à démontrer l'insuflisance de la théorie de Volta, ainsi que la nécessité de reconnaître que la cause principale de l'activité de la pile existe à la surface de contact du liquide et du métal.

Voici les tliéorèmes sur lesquels s'appuie ce système,

l" Les métaux, peut-être tous les corps solides, deviennent positifs eu étant plongés dans un liquide; celui-ci devient négatif.

2" Quand le corps n'est pas immergé en entier, les deux parties prennent des états électriques contraires,

3" Les corps diffèrent beaucoup, quant à leui- force électromoliice, avec un même liquide, et c'est sur celte différence que repose l'activité électrique, chimique et magnétique de la pile.

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